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Entretien avec Francis Peyralade DO MRO(F)

Propos recueillis par François Bel DO. MRO(F)
Créé le : mercredi 16 janvier 2019 par A.O., François Bel

Dernière modificaton le : mercredi 16 janvier 2019
ApoStill n° 3 - Février 1999

Francis Peyralade est un des pionniers discrets de l’ostéopathie française. Il commence l’étude de l’ostéopathie avec Paul Gény dans les années 60, puis reçoit l’enseignement de Denis Brookes. C’est grâce à l’entremise de ce dernier qu’un groupe d’ostéopathes français dont fait partie Francis Peyralade reçoit en 1964 les ostéopathes américains Harold I Magoun, Viola Frymann, Tom Schooley, tous élèves directs de Sutherland. Ils furent les premiers ostéopathes américains à accepter d’enseigner l’ostéopathie crânienne hors des frontières américaines et à des non médecins. Avec René Quéguiner, Francis Peyralade a créé la SERETO en 1978. Aujourd’hui retraité, il enseigne toujours, partageant son temps entre la France et la Russie. Pour ApoStill, il a accepté de répondre aux questions de notre confrère François Bel.

François Bel : Monsieur Peyralade, quel a été votre parcours avant de devenir ostéopathe ?
Francis Peyralade : Je suis né en 1928 dans un petit canton du Lot. Mes parents avaient acheté une ferme abandonnée, j’ai quitté l’école à 13 ans, après le certificat d’études, pour aider mon père jusqu’à l’âge de 20 ans. Durant cette période, j’ai connu ma femme, envoyée au pays pour la période de la guerre. Son père travaillait à Paris, aux Halles dans les fruits et légumes. Après le régiment, j’avais quelques difficultés pour gagner ma vie, il y avait bien la possibilité de travailler dans le raisin, mais finalement, sur les conseils de ma femme, j’ai décidé de monter à Paris pour travailler avec son père. Le travail de vendeur aux Halles dans les fruits et légumes était assez éprouvant, il fallait se lever très tôt, je n’aimais pas beaucoup cette profession. Je voulais donc reprendre des études, sur les conseils mon épouse, j’ai décidé de m’orienter vers une profession de santé.

F. Bel : Qu’est-ce qui vous a motivé à vous orienter vers ce type de profession ?
F. Peyralade : Je me rappelle qu’à l’âge de 12 ans, en 1940, j’avais reçu en jouant un violent coup de genou dans le ventre. Un mois et demi plus tard, s’est déclenchée une péritonite. II y avait une poche de sang dans l’abdomen, l’appendice et le péritoine avaient éclaté, on ne voulait même pas m’opérer. Je suis resté plus de vingt jours dans le coma. À l’époque il n’y avait pas d’antibiotiques, simplement des mèches que l’on changeait régulièrement. Je m’en suis sorti tant bien que mal, mais je suis resté plusieurs années avec une limitation de la marche et une brûlure dans l’aine car quelques racines nerveuses avaient été touchées.
Avant cet incident, j’avais commencé à jouer au football, mais ne pouvant plus courir, je suis devenu trésorier de l’équipe locale et grâce à un ami médecin qui m’apprit quelques rudiments, je suis devenu également porteur de l’éponge miracle et assurais les petits pansements que l’on pouvait faire sur un stade.
Me voilà donc à Paris, un peu déboussolé, cherchant une orientation. Sur les conseils de ma femme, j’ai décidé de m’orienter vers des massages ou les soins pour aider les sportifs. Nous avons cherché dans le Bottin et sommes tombés sur l’École française de massothérapie de M. Paul Gény. J’ai pris un rendez- vous pour le rencontrer, et je me suis retrouvé face à un petit homme sec avec des lunettes de myope, débordant d’énergie. Je lui expliquai mon projet : « Je viens de la campagne, j’ai quitté l’école à 12 ans, pour des raisons pécuniaires j’ai aidé mon père à la ferme afin de subvenir aux besoins de mes deux sœurs et de la famille. Maintenant, je voudrais reprendre des études pour devenir kinésithérapeute mais je n’ai que mon certificat d’études. » Alors il m’a regardé sèchement derrière ses lunettes de myope et m’a dit d’une voix forte : « Quand on veut, on peut. Voici le formulaire d’inscription, vous n’avez plus qu’à vous préparer pour le concours d’entrée dans les écoles, l’équivalent des diplômes nécessaires. Au revoir monsieur. » Je suis sorti de cet entretien un peu abasourdi et piqué au vif. J’ai donc décidé d’entreprendre ces études. Alors, pendant un an, tout en continuant à travailler aux Halles, j’ai suivi les cours pour préparer le concours d’entrée. J’ai été reçu et me suis inscrit dans l’école de M. Gény pour suivre les études de kinésithérapie. Les deux premières années ont été difficiles car en plus des cours, je continuais à travailler aux Halles pour gagner ma vie. La troisième année, ça devenait trop fatigant, je n’allais donc plus aux Halles que trois fois par semaine. En 1958, je suis sorti kinésithérapeute.

