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Le concept Crânien Structurel® - Partie 2 : En pratique

Application à l’humain et l’animal
 
Créé le : lundi 23 octobre 2023 par Francois Lecuyer Gemeline, Gilles Boudéhen

Dernière modificaton le : samedi 14 octobre 2023

  L’ostéopathie structurelle crânienne s’applique à l’humain comme à l’animal selon des principes communs. Elle répond avec efficacité aux plaintes de l’Homme qui commence sa vie à 4 pattes pour la poursuivre sur les deux de derrière et la finir à trois pattes. Mais elle donne des résultats tout aussi satisfaisants chez nos amis à deux ou quatre pattes. Il était donc normal d’écrire cet article à 4 Mains.

  • Francois Lecuyer Gemeline ; Directeur des études de BIOPRAXIA
  • Gilles Boudéhen co-directeur et co-fondateur de l’Institut de Formation Supérieure de RENNES.


Lire la partie 1 : Le concept Crânien Structurel® - Partie 1 : Le concept

Le concept Crânien Structurel® - Partie 2 : En pratique

  La correction d’une lésion tissulaire réversible (LTR), telle que définie dans la première partie [1] par utilisation d’une contrainte lente exige du praticien une mise en place et une organisation architecturale de son corps très stricte. La LTR doit être circonscrite et les paramètres de la lésion que nous trouvons au test doivent parfaitement être reconstruits par le praticien. Le but est de regagner de l’élasticité dans le conjonctif là où il en a perdu et dans la direction, le sens et la profondeur de la restriction.

En ostéopathie crânienne structurelle humaine :

  Le principe d’utiliser une table basse, à hauteur des genoux du thérapeute permet de faciliter le transfert de masse au sol au travers du conjonctif en lésion. Seule une parfaite gestion de la gravité permet au praticien de gérer passivement la vitesse de pénétration ou de traction du conjonctif.

Travail crânien structurel sur table basse

L’utilisation de 3 mains est également indispensable, le plus souvent on utilise le condyle interne du genou et les deux mains réelles. C’est ainsi que l’on peut organiser la contrainte correctrice autour de l’épicentre de la représentation lésionnelle.

Utilisation du condyle interne du genou comme troisième main

  Il nous reste à imposer une mise en contrainte passive par utilisation de l’énergie potentielle pendant un « certain temps ». Celui nécessaire au tissu en lésion réversible pour se réorganiser et permettre de restaurer l’élasticité originelle de la structure. Un test de contrôle sera fait pour objectiver le résultat mécanique, la clinique du patient nous confirmera le résultat.
  Ce type de travail mécaniste sur le conjonctif crânien n’est pas réservé aux seuls humains.

  Les animaux présentent une bonne réaction au traitement crânien structurel. Il est cependant parfois difficile en fonction de leur taille ou de leur comportement de mobiliser les différentes structures anatomiques. Pour autant, lorsque le thérapeute réalise ses manœuvres avec soin et concentration, ces derniers l’acceptent sans difficulté. À condition d’être dans une grande disponibilité pour l’animal et dans une volonté empathique de traitement, ce qui est tout aussi vrai pour l’humain. Certes le particularisme du traitement animalier nécessite une capacité adaptative de tous les instants. Ainsi les mouvements des animaux traités devront être « accompagnés » dans une même intensité d’intention, d’attention et de tension permanentes et communes.

  Les différentes étapes seront donc :

  • L’attention (empathie et relation avec l’animal)
  • L’intention (mise en œuvre des positions adaptées en vue du traitement)
  • La tension : au sens de la tenségrité et du geste correctif.

  Si une des trois étapes n’est plus présente suite à un mouvement de l’animal, le thérapeute devra remettre « à zéro » son logiciel et reprendre dans le calme son intervention.

  Chez l’humain comme chez l’animal, l’intention thérapeutique n’est que le résultat du positionnement du thérapeute. Un examen crânien sur un jeune enfant agité n’est pas très différent de celui d’un chien, dérouté par le fait qu’on touche son crâne.

