Ostéo4pattes - Site de l’Ostéopathie
Recherchez dans le Site :

La barrière hémato-encéphalique & ses conséquences pour les ostéopathes

Créé le : vendredi 18 novembre 2022 par Laridon Matthieu, Max Girardin

Dernière modificaton le : samedi 26 novembre 2022

  La barrière hémato-encéphalique - un thème que beaucoup d’ostéopathes et d’enseignants en ostéopathie ont tendance à oublier ou à considérer comme inutile - ou secondaire dans notre approche ostéopathique, mais est-ce bien le cas ?

  Pour commencer, qu’est-ce que la barrière hémato-encéphalique ? En tant que forme modifiée et spécialisée d’épithélium, le cerveau ne devrait en principe pas être en contact direct avec les vaisseaux sanguins, mais par le biais d’une interface qui est généralement la lame basale et le tissu conjonctif sous-jacent ou quelque chose de similaire. C’est du moins le principe de la conception du monde épithélial n’est-ce pas ?

  Wohooo, les premiers froncements de sourcils sont déjà là, les neurones ne sont pas de l’épithélium ?

  Réfléchissez-y encore, dans un embryon à un stade précoce, avant même que la troisième couche germinale ne soit formée, une partie de la peau (l’ectoderme grandit si vite qu’il se chevauche) se recouvre elle-même et pousse ainsi une partie des cellules dans l’embryon tout en pliant le tout si mal qu’il forme une sillon ou un semi-tube qui se refermera à la fin en un vrai tube se séparant complètement de son origine, la peau ou l’ectoderme. Ce tube de cellules se trouve maintenant dans un environnement complètement différent, entre les deux couches germinales et directement dans les flux de liquide nutritif, ce qui modifie bien sûr sa physiologie et par conséquent sa Forme... Pour résumer, oui, le système nerveux est une forme spécialisée de la peau. Ne croyez pas un vieux fou, revoyez votre embryologie, même s’ils décriront probablement le sillon et la poussée du tube neural comme une migration de cellules ou quelque chose comme ça... ce qui est absurde à mes yeux mais bon, nous avons un cadre de référence différent, et j’ai toujours regardé avec un très haut degré de suspicion toute explication d’une observation qui fait appel à un "Deus ex Machina" pour faire bouger les choses.... Je sais que cette image est une généralisation dure et exagérée mais elle décrit si bien la phrase précédente que je n’ai pas pu résister...désolé, je n’ai rien trouvé de mieux avec tous les uniformes des systèmes religieux de cette planète...imaginez simplement celui que vous voulez...nous habillons aussi "Manneke Pis" avec toutes sortes de tenues...les Belges ont un sens de l’humour bizarre...

  Alors, pour mieux respirer j’espère que nous pourrons aller à l’essentiel : il existe effectivement une barrière hémato-encéphalique, le sang des vaisseaux n’a pas d’accès direct avec les neurones du cerveau. Il s’agit donc, d’un point de vue principiel, d’une situation similaire à celle du reste des tissus épithéliaux du corps.

  La forme est spéciale et différente en fin de compte, ce que j’admets volontiers ; dès que les vaisseaux sanguins ou les capillaires pénètrent dans les méninges, ils sont entourés d’un type différent de cellules qui jouent un rôle très proche du tissu conjonctif et de la lame basale pour d’autres tissus épithéliaux : le rôle de tampon et d’interface. Okay ? Roger ? Pigé ? Mais pourquoi le nom de "barrière" alors ? Il y a une interface comme avec le tissu conjonctif et la lame basale, alors pourquoi "barrière" ?

Note de l’auteur : J’ai vraiment oublié et je n’ai pas pu retrouver de quelle référence de micro-anatomie ça vient...

  Parce que certains de ces types induisent une véritable barrière, les cellules formant l’interface entre les vaisseaux sanguins, leur contenu et les neurones, on les appelle généralement astroglies ou astrocytes, de la famille des cellules macrogliales. Et non ils ne leur ont pas donné un tel nom parce qu’ils ont été implantés par la NASA ou une autre agence spatiale mais parce que leur forme au microscope ressemble vraiment à une étoile. (Les histologistes et les micro-anatomistes ont leur propre façon de nommer une cellule)

  Leurs corps sont relativement petits mais ils ont de multiples et longues projections cellulaires qui vont soit vers les neurones et font une sorte de petit pied qui entre en contact avec le corps neural, d’où le nom de podocytes, tandis que d’autres parties lancent leurs podocytes vers les vaisseaux sanguins et les capillaires et s’enroulent autour d’eux en recouvrant complètement leur surface externe. C’est la mise en forme mais pas encore la barrière hémato-encéphalique en soi. Ma description de la formation peut induire en erreur, alors pour les personnes qui lisent ceci et ont quelques notions de biocinétique en embryologie c’est un développement similaire à celui qui donne la forme spécifique des neurones, les enveloppements et contacts de cellule à cellule sont là très tôt dans le développement et c’est la croissance de toute la zone qui les étire, c’est pourquoi les corps cellulaires semblent petits avec de longs podocytes ou des projections de pieds.