F. Bel : Qu’est-ce qui vous a amené à devenir ostéopathe ?
F. Peyralade  : Je suis vite passé de la kinésithérapie à l’ostéopathie parce qu’à 16 ans, au moment des semailles, je me suis fait une très grosse entorse. Je suis allé voir un rebouteux comme il en existait dans toutes les campagnes. Cet homme, le père Paillet, m’a complètement soulagé et m’a sensibilisé au toucher qui soulage. Après mon diplôme, j’ai pratiqué la kinésithérapie exclusive pendant environ six mois. Grâce à mon application et à mon enthousiasme pour masser et faire faire des mouvements de gymnastique aux patients atteints de lumbagos et de sciatiques, les gens sortaient de chez moi satisfaits en me disant : « Je n’ai plus mal. » Mais lorsque huit jours après, je les croisais dans la rue, ils me disaient que le problème était revenu petit à petit. Je pensais qu’il devait y avoir d’autres choses à faire sur la colonne vertébrale. C’est cela qui m’a poussé, malgré les difficultés du début, à continuer vers l’ostéopathie.
Immédiatement après mon diplôme de kinésithérapeute, je suis donc rentré dans l’École française d’ostéopathie que M. Gény venait de créer. Paul Gény a été un des premiers ostéopathes français puisqu’il a travaillé bien avant la guerre de 40 avec le seul médecin ostéopathe de l’époque, le Dr Lavezzari. Les cours avaient lieu dans une ancienne étude de notaire située boulevard Saint-Michel que M. Gény avait achetée pour en faire également son cabinet d’ostéopathie. À ces cours, ont assisté les ostéopathes qui créèrent par la suite le premier Syndicat des ostéopathes de France. Les cours avaient lieu le vendredi soir, le samedi et le dimanche. Grâce aux relations de M. Gény, nous avons bénéficié d’un enseignement de base en anatomie, physiologie et pathologie, dispensé par le professeur Padovani - chef de service hospitalier. Au début, nous avons également reçu un enseignement de personnes qui n’étaient pas forcément ostéopathes, par exemple M. Bradbury - chiropracteur - ou M. Dummer, ostéopathe, naturopathe qui nous donnait des cours d’hygiène de vie et de naturopathie. Ce dernier est d’ailleurs devenu lui-même un grand ostéopathe. Il y avait également le docteur Denis Brookes - un ostéopathe qui avait appris en Amérique et qui donnait ses premiers cours. Au bout de quelque temps, des problèmes ont surgi entre Brookes et Gény. Celui-ci a donc décidé, malgré nos protestations, de se séparer du docteur Brookes et de ne garder que M. Dummer. Mais à cette époque - 1962 -, nous avions reçu les bases de l’ostéopathie et j’avais déjà mon diplôme.
Après la scission, nous avons décidé de continuer à nous perfectionner auprès du docteur Brookes. Nous nous retrouvions donc à cinq ostéopathes Bernard Barillon, René Quéguiner, deux médecins indochinois, les docteurs Lung, Mau, et moi-même dans le cabinet de René Quéguiner, avenue Kléber. Nous le recevions deux fois par mois à nos frais et il poursuivit notre formation d’ostéopathe.
À la suite de cela, eut lieu à Paris, le 30 septembre 1964, le premier séminaire d’ostéopathie crânienne donné en Europe, auquel participèrent les docteurs Denis Brookes, Viola Frymann, Thomas Schooley et Harold Magoun ainsi que deux médecins indochinois, les docteurs Lung, Mau, et trois kinésithérapeutes ostéopathes français : René Quéguiner, Bernard Barillon et moi-même.
Pour l’anecdote, comme nous n’étions pas tous médecin, Harold Magoun a décidé de nous faire passer un examen pour déterminer s’il pouvait nous accepter dans ce séminaire. Cet examen a consisté à nous faire décrire précisément l’anatomie d’un os du crâne avec les yeux bandés. Je suis tombé sur le temporal et je me suis bien tiré de cette épreuve, alors le docteur Magoun m’a dit que j’avais eu de la chance comme cela arrive parfois aux examens, puisque j’étais tombé sur un os que j’avais dû réviser la veille, et il m’a demandé de décrire un autre os. Mais je m’en suis bien sorti tout de même.
Ce groupe de cinq personnes est à l’origine, sous l’influence de René Quéguiner et de moi-même, de la création, en 1978, d’un des premiers groupes d’enseignement de l’ostéopathie : la SERETO (Société d’études, de recherche et d’enseignement des techniques ostéopathiques) qui a formé un certain nombre d’ostéopathes français, dont certains sont devenus des enseignants ou des professionnels connus.

Ostéopathes en France, en 1964

Assis de gauche à droite : Dr Tom Schooley, Dr Viola Frymann, Dr Harold Magoun.
Debout, de gauche à droite : René Quéguiner, Margaret Cockbain, Dr Burleigh Carsons, Dr Lung, M. Dixon, Dr Mau, Denis Brookes, Francis Peyralade, Bernard Barillon.