  Encore une fois « l’art de s’unir et de se séparer ! »

  Ainsi en ostéopathie animale biomécaniste, le thérapeute devra adapter ses positions en fonction des animaux traités en respectant les mêmes règles que précédemment décrites pour l’humain. Pour les grands animaux des positions spécifiques devront être adoptées quand pour les chien, les chats et les petits animaux, une table (de préférence électrique) pourra être utilisée. Il sera plus facile de régler la hauteur et ainsi réaliser le transfert de masse nécessaire à la pratique crânienne structurelle.
  Chaque position devra être interrogée pour permettre l’utilisation des « 3 mains ». Lorsque que le praticien est dans l’impossibilité de réaliser, singulièrement dans le cas d’animaux de grande taille ou très mobiles, le praticien pourra envisager, dans son report de masse de réaliser un « empilement des cervicales » afin de constituer un segment rigide, constituant sa troisième main. Il pourra ainsi avec ses deux autres mains transférer sa masse dans le conjonctif de l’animal. Ce principe d’empilement cervicale est également utilisé chez l’humain.

  L’anatomie crânienne des quadrupèdes est bien évidemment différente de l’humain, pour autant les concepts fondamentaux sont identiques.

  Le thérapeute proposera

  • Des techniques sur les sutures crâniennes
  • Des techniques intra osseuses
  • Des techniques sur tous les tissus conjonctifs crâniens des animaux membranes intra crâniennes, fascias, peau…

Un modèle spécifique au quadrupède :

  Le crâne du quadrupède est à distinguer du crâne humain par sa construction fondamentale liée à la posture bi-pédique pour l’humain (crâne au sommet du rachis) et celle de la quadrupédie (crâne dans le prolongement du rachis).
  Le trou occipital chez le quadrupède est ainsi situé dans l’axe antéro-postérieur du crâne.

  On peut envisager d’ailleurs le basi-occipital dans cette continuité, à la manière d’une néo-vertèbre intracrânienne s’articulant avec une autre vertèbre : le sphénoïde. L’articulation des deux formant la synchondrose sphéno-basilaire, repère anatomique que nous considérons comme témoin d’une zone particulière d’élasticité.

  Quand la gravité et le tonus musculaire jouent un rôle important dans un modèle humain d’empilement, le quadrupède possède un crâne fortement impacté par des effets de suspension en porte à faux (encolure) ainsi le ligament nuchal, les insertions musculaires brachio-céphaliques (Sterno-cléïdo-occipito-mastoïdien SCOM chez l’Homme) impriment en permanence des forces perpendiculaires tant au niveau intra osseux que dans les membranes réciproques et particulièrement la faux du cerveau.

  Le crâne empilé dans les cervicales chez l’humain, fait la part belle aux éléments travaillant en compression et en tension. De même le crâne tracté par la chaine musculo-fasciale chez le quadrupède sollicite différemment les éléments travaillant en traction. Toutefois humain et animal ont tous les deux besoin de cet équilibre entre les différents composants d’un crâne tensègre avec des éléments qui travaillent en compression, tension ou en traction.
  Éléments solides discontinus travaillant en compression et en tension ; les os pour faire simple.
  Éléments élastiques continus et communs au corps entier, la peau et toutes les membranes qui travaillent en traction.
  Et enfin une parfaite organisation des éléments entre eux pour proposer une architecture compatible avec la gestion tensègre.

  Chez l’animal il est à noter que les mouvements bilatéraux permanents de l’architecture appendiculaire musculosquelettique lors de la vie de relation impriment des mouvements de torsions et de vissages qui ont de grandes répercussions sur et dans la voûte crânienne dans son acception la plus large.

  Si la flexion reste le propre de l’homme dans une certaine mesure, la torsion est le propre du mouvement même chez l’animal. Il n’est qu’à observer la morphologie en vrille de tous les os du vivant.

  Le test des deux sphères, réalisé chez l’Homme propose une organisation avec des prises de mains similaires à l’animal en fonction des points anatomiques.

Schéma du bilan des 2 sphères

  Il permet d’exploiter la flexion, la torsion, la latéroflexion - rotation ainsi que l’examen des mouvements orthonormés ou strains.
  Il appréhende l’insertion de la tente du cervelet qui divise le crâne en membraneux pour la voûte et cartilagineux pour la base. Il est en rapport intime avec les lignes de forces de la base du crâne véritables « longerons du crâne ».