  La barrière sanguine est induite par les podocytes des astrocytes. "Quoooooiiiiiii" ?

  Presque partout dans le corps les capillaires sont constitués de quelques cellules endothéliales qui entourent le flux sanguin, entourées d’un peu de tissu conjonctif, bourré de collagène, raison pour laquelle elles sont relativement les éléments les plus rigides. Si vous voyagiez dans le sang et regardiez de l’intérieur les parois endothéliales vous auriez l’impression de voir presque partout un vieux mur de briques érodées où les joints de ciment ont pour la plupart disparu ; en fait il y a plus de fissures ouvertes que de briques bien jointives, les briques étant bien sûr les cellules endothéliales ici. Ce type de forme présente plusieurs avantages pour notre organisme :

  • D’une part, l’échange entre le sang et son environnement, le fluide et la matrice extracellulaire va beaucoup plus vite car les barrières cellulaires sont négligeables, non pas pour les cellules et les grosses particules mais pour les petites dissoutes dans les fluides des deux côtés de la paroi du vaisseau. C’est comme si le vaisseau était constitué d’un lourd filet et non d’une véritable paroi (changement de dimension et zoom sur les processus) pratiquement un système ouvert. Un système assez efficace qui fonctionne bien si l’hydratation est suffisante... s’il n’y a pas suffisamment de fluides, ou de flux d’ailleurs, des emboles et d’autres problèmes guettent. Gardez à l’esprit l’image des petits vaisseaux formés par un lourd filet et vous aurez une autre conséquence importante en vue : tant que le calibre des vaisseaux est suffisamment grand et qu’il n’est pas perturbé par des pressions exogènes nous avons un écoulement laminaire rapide au centre du tube et donc très bon pour un transport express sur de longues distances, tandis que progressivement, plus l’écoulement (couche liquide) est proche de la paroi (le filet lourd), la résistance à l’écoulement augmente par la force de friction entre autres, et de ce fait la vitesse ralentit, ce qui permet un échange plus facile et plus rapide avec l’environnement extérieur au tube, vous voyez ? Essayez de visualiser le processus et la dynamique, mais vous n’aurez pas encore saisi la réalité. Vous vous en approcherez. C’est pourquoi lorsque vous observez les changements de couleur et/ou de viscosité du sang au cours de son voyage à travers le corps, ses tissus et ses organes, les changements se produisent de l’extérieur vers l’intérieur du flux sanguin (transport rapide = intérieur ; ralentissement et échange maximum à l’extérieur), sauf dans les capillaires où le calibre est si fin que tout le flux ralentit et qu’il n’y a pratiquement qu’un seul échange, d’où le changement de nature du sang : presque en un clin d’œil il passe d’un rouge vif presque pétillant dans les poumons à presque vif mais pas pétillant dans le cœur, et devient presque noir et visqueux comme du sirop dans le foie par exemple ou dans les reins directement après le passage dans le glomérule où la viscosité monte si haut que ça ressemble à du sirop. Les pisteurs et les chasseurs le savent, grâce à la couleur, la texture et la viscosité du sang, son aspect pétillant et son goût, ils peuvent savoir quelles parties de l’organisme de l’animal ont été touchées par le tir. Et normalement, pendant la préparation du terrain jusqu’à l’abattage, tout est contrôlé et vérifié, ce qui fait que les bons chasseurs sont en fait des étudiants à vie, tout comme les ostéopathes. Leurs intentions ont même une certaine similitude au niveau le plus bas : ils veulent tous deux devenir meilleurs dans ce qu’ils font, plus efficaces, et finalement continuer à mettre la nourriture sur la table.... Comme le fait théoriquement l’ostéopathe pour maintenir autant que possible la santé des patients, un chasseur éthique le fera pour maintenir la santé des populations dans la zone de chasse.... Vous ne l’aviez jamais vu de cette façon ? Je connais des chasseurs qui prennent vraiment ce rôle de prédateur supérieur très au sérieux et qui agissent presque comme des ostéopathes au niveau de la population dans la nature qu’ils parcourent. Je l’ai déjà mentionné précédemment à propos de l’anatomie, il n’est pas nécessaire d’être un chasseur actif ni d’aimer ça, mais il suffit de suivre un cours