Il faut cependant rappeler que c’est en 1957, sous la direction de Paul Gény, que fut créée la première École française d’ostéopathie. Enseignement privé pour médecins et kinésithérapeutes, dont j’ai été un des premiers diplômés, puis il y a eu des difficultés avec le pouvoir médical, ce qui a obligé cette école à s’expatrier en Angleterre où elle est devenue l’École européenne de Maidstone. Pendant ce temps, l’ostéopathie continuait en France. En 1973 sont nés les premiers enseignements structurés et entre 1974 à 1988 le corps professionnel s’est organisé autour de deux organismes socioprofessionnels, l’Association française d’ostéopathie (l’AFDO) et la Fédération des ostéopathes de France (FOF) qui deviendra ultérieurement l’Union fédérale des ostéopathes français (l’UFOF).

F. Bel : Quand vous êtes-vous installé ?
F. Peyralade : Après mon diplôme, j’ai eu la chance de rencontrer M. André Desjour, un ami de Paul Gény. J’estimais que je n’avais pas assez de base pour m’installer, j’ai donc travaillé avec lui pendant un an et demi. Le matin, il travaillait comme masseur attitré à l’hôpital Paul-Brousse dans le service de traumatologie du professeur Monsaingeon où nous allions ensemble travailler bénévolement. Parfois, nous allions en service de gériatrie ou en cancérologie à l’institut Gustave-Roussy. J’ai appris là beaucoup de choses. Nous avions un patron formidable qui nous montrait tout ce qu’il faisait. Par exemple, il nous disait : « Tiens, si vous voulez commencer plus tôt demain, j’opère un ménisque ou une colonne vertébrale, vous n’avez pas encore vu ça. Demandez à l’infirmière en chef une tenue et venez avec moi. » Parfois il nous mettait de côté des radios ou des comptes rendus pour nous apprendre de nouvelles choses.
À cette époque-là nous travaillions en équipe avec les médecins, les infirmières et les kinésithérapeutes de l’hôpital Paul-Brousse. De jeunes médecins projetaient de travailler dans un dispensaire qui devait se créer boulevard Montmartre. Ils m’ont demandé de venir avec eux. Il y avait déjà un ORL, un chirurgien et d’autres spécialistes. Ainsi, je travaillais le matin dans ce dispensaire ce qui m’a permis de créer mon cabinet, 125, rue de Charenton, où je travaillais l’après-midi.

F. Bel : J’ai entendu dire que vous avez beaucoup voyagé pour rencontrer de grands ostéopathes américains : Rollin Becker, Tom Schooley, Robert Fulford et Viola Frymann, pouvez-vous me raconter ces rencontres.
F. Peyralade : Non, je n’ai pas beaucoup voyagé, c’est grâce à M. Brookes qui a fait venir les docteurs Magoun, Frymann et Schooley pour le premier séminaire d’ostéopathie d’Europe en septembre 1964 que j’ai pu les rencontrer. Ces ostéopathes ont bien senti notre enthousiasme et ils nous ont promis de nous aider. Pendant presque cinq ans ils sont venus individuellement une fois par an Ils nous ont enseigné beaucoup de choses en nous laissant chaque fois un programme d’étude et de travail. Pour la petite histoire, on peut rappeler que Magoun soignait Eisenhower et beaucoup de personnalités de Washington alors que Schooley soignait Barry Goldwater (candidat pour les présidentielles à cette époque) et que ses patients venaient le consulter en avion privé au Texas. Mme Frymann avait déjà son centre pour enfants qui commençait à bien fonctionner. C’était un grand honneur pour nous de voir ces personnalités si importantes prendre sur leur temps de vacances pour venir nous enseigner. Comme nous n’étions que cinq, nous ne payions que leurs frais de transport, leur hébergement et l’inscription qu’ils devaient verser à l’AOA (American Osteopathic Association). Après environ cinq années, ils nous ont dit que vu la formation que nous avions reçue et leur désir de suivre les vœux de Still et Sutherland pour propager l’ostéopathie, une thérapeutique utile à tous les pays et toutes les personnes, il fallait créer une école. C’est à la suite de cela que nous avons créé d’abord un groupe de travail assez informel, puis la SERETO.