Détail des prises de mains sur les sphères antérieure et postérieure


La sphère antérieure, on l’appellera fronto-sphénoïdale


  • Premier point stratégique

  La main dévissée, c’est-à-dire coude, éloigné du corps pour permettre le vissage à venir, l’ostéopathe place la métacarpo-phalangienne de l’index sur la métopique au niveau de la glabelle. Il est ainsi en regard de l’insertion de la faux du cerveau séparant les deux hémi-frontaux. Il est en rapport avec les piliers internes du frontal.

Prise de la sphère antérieure, osseuse et membraneuse

  • Les deux points latéraux

  Ils sont le fruit d’un vissage passif de la main par auto-empilement du thérapeute qui, ainsi réduit peau, gras, os du crâne du sujet et de sa main frontale en un même temps.

  L’opérateur va venir placer pouce et majeur en arrière des piliers externes de la face, sur les grandes ailes du sphénoïde. Il gère le responsable de la sphère antérieure et ainsi tous les os qui lui sont dépendants mécaniquement. Il se place pour que son avant-bras frontal finisse dans l’axe médian du sujet.
Les phalanges de son index se posent délicatement d’un côté du nez.
Les autres doigts tombent naturellement sur l’écaille temporale.
Attention ! L’appui sur le frontal d’habitude évité, est ici ferme et de même intensité que les deux autres points stratégiques. Il s’agit de créer une sphère antérieure et non de laisser libre le jeu entre frontal et sphénoïde, qui sera investigué plus tard. L’ostéopathe tient ainsi la sphère antérieure en trois points invariables, entre eux en satisfaisant aux exigences anatomiques membraneuses et osseuses de l’approche. Si l’interface cutanée entre la peau du crâne et de la main du thérapeute est évidente, la présence osseuse des os de l’avant-bras dans cette interface constitue le véritable contact. Cette mise en contact sera propre à chaque thérapeute, plus ou moins appuyée, et adaptée à chaque crâne.

  • Vissage de la sphère antérieure

  Par une supination passive des avant-bras, l’ostéopathe aligne son radius et son scaphoïde (prise scaphoïde) et visse sa prise sur les 3 points stratégiques de la sphère antérieure. Pour ce faire, il part légèrement dévissé, coudes éloignés du tronc et finit aligné dans l’axe du sujet par avancée de son ventre entre ses coudes.

Vissage de la prise antérieure par alignement de l’avant-bras


La sphère postérieure ou occipitale


  • Premier point stratégique

  Le thérapeute glisse sa main sous le squame occipital, telle que la métacarpo-phalangienne de l’index et/ou du majeur aborde l’inion c’est-à-dire la protubérance occipitale postérieure (insertions des faux du cerveau et du cervelet et croisement avec le pourtour de la tente.) Attention, de ne pas se placer sous l’inion, au risque de finir sur les cervicales !

  • Autres points stratégiques

  Le thérapeute s’auto-empile du sacrum vers ses dorsales hautes, les coudes se rapprochent passivement par avancée du tronc et l’avant-bras occipital se visse et finit perpendiculaire au sujet et presque horizontal. L’éminence thénar et la pulpe des phalanges distales des autres doigts abordent l’écaille occipitale au niveau des OM et, par la même, les insertions de la tente du cervelet.
  L’ostéopathe tient ainsi le maître de la sphère postérieure et ses voisins temporaux.

Détails de la prise de la sphère postérieure osseuse et membraneuse
  (Extrait d’Ostéopathie crânienne structurelle Page 85, 87. Ed Sully.)

  Par analogie et respect des contacts anatomiques nous pouvons proposer ce test des deux sphères chez l’animal, ici le chien. Des prises spécifiques mais cohérentes avec le modèle crânien mécaniste :
  Un modèle « crânien biomécaniste quadrupédique » a été développé pour permettre au praticien animalier de se positionner dans une démarche similaire au thérapeute D.O.

  4 piliers sont proposés qui servent de repères de position et de mobilisation : ils ont pour but d’aborder indirectement le sphénoïde et directement l’occipital afin de permettre une investigation de la base et de tout le volume crânien.

