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Ces épicondylites qui guérissent enfin !

Pierre Renaudeau Ostéopathe D.O.
Créé le : vendredi 7 février 2020 par Pierre Renaudeau

Dernière modificaton le : vendredi 7 février 2020

L’épicondylite est une inflammation de réparation des tendons se fixant sur l’épicondyle latéral (coude). La chronicisation est hélas fréquente, mais cela prouve scientifiquement que l’on ne traite pas la cause.

Quelques poncifs

Le repos est souvent essayé par le corps médical. Sans succès ! Parce que cela ne change rien à la cause ! Pour soigner une épicondylite, il n’est pas toujours suffisant de mettre une attelle au sujet pour le guérir.

Je n’ai jamais eu de patients qui souffraient de tendinites parce qu’ils s’étaient « blessés », hormis peut-être les sportifs, mais qui, alors, connaissent la cause et entrevoient le traitement (mais c’est une minorité des cas, nombreux, de tendinites de l’épicondyle latéral). Pour le lot nombreux des patients lambda qui souffrent d’une épicondylite, l’apparition s’est faite sans cause connue, et l’entraînement musculaire a toutes chances de réveiller la pathologie et les douleurs. Le corps médical préconise la même chose pour le dos : Renforcement musculaire. J’ai croisé des centaines de patients qui avaient fait des dizaines de séances de « renforcement musculaire » (cela fait des milliers de séances multipliés par des dizaines d’euros…) pour rien, car l’exercice d’un muscle en souffrance ne peut en aucun cas soigner ce muscle. C’est comme bouger un pouce avec une plaie…

L’infiltration de cortisone, l’on ne peut être fondamentalement contre, mais l’on sait parfaitement par expérience que cela ne sert à rien sur la durée puisqu’il y a fréquemment récidive, tant qu’on n’a pas soigné la cause…

Dans ces cas-là, il faut chercher et chercher encore un cheminement plus scientifique du traitement ostéopathique de ces tendinites.

L’on cherche d’abord la chaîne lésionnelle dans le membre supérieur. C’est là une démarche d’ostéopathie, démarche première commune à tous les ostéopathes ( poignet, tête radiale, membrane interosseuse…) .

Mais dans le cas des épicondylites, cela ne suffit pas car la cause n’est pas purement articulaire et il faut savoir prolonger son raisonnement plus loin que les simples recettes apprises.

Je vous propose donc de partager maintenant ce qu’un Ostéopathe exclusif peut dire sur les

Épicondylites : Cause et traitement

Essayons de raisonner en scientifique.

L’épicondylite est une inflammation des tendons des muscles nommés épicondyliens (anconé, deuxième radial, extenseur commun des doigts, extenseur propre du cinquième doigt, court supinateur et cubital postérieur( ancienne nomenclature, française)) soit : ( anconé, court extenseur radial du carpe, extenseur des doigts, extenseur du cinquième doigt, supinateur et extenseur ulnarien du carpe) (nomenclature internationale actuelle).

Ces muscles sont extenseurs du poignet et des doigts et placent l’avant-bras en supination. C’est la position des mains de l’homme qui accueille un ami.

L’inflammation est une réponse à un état de dégradation des tissus. C’est un fait scientifique. Cela peut faire suite à un traumatisme (choc), une surcharge d’efforts ayant lésé les tendons mais souvent, il n’y a pas eu ces deux facteurs (dans l’interrogatoire des patients).

Or ces tendons épicondyliens ont une particularité reconnue par tous : Comme le sus épineux dans l’épaule, comme le tendon d’Achille, ils ont une vascularisation plus faible que les autres tissus. Cela est du au regroupement de fibres tendineuses, très serrées, et sollicitées, près de l’insertion osseuse sur l’humérus, le réseau vasculaire étant « à l’étroit » dans ce maillage fibreux. La dégradation des tissus, à l’origine de l’inflammation, qui dure, ne peut donc être logiquement due qu’à une baisse d’irrigation de ce tendon, entraînant une anoxie (asphyxie) des cellules constituant les fibres, puis une inflammation de réparation. La difficulté à réparer entraîne parfois déchirures et ruptures. Il est une erreur de considérer l’inflammation comme responsable des dégradations du tendon, c’est anti-physiologique, les deux facteurs sont concomitants.