F. Bel : Mais quels étaient les contacts privilégiés et les personnalités de ces grands noms de l’ostéopathie, ainsi que Rollin Becker et Robert Fulford, que je crois que vous avez rencontré ?
F. Peyralade : Tous avaient une personnalité différente et tous étaient des gens hors du commun par leur intelligence, leur savoir, leur charisme et la facilité de se mettre à la portée des gens.
Par la suite, ils sont revenus régulièrement faire des stages jusque dans les années quatre-vingt. Surtout Mme Frymann qui ne nous a jamais laissé tomber, peut-être parce que nous avions tous les deux une affinité particulière.
En 1979, un groupe d’enseignants et les premiers assistants que nous avions formés sont allé aux États-Unis pour suivre des stages. C’est donc en tant qu’étudiant que j’ai rencontré Robert Fulford et Rollin Becker.
En 1982, Mme Frymann m’a fait l’honneur de me demander de venir comme assistant pour présenter l’ostéopathie crânienne au collège d’ostéopathie de New York. Cette même année a été organisé à Paris un des premiers séminaires de fascia avec Viola Frymann et Allan Becker, qui a été le point de départ de la collaboration de toutes les écoles d’ostéopathie en France. Il y avait là Marc Bozzetto, Jean Peyrière, René Quéguiner, Régis Godefroy et moi-même.
J’ai donc eu des liens d’amitié privilégiés avec Viola Frymann, Harold Magoun, Thomas Schooley et Denis Brookes. Et même si ce dernier a quitté notre petit groupe pour aller enseigner chez Robert Bénichou et Marc Bozzetto, je garde aujourd’hui encore un souvenir ému de cet homme qui d’ailleurs, en signe d’amitié, m’a offert son premier manuel d’anatomie ainsi que trois livres qu’il utilisait lorsqu’il était étudiant et qu’il m’a dédicacés. Quant à Mme Frymann elle m’a offert un fac-similé d’une lettre originale du docteur Still.

F. Bel : Et que dit cette lettre ?
F. Peyralade : Oh ! Je ne sais pas, parce que je ne savais pas bien parler l’anglais à l’époque. Je pense qu’elle ne dit rien d’extraordinaire, ce n’est même pas le brouillon d’un de ses livres mais plutôt une correspondance banale avec un de ses proches.
(Dans son bureau plein de papiers et de documents « historiques » sur l’ostéopathie, Francis Peyralade fouille encore pour trouver quelque chose qui pourrait m’intéresser. Et suite à ma remarque sur les « trésors » ostéopathiques qu’il me présente et qu’il est important de conserver, il m’indique qu’il désire jeter tout cela en disant que ça ne sert plus à rien, car…)
Je crois que les grandes vérités de la vie sont éternelles. Elles ne peuvent disparaître, même si parfois elles deviennent floues, on les retrouve toujours. À certains moments de l’humanité, quand les gens en sont dignes, on retrouve des choses ayant déjà existé dans le passé sous forme de mythes, de symboles ou de langage caché. Puis quand on en n’est pas digne, malgré tout ce que l’on peut montrer ou tenter de paraître, ces choses-là semblent disparaître. Mais tôt ou tard une autre personne les retrouve. L’essentiel, c’est d’avoir l’idée en soi-même. Avec mon expérience, je crois vraiment avec Still que l’ostéopathie c’est toujours et avant tout de l’anatomie, de la physiologie et de la physiopathologie. C’est à partir des choses qui ne se voient pas, mais qui sont les fondements d’un édifice, que l’on peut faire croître, progresser et monter l’essentiel, celui qui résiste à tout. Et ce n’est pas le clinquant, le mouchetis, les couleurs éclatantes et les grandes démonstrations qui font la meilleure ostéopathie.
L’ostéopathie c’est la simplicité, c’est travailler avec son cœur, ses mains et sa conscience, en respectant l’autre, sachant qu’il ne faut pas faire aux autres ce que l’on ne veut pas subir soi-même. C’est aussi rester humble et fier de son travail comme l’artisan, l’ébéniste, le maçon ou n’importe quel professionnel respectant le bel ouvrage. Si nous voulons accepter de rire de nous-même, nous pouvons imaginer que nous sommes vraiment les plombiers de service car ce que nous faisons, c’est comme changer le joint ou revisser l’écrou défectueux de cette merveille qu’est le corps pour l’aider à aller dans le sens de son homéostasie, afin que le travail silencieux des cellules puisse s’accomplir. Ce travail mystérieux est vraiment primordial, c’est vraiment l’« oeuvre au noir ». C’est le corps qui nous aide à nous diriger pour nous remettre où il faut. Nous avons la chance de pouvoir percevoir et sentir les petits soubresauts qui nous indiquent que nous ne sommes pas sur la bonne voie.
Aujourd’hui, je suis certain que l’ostéopathie durera. Elle est intangible et elle aide les hommes. Personne ne pourra jamais l’abattre. Mais elle est exigeante. Seule une élite peut se prétendre ostéopathe, qui a réfléchi sur elle-même, qui a pensé et se rend compte qu’en plus de l’instruction mécaniste accessible à tous, il faut une ouverture du cœur qui nous donne des doigts qui sentent, voient, pensent et sont notre prolongement. Mais parce que nous sommes ostéopathes, nous ne devons pas nous sentir supérieurs aux autres. Il est important de n’en tirer aucune gloire, toujours penser, comme le proverbe chinois, que plus on monte le singe, de plus loin on voit son postérieur.

