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Technique de correction des lésions de la symphyse pubienne

Michel CARTEAUX
 
Créé le : mercredi 20 octobre 2021 par Michel CARTEAUX

Dernière modificaton le : mercredi 20 octobre 2021
Ostéopathie Thérapies Manuelles n° 39 - 4 trimestre 1990

Technique de correction des lésions de la symphyse pubienne - Michel CARTEAUX, D.O.

Article paru dans la revue Ostéopathie Thérapies Manuelles n° 39 - 4 trimestre 1990 - www.atman.fr

Reproduit avec l’autorisation de M. Marc Bozzetto, directeur de la Publication de la revue OSTÉOPATHIE Thérapies Manuelles

Auteur
Michel CARTEAUX, D.O.

LA SYMPHYSE PUBIENNE


La symphyse pubienne est toujours vue, à juste titre d’ailleurs, comme une articulation extrêmement solide et puissamment contenue. Soumise à d’importantes forces de cisaillement, pendant la déambulation (marche, course, sport), de séparation pendant l’accouchement, elle offre l’image d’une unité fonctionnelle difficile à évaluer, difficile à corriger. Elle n’est pourtant pas la seule dans ce cas ! Si l’on considère le sacrum et les sacro-iliaques, dont l’encastrement "coincé" au sens étymologique du terne, une pièce entre les deux autres sous l’effet de la pesanteur, on est surpris de constater que pour l’un on trouve normal qu’un "examen-test-correction" dure parfois 20 min., la main engourdie par le poids du patient, l’attention concentrée sur la moindre fluctuation anormale du LCR, alors que pour l’autre, on n’hésite pas : grands bras de levier fémoraux, contractions brutales de puissants groupes musculaires comme les adducteurs ou les pelvi-trochantériens...etc...

Si l’on se souvient de l’importance du bon équilibre et du bon fonctionnement de la symphyse pubienne dans la dynamique du corps, si l’on se souvient du nombre incroyable de dysfonctions pathologiques que peut engendrer une seule lésion symphysaire, on est surpris du manque de finesse des manœuvres courantes et surtout de leur manque de précision, tant à l’évaluation lésionnelle, à la correction, qu’à l’évaluation post-thérapeutique.

La technique que je vais maintenant présenter permet :

  • un test lésionnel aussi précis que n’importe duel test crânien
  • une évaluation fonctionnelle pré et post traitement aussi précise que sur le crâne.

I – PRINCIPE (évaluation - test - correction)


CESSER DE CROIRE QUE :

La symphyse pubienne est une articulation difficile à traiter
La puissante cohésion rend "dur" son toucher
La correction nécessite un puissant bras de levier

SE SOUVENIR QUE :

Nous avons pensé la même chose, voir pire, lorsque pour la toute première fois nous avons posé nos mains sur un crâne !

RAPPEL : Normalement, lors du mécanisme respiratoire primaire,

À l’inspir :

Les deux branches pubiennes plongent librement en bas et en arrière en décomprimant la symphyse

À l’expir :

Les deux branches pubiennes remontent en haut et en avant en comprimant la symphyse

Remarque

On ne s’intéresse pas aux lésions pubiennes sans avoir auparavant rétabli le bon fonctionnement des articulations sacro-iliaques


II - FICHE TECHNIQUE

A - TEST


  • A - TEST
  • Sujet.

    Décubitus dorsal, hanches fléchies à environ 45°, en abduction à environ 45°, pieds écartés au maximum permis par la largeur de la table reposant parallèlement à ses bords, le plus près possible de l’extrémité de celle-ci.

    Opérateur

    Assis en bout de table, face au pubis du sujet

    L’approche se fait bras tendus, mains au contact l’une de l’autre par leurs faces dorsales, pouces I en bas) à environ 90° de l’index. (Voir photo n° 1)

    Photo 1 : test des mouvements de la symphyse pubienne

    Les deux pouces utilisant l’élasticité naturelle des tissus, vont saisir le bord inférieur de chacune des branches pubiennes du sujet, de part et d’autre de la symphyse. Les index se placent naturellement sur le bord supérieur du pubis, de part et d’autre de la symphyse.