Donc, maintenant que nous savons d’où vient la douleur, due à l’inflammation due à l’anoxie des tissus, d’où vient la baisse de débit sanguin ? Localisée qui plus est.

Le seul facteur capable de faire baisser l’apport sanguin dans une région précise est le contingent des fibres sympathiques accompagnant les nerfs médian, radial (peu de fibres pour le nerf ulnaire (cubital)).Le système nerveux sympathique est un déclencheur de variations vaso-motrices.

En effet, citant Guy Lazorthes (Le système nerveux périphérique chez Masson)

« Le système nerveux sympathique intervient directement dans le transport de l’influx douloureux d’origine viscérale ou vasculaire….Les nerfs sensitifs et les récepteurs sensitifs sont en effet très sensibles aux moindres variations circulatoires. »

Et « Les formations énervées (privées de l’influence normale nerveuse) ont leur sensibilité augmentée aux médiateurs sympathicomimétiques et réagissent à de plus petites concentrations d’adrénaline, d’acétylcholine(ACTH), de sympathine que normalement.

Si l’on rajoute le fait que l’adrénaline est un puissant vasoconstricteur des artérioles dans les territoires périphériques (peau, muscles), l’on comprend qu’une région privée de ses influx sympathiques, plus sensible à l’Adrénaline, passe en vaso-constriction (baisse de l’apport sanguin, anoxie, inflammation…) Ceci explique au passage l’efficacité connue de la cortisone, qui vient contrer les effets locaux de l’adrénaline.

Maintenant, qu’est-ce qui peut entraver l’influx nerveux sympathique de ce territoire du bras ? Si l’on se réfère à la cartographie neurologique du bras, la zone de l’épicondyle est innervée par le nerf radial (rameau cutané externe) et la racine C5 (Cinquième racine cervicale) sortant entre la 4° vertèbre et la 5° vertèbre cervicale.

Poursuivant notre chaîne logique, nous pouvons déduire de l’anatomie et la physiologie que l’entrave à l’influx sympathique ne peut se réaliser que par simple compression des fibres de la racine C5 entre les deux vertèbres par pincement discal. D’ailleurs, les auteurs rhumatologues soulignent le fait qu’une névralgie cervico-brachiale est fréquente avec les épicondylites, mais prennent cela comme un facteur collatéral…

D’un point de vue toujours anatomique, on peut maintenant comprendre que si l’on soigne l’étage intervertébral C4-C5, et son disque, garant de l’intégrité de l’intervalle de passage de la racine nerveuse C5 au trou de conjugaison, on a toutes les chances de restaurer le passage de tous les influx nerveux dans cette racine et de voir guérir une tendinite auto- entretenue par le corps pour ces raisons mécaniques.

L’on débouche ensuite sur le traitement de la cause du problème, présente dans tous les cas, le tassement discal C4-C5, et son traitement et ceci est l’affaire de votre ostéopathe qui prendra soin, si possible en douceur, de votre problème discal.

Il s’avère en pratique que ces « tendinites » « épicondylites » sont pratiquement toujours des névralgies C4-C5 avec seulement une composante neurovégétative à l’origine de l’inflammation.

Si mon raisonnement vous paraît surprenant, dites-vous simplement qu’il permet depuis plus de dix ans de soigner avec succès (disparition totale des douleurs et fonction retrouvée) 94% les épicondylites en huit à dix jours, même celles qui duraient depuis plusieurs mois.

Je vous remercie tous pour votre attention.

1ère publication sur le Site de l’Ostéopathie le 23 octobre 2010



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