F. Bel : Étant vous-même un pionnier de l’enseignement de l’ostéopathie dans notre pays, que pensez-vous de cette querelle, en France, entre la tradition britannique et la tradition américaine ?
F. Peyralade : Nous devrions en rire, mais c’est dramatique et stupide. Cela nous fait revenir cinquante ou cent ans en arrière. Comme si on faisait de l’ostéopathie avec de la tradition ! C’est une bêtise d’opposer deux approches différentes - vertébrale et crânienne. Cette opposition est fausse et elle est malheureusement entretenue par les ostéopathes eux-mêmes.
L’Amérique nous montre ce qu’il ne faut pas faire. Quel malheur de donner un diplôme d’ostéopathe équivalent à celui de médecin. L’Amérique fait ainsi régresser notre profession. Parce qu’il est évidemment plus facile et plus lucratif de prescrire du Prozac ou des myorelaxants à un patient tendu ou en état de stress, etc. que de prendre le temps de réaliser les techniques ostéopathiques qui le détendraient et le prépareraient à la manipulation. Cette attitude amène à une impasse et à une longue période de régression, dont on sortira tout de même. Vu le temps que demande un travail manuel et l’impossibilité de faire payer l’équivalent du temps que nous passons, nous finissons par abandonner délibérément tout ce qui est préparation du corps en techniques de tissus mous ou en travail myotensif pour retourner au structurel que faisaient les premiers ostéopathes. Nous apprenons à pratiquer les manipulations sur une lésion ostéopathique en oubliant qu’elle n’est que le dernier maillon de ce qui constitue la lésion.
À l’époque de la SERETO, nous avions proposé une union entre ceux qui ont repris l’école de M. Gény à Maidstone et nous-même qui, ayant connu les Américains antérieurement, étions plus avancés en crânien. Nous étions prêts à aller en Angleterre pour y enseigner le crânien et à recevoir les Anglais pour le vertébral. Mais naturellement quelques Français mais également des Anglais et des Belges ont tout fait pour que cette union ne puisse se faire. Encore une fois des privilèges et des intérêts particuliers ont prévalu sur l’intérêt général de l’ostéopathie. Mais peut-être retrouverons-nous la même chose maintenant, les considérations d’intérêts, de rentabilité et de rapport financier conduisant à reproduire ce qui se passe aux États-Unis.

F. Bel : Vous enseignez également à l’étranger : en Espagne, en Italie et même en Russie, qu’est-ce qui vous pousse à faire cela et comment votre message ostéopathique est-il relu dans ces pays ?
F. Peyralade : Quand a été créée la SIO (Société internationale d’Ostéopathie), je pensais que c’était une bonne idée de rassembler, de diffuser et d’enseigner l’ostéopathie dans des pays qui le demandent sur la base du programme américain. Cela coupait l’herbe sous le pied de tous les enseignements exotiques proposant n’importe quoi et pouvait permettre une diffusion correcte du concept ostéopathique. Nous avons eu des réunions avec les écoles françaises d’ostéopathie à plein temps afin de mobiliser tout ce monde sur le projet. Mais l’entente n’a pu se faire. Et, bien qu’ayant été l’un des fondateurs de la SIO, j’ai donné ma démission l’an dernier. Je ne donne donc plus aucun cours d’enseignement et de formation en tant que professeur de la SIO, tant en France qu’à l’étranger. En ce moment, se termine sans moi la formation de l’école russe. Mais grâce à un ami, s’est créée une fondation qui a aidé des chercheurs à acheter les appareils nécessaires pour effectuer des recherches et développer l’ostéopathie dans les pays de l’Est. Je vais là-bas pour encadrer la recherche et compléter la formation pratique des élèves russes. Je les aide dans les cas difficiles et les encadre afin qu’eux aussi puissent utiliser l’ostéopathie crânienne, surtout chez les nourrissons et les enfants qui en ont tant besoin, vu les difficultés de toutes sorte qui existent là-bas. Je suis heureux de faire cela. Ce sera sans doute mon dernier travail pour l’ostéopathie en général.

Actuellement, je travaille avec l’Institut de recherche Sechenov en Russie, avec deux chercheurs différents. Par cette fondation, nous venons d’envoyer un appareil Doppler allemand afin de quantifier et d’enregistrer les changements de débit sanguin intra et extra-crâniens et les différentes modifications au niveau de la circulation du corps avant et après un traitement ostéopathique. Nous avons déjà commencé ces travaux. J’y suis allé en octobre dernier, pour faire une expérimentation sur les troubles légers des jeunes enfants. Le projet est d’étudier la répercussion des traumatismes consécutifs à l’accouchement, de traiter les nourrissons et d’enregistrer des données par EEG. Les résultats seront analysés par ordinateur. Cette première étude est faite dans le laboratoire du professeur Shepalofnikof La seconde étude, presque identique, se fera dans l’institut du professeur Moskalenko, physiologiste mondialement connu, un des plus grands spécialistes de la circulation sanguine, dans le but de renforcer et corroborer les résultats de la précédente. Je pense qu’avec l’aide toujours désintéressée de la Fondation, seront un jour publiés des rapports et des informations sur ces expériences au niveau mondial dans les principaux journaux, tant médicaux qu’ostéopathiques. Ce programme est suivi avec beaucoup d’intérêt par les Américains de la Cranial Academy et de l’AOA. Même si les Américains sont toujours prêts à prendre mais rarement à donner !
J’ai enseigné également à Riga, en Lettonie, en Espagne, et en Italie où j’ai participé à la création du premier collège à plein temps.