  • 2 piliers bilatéraux fronto-naso-lacrimo-zygomatique (en fonction des espèces). Ils sont le moyen de constituer les piliers vers le sphénoïde. Les arcs latéraux (grandes ailes du sphénoïde) qui sont articulés en interne avec le frontal vont être mobilisés à partir d’un vissage dont les points fixes sont les piliers de la sphère antérieure.
  • 2 piliers occipitaux

Schéma des piliers et arcs-boutants chez le cheval
  (Francois Lecuyer Gemeline)


Exemples


Prise de la sphère antérieure chez le chien

  En fonction de l’espèce le praticien va tenter de prendre contact sur les arcs latéraux supérieurs (les grandes ailes du sphénoïde). Il gère la sphère antérieure. Il tente de se positionner pour que son avant-bras finisse dans l’axe médian de l’animal. Les phalanges de son index se posent sur l’os nasal à côté des orbites. L’appui sur le frontal est ferme. Il s’agit de créer une sphère antérieure cohérente dans la main. Le contact osseux est essentiel. Il est réalisé par abandon des muscles de la main du praticien au profit du déséquilibre de son corps.
  On s’appuie, on n’appuie pas.

Prise de la sphère antérieure chez le chien

  En veillant à imposer un troisième point fixe (genou, table, corps du thérapeute ou empilement cervical) le thérapeute imprime par une supination passive induite par son intention, c’est-à-dire par son organisation gestuelle une torsion de la sphère antérieure en verrouillant la sphère postérieure par un contact présent des piliers occipitaux.

Prise de la sphère postérieure chez le chien

  Le « pratichien » visse sa main occipitale en alignant ulna et pisiforme en veillant à maintenir une prise occipitale.
  Il fixe la sphère antérieure.
  Il s’enfonce lui-même progressivement (empilement de ses cervicales jusqu’au sacrum et de son corps, jambes en légère flexion).
  Dans la même intention, il épuise une partie de l’élasticité naturelle de sa main occipitale pour atteindre l’autocontrainte.
  Il laisse la tête du chien se loger dans la main par un contact intime et direct, pour obtenir un rapport osseux avec l’animal.
  Le vissage se fait dans la continuité par rapprochement passif des omoplates en mobilisant son sacrum et son corps dans la même intention par simple gestion de la gravité et de son équilibre.

Prise de la sphère postérieure chez le chien

  La mise en place de la troisième main, souvent mise en premier pour des raisons pratiques, circonscrit l’enquête conjonctive autour de la SSB du sujet.

3 mains orientées vers le centre mécanique du crâne

  Suite à ce test des deux sphères, s’engage une enquête conjonctive de tout le crâne qui débouchera sur une ou deux corrections spécifiques.

  Ces techniques structurelles sont assez semblables entre humains et animaux. Aux variations anatomiques près le concept crânien structurel s’adapte avec succès aux particularités de l’animal.
  Voici quelques exemples sur l’animal.

Prise des deux sphères à 3 mains chez le chien

Technique du foramen jugulaire sur un crâne osseux de cheval
  Notons que le rachis cervical de l’animal sert dans ce cas de 3ème main

Technique de canal lacrymal sur un crâne osseux de cheval

Technique de canal lacrymal chez un cheval

Technique de canal lacrymal au pouce sur crâne sec et sur chien
  Avec les doigts à gauche ; Avec les pouces à droite

Technique de canal lacrymal au doigt sur crâne sec et sur chien

Lift frontal sur un chien

Technique intra osseuse du frontal chez un cheval

Technique maxillaire droite sur un bovin

  Toutes ces notions sont désormais développées dans des formations alliant expérience sur le praticien sur lui-même pour le ressenti du crânien structurel et applications pratiques sur le chien, le cheval ou le bovin.

Renseignements :
  gillesboudehen.fr
franclecuyer chez gmail.com

[1NDLR : Il a été conseillé à l’auteur de ne pas choisir le terme de lésion ostéopathique, mais de dysfonction ostéopathique. Cependant, l’Ostéo4pattes-SDO n’a pas vocation à modifier le texte de ses auteurs. Leur choix de laisser le terme lésion ostéopathique a donc été respecté.



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