    Maintenir la prise pubienne ainsi réalisée en ramenant les coudes sur la table pour assurer un fulcrum le plus confortable possible. (Voir photo n° 2).

    Photo 2 : Correction du pubis

    Demander au sujet de laisser retomber les cuisses vers le dedans, afin d’équilibrer dans la détente ses propres tensions myo-fasciales.

    Pendant le temps de la mise en place, les majeurs sont venus se placer naturellement à côté des index tandis que le bord cubital des deux derniers doigts de chacune des mains reposent sur les adducteurs du sujet.

    Prendre le temps d’assurer une posture confortable avant d’engager la technique et de contrôler que les tensions opérateur-sujet sont en bon équilibre.

    Remarque :

    Dans cette position, le pubis est parfaitement contrôlé. Mais une technique tactilement trop légère (bien qu’aussi efficace) devant durer trop longtemps pourrait intriguer, incommoder, voir dérouter le sujet. Aussi, une prise délicate mais ferme est-elle conseillée (main de fer dans gant de velours !)

    Si les bords du pubis sont douloureux en dehors de toutes notions traumatiques récentes, penser à recenser d’éventuels problèmes viscéraux (ex : douleur du bord inférieur du pubis dans les versions utérines)

    Test

    Évaluer, sans intervenir, les mouvements du MRP symphysaire. En général, la lésion s’affiche dans le déroulement du MRP.

    Puis, tester dynamiquement chaque branche pubienne par rapport à l’autre en compression - décompression et dans toutes les directions inscrites sur un plan sagittal (en haut - en bas - en avant - en arrière en haut et en avant – en haut et en arrière - en bas et en avant - en bas et en arrière).

    Retenir, pour une branche pubienne par rapport à l’autre, la direction où réside la plus grande disparité. Nommer la lésion.


    B - CORRECTION


    1 - Technique n°1 : Type Sutherland

    Aggraver la lésion, maintenir jusqu’au relâchement tissulaire, puis inverser paramètre par paramètre les positions respectives des deux branches pubiennes, à la vitesse tolérée par les tissus.
    Consolidation : Maintenir la position corrigée pendant quelques cycles du MRP, jusqu’au relâchement tissulaire complet.

    2 - Technique n° 2

    Appliquer sur la symphyse une légère compression décompression et maintenir le point neutre.
    À partir du point neutre, entraîner les deux branches pubiennes dans un véritable ballet lemniscatoire, jusqu’à obtenir des portions gauches et droites du lemniscus Cette technique ne nécessite pas de phase de consolidation.

    III - APRÈS CORRECTION

    Le praticien conserve quelques temps la position afin d’évaluer à nouveau le MRP symphysaire. Si la technique a été correctement appliquée, le mouvement (décrit ci-avant), est libre et symétrique.

    Une sensation de plénitude ample est perçue par le praticien.

    REMARQUE

    Une symphyse pubienne peut paraître "bien alignée" après une correction structurelle ilio-sacrée. II ne faut pas alors négliger de vérifier sa mobilité à l’aide de cette technique, bien souvent on retrouvera une disparité lésionnelle qu’il conviendra alors de corriger.

    Pour conclure, je voudrais insister sur le fait qu’on ne se souvient jamais assez que plus une structure est dense, plus sa force de défense est grande, et plus l’approche du praticien doit être fine, précise et adéquate. Autant qu’il m’en souvienne, on ne travaille pas une lésion intra-osseuse du sphénoïde en plaçant des burins sur le frontal, la grande aile, la ptérygoïde, et en distribuant des coups de marteaux !

    Traitez la symphyse pubienne à l’aide de la pratique décrite dans cet article, avec la même délicatesse que pour une suture crânienne, et vous serez surpris de la facilité et de la rapidité avec laquelle les lésions les plus anciennes cèdent et enregistrent définitivement la correction. Même s’il a fallu dans les cas les plus rebelles, 3 ou 4 séances pour en venir à bout, très souvent, une seule intervention suffit.

    Michel CARTEAUX D.O.



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