F. Bel : Comment est reçu le message ostéopathique dans ces pays où cette discipline est encore peu connue ?
F. Peyralade : Il est vraiment très bien reçu, car il y a là-bas une volonté de recherche très développée et une grande soif d’apprendre. Je dirais que ce désir est encore plus marqué chez les Russes, à cause de leur tempérament, mais également parce que l’ostéopathie leur permet d’être efficaces sans nécessiter de moyens importants, ce qui, vu leur dénuement, représente une excellente solution. En plus de cela, je pense qu’ils sont plus forts que nous dans certains domaines, par exemple, lorsqu’un patient entre dans un centre de rééducation pour une séquelle d’entorse ou d’autre chose, même s’il y a de multiples appareils électriques, le médecin ou le kinésithérapeute va d’abord commencer par prendre les pouls chinois pour orienter le programme de rééducation avec les appareils. D’après ce que j’ai vu, je peux dire que les Russes ont des démarches médicales beaucoup plus simples que nous et pourtant efficaces, en utilisant plus de travail manuel, de plantes ou d’homéopathie. Ne pouvant bénéficier de matériel sophistiqué, ils privilégient l’examen clinique. Par exemple, rien qu’à l’auscultation un praticien est capable de dire qu’il y a un antécédent de pleurite au niveau d’un cul-de-sac pulmonaire, etc.

F. Bel : Vous avez également participé à la création et à l’organisation des structures ostéopathiques françaises qui régissent aujourd’hui notre profession, celles-ci répondent-elle à vos espérances d’hier ?
F. Peyralade : En tant que directeur d’école, j’ai participé à la création de la Fédération des ostéopathes de France (devenue UFOF). Puis avec le Registre, je me suis occupé de l’enseignement. Beaucoup de choses sont encore à modifier. je pense que les ostéopathes professionnels du Registre des ostéopathes de France devraient s’investir davantage dans le fonctionnement des études, par exemple lors des jurys d’examen, afin que ce ne soit pas toujours le corps professoral qui s’occupe de ces questions. Je constate que cela commence à se faire.
Au niveau de la Collégiale, beaucoup reste à faire pour réunir les différents courants d’études entre le temps plein et le temps partiel. Je sens cependant qu’il y a une plus grande responsabilité de la part des ostéopathes. Les choses évoluent donc petit à petit, même si ce n’est qu’un début.
Il y a encore une autre très bonne chose c’est ce pôle études et recherche que vous êtes en train de mettre en place dans l’Académie. J’ai beaucoup apprécié la qualité de votre revue ApoStill, pour son contenu sur les études, les recherches, les contacts et les échanges. Il faut continuer cette action et l’amplifier. J’ai personnellement transmis deux exemplaires d’ApoStill à des confrères belges qui ont été très intéressés. Je veux bien contribuer à cette revue à l’avenir. Je vais même en faire passer des exemplaires aux ostéopathes russes.

F. Bel : Pour la première fois en France, l’Académie d’Ostéopathie a traduit et publié l’Autobiographie de Still qu’en pensez-vous ?
F. Peyralade  : C’est vraiment une très bonne chose, malheureusement, trop peu d’ostéopathes sont conscients de la valeur de ce livre et du sens caché de son contenu. Ce genre d’ouvrage n’est pas facile à publier parce qu’il ne peut bénéficier d’un gros tirage. Mais il est très important de continuer et de persévérer dans cette voie. Au besoin, avec l’aide des documents que détiennent de vieux ostéopathes comme moi, pourquoi ne pas faire de temps en temps des éditions payantes de petites plaquettes d’anciens travaux afin de pouvoir aider aux éditions de livres comme l’Autobiographie ? Les livres de Still sont vraiment des références importantes pour les ostéopathes. Mme Frymann m’a donné, il y a quelques années, les trois livres de Still qu’elle avait reçus en récompense lorsqu’elle fut diplômée en ostéopathie. J’ai donc essayé de les lire avec un dictionnaire et le peu d’anglais que je connais. Il est évident qu’une traduction de qualité comme celle de Pierre Tricot révèle vraiment le texte. D’ailleurs j’en ai offert un exemplaire à Mme Frymann. Elle a été très touchée par ce travail. Elle lit le français et elle a même dit qu’elle trouvait dommage qu’aux États-Unis on n’ait pas encore réussi à faire une transcription plus récente de cet ouvrage comme l’a fait Pierre Tricot, afin d’en ressortir toute la quintessence.

F. Bel : Pensez-vous que la philosophie du fondateur soit bien comprise aujourd’hui ? Que peut-on faire pour améliorer sa compréhension ?
F. Peyralade : Il n’y a rien à faire pour améliorer sa compréhension, c’est une question d’évolution et de remise en question personnelles. Le livre de Still est pour moi un peu comme Le Petit Prince de Saint Exupéry. On peut le lire enfant, on peut le lire quand on débute dans la profession et on peut encore le lire vers la fin de son activité professionnelle. On retrouvera encore et toujours des choses essentielles. Je pense que la philosophie du fondateur ne peut bien se comprendre qu’au fur et à mesure de son avancée personnelle dans la profession, en fonction des doutes et des interrogations que l’on rencontre. Mais aujourd’hui, à notre époque si cartésienne où l’on s’imagine tout connaître, grâce aux découvertes sur l’infiniment petit au niveau de la cellule, un jeune doit lire ce livre de Still avec un petit sourire et trouver cela obsolète et dépassé. Cela se passe pourtant comme dans l’enseignement de l’ostéopathie : lorsqu’en première année on apprend la palpation, on trouve que l’on perd du temps avec des techniques articulatoires spécifiques et douces. Mais quand on aborde le tissu conjonctif en cinquième ou sixième année, on prend conscience que l’on avait déjà tous les éléments pour aborder ce domaine. Il faut dire aux jeunes de lire ce livre, mais en remettant bien en place les données de l’époque et du lieu. Même s’ils sont un peu déçus, ce n’est pas grave. Il faudra le relire dans un an ou deux. Ne prenez donc pas cela une seule fois, superficiellement, pour le laisser dans un coin. C’est exactement comme les trois petits livres de Cabrol. Nous pouvons les regarder avec l’intention d’apprendre et de retenir visuellement l’anatomie et la physiologie, puis plus tard les consulter pour retrouver ce que recouvre notre travail lors d’une palpation selon les différents plans abordés que nous voulons aider à se libérer.

F. Bel : Aux États-Unis, pays du fondateur, l’ostéopathie a quelque peu perdu ses principes philosophiques et techniques pour devenir plus médicale et crédible, ne craignez-vous pas qu’il arrive la même chose ici ?
F. Peyralade : Encore une fois, c’est ce qui menace l’ostéopathie en Europe. Le concept de globalité, transmis par les Américains, fondé sur le travail myotensif précédent le travail articulatoire et structurel, est la première chose menacée, vu le temps qu’il demande pour l’étude et l’apprentissage de la palpation. Aujourd’hui, tout doit aller vite et doit être rapidement rentable. Excepté quelques îlots de résistance, les praticiens abandonnent petit à petit cette ostéopathie-là. Quitte plus tard à faire un retour vers les choses essentielles. Je suis de plus en plus certain, c’est peut-être présomptueux ou stupide, que la vraie ostéopathie est une chevalerie. On pourrait également parler de compagnonnage. En effet, chez les compagnons il faut être coopté et présenté à un maître, puis effectuer un tour de France des compagnons. Ceci permet une véritable préparation sur le terrain, une confrontation à tous les savoir-faire d’un art, avant de se lancer soi-même dans la vie professionnelle. Cela va à l’encontre de certains courants dominants d’aujourd’hui et cela pose des problèmes aussi bien dans nos vies professionnelles que familiales. Ce n’est pas simple.

F. Bel : Depuis Still, d’autres courants ont fait évoluer l’ostéopathie : le concept crânien, les techniques viscérales, l’approche somato-émotionnelle, etc. Que pensez-vous de cela ?
F. Peyralade : Je pense que ce sont des mots servant à qualifier des techniques que l’on utilise pour traiter des régions ou des problèmes particuliers. Mais il n’y a qu’une seule ostéopathie même si l’on apprend le crânien, le viscéral, le myotensif, le structurel, etc. C’est l’unité du corps qui importe. La question est de savoir si l’on va commencer par un travail de globalité, de décontraction et de détente pour améliorer le système en général ou bien si pour ce système bloqué on va travailler une partie ou une zone spécifique. Il est important d’avoir d’abord dans la tête l’idée du Primum non nocere donc de prendre le temps de connaître son patient. Ne pas trop traiter lors d’une première approche car celle-ci ne peut pas apporter de diagnostic ou de pronostic tant que l’on n’a pas perçu ou eu les réactions du patient.
Le somato-émotionnel est une approche que des praticiens utilisent par inclination ou tendance personnelle, choisissant d’aborder les choses par ce domaine plutôt que par un autre. Pourtant, psyché et soma ne font qu’un. Dans le langage populaire on dit d’ailleurs : « J’en ai plein le dos » , « Je porte le monde sur les épaules » , etc. Rappelons que nous avons un système nerveux central, comprenant un système neurovégétatif subdivisé en deux pôles, l’un parasympathique qui sort à l’extrémité supérieure, à la base du crâne, et à l’extrémité inférieure, au sacrum, et qui fait la balance de l’autre système, le sympathique. Denis Brookes considérait chaque vertèbre de la colonne vertébrale comme une des touches d’un piano. Si tout est libre sur la colonne, avec une activité à peu près normale, une hygiène de vie adéquate et un temps de repos correct, l’homéostasie règne. Au début de ma pratique professionnelle, les gens avaient des activités plus manuelles. Leurs difficultés étaient plus reliées à la structure. On pouvait utiliser des techniques directes, ils n’avaient pas les même réactions qu’aujourd’hui. Maintenant, c’est le système nerveux qui est plus sollicité, même chez les enfants en développement, car la vie actuelle est saturée de stress, d’angoisse, de tensions et de fatigues. Le trop-plein se reporte sur le corps. Donc, somato-émotionnel ou émotionnel somatique, on joue sur les mots. Je me cantonne à la définition du stress d’Hans Selye qui avait déjà reconnu que les attaques émotionnelles, la peur, l’angoisse, induisent des épuisements nerveux qui se répercutent sur le corps, en premier au niveau de l’aponévrose, du tissu conjonctif, avec une diminution des rythmes et des mouvements entraînant des restrictions au niveau des plexus nerveux et un ralentissement de la circulation générale. On peut donc expliquer ces choses par la physiologie. Bien entendu, je parle uniquement des conséquences sur le terrain, amenant ces conditions. Un ostéopathe n’est pas un psychiatre, un psychothérapeute ni un neurologue. Ils ont leur importance et nous devons apprendre à travailler avec eux. Je rappellerai cette vieille devise, trouvée chez les prêtres ouvriers :
« S’accepter différent pour être complémentaire. » Ne pas prétendre tout faire, ne pas croire que l’on peut tout faire, on a tous des limites.

F. Bel : Après ces années d’expérience, qu’est-ce qui vous semble essentiel en ostéopathie ?
F. Peyralade : La prévention. Mais si l’on prend la question à un niveau plus général par rapport à l’ostéopathie, je pense qu’il ne faut pas oublier de travailler sur les trois dimensions. Mme Frymann les appelle concentration, compassion et compréhension. Nous avons là une base d’études indispensables pour tous les professionnels de la santé, ostéopathes ou autres.

F. Bel : Si vous aviez un conseil à donner aux jeunes générations d’ostéopathes, que diriez-vous ?
F. Peyralade : Si tu as acquis les bases nécessaires, aie confiance en toi-même, en tes mains, en ton analyse, ne crains pas, parle plutôt de tes doutes et de tes échecs que de tes réussites, c’est la meilleure façon de progresser. On peut avoir des moments de doute, mais cela est passager, car si tu t’es trompé une fois mais que tu te réfère aux fondements originels d’anatomie et de physiologie, tu ne te tromperas plus la fois suivante. N’écoute pas trop les autres lorsqu’ils parlent de leur travail dans les réunions de jeunes ostéopathes. Je me souviens que M. Gény qui considérait les gens comme une grande famille, organisait une fois par an une réunion de travail pour que les jeunes ostéopathes puissent se retrouver, se reconnaître et échanger. À l’époque, j’étais allé à l’une d’elles avec ma femme. J’étais bien habillé : je portais le seul costume que j’avais. J’ai vu des confrères super sapés qui, avec une belle aisance, me racontaient que leur cabinet débordait de patients, alors que moi, je ne voyais pas autant de monde. En rentrant le soir, j’étais déprimé en évoquant cela avec ma femme, remettant mon travail en question. Mais une quinzaine de jours plus tard, je recevais un coup de téléphone de ces confrères rencontrés à la réunion, m’avouant au cours de la conversation qu’en fait ça ne marchait pas si bien que cela et me demandant ma façon de procéder.

Francis Peyralade (1928-2013) et son épouse

F. Bel : Monsieur Peyralade, pour conclure avez-vous d’autres choses à nous dire ?
F. Peyralade : Quand je fais le bilan, j’ai eu beaucoup de déceptions et peu de vrais plaisirs, mais malgré cela, c’est pour moi un virus. Je continuerai à défendre cette cause. Je ne regrette donc pas ce que j’ai fait, tout en espérant que les autres feront mieux. Mes déceptions viennent de fait qu’il y a encore trop de zizanie dans le monde ostéopathique. On dit que l’homme évolue vite, mais je ne trouve pas. Malgré cela, je crois toujours en les qualités de l’Homme. Ainsi, malgré toutes les attaques qu’elle a subies depuis cent vingt ans, l’ostéopathie, contre vents et marée, a continué d’exister. Elle continuera encore.

F. Bel : Merci d’avoir bien voulu répondre à toutes ces questions.

Extrait de ApoStill n° 3 - Février 1999 - Le journal de l’Académie d’Ostéopathie - www.academie-osteopathie.fr
Nous remercions le Président de l’Académie d’Ostéopathie de nous avoir autorisé à publier cette interview.
Article paru sur le Site de l’Ostéopathie le 01-01-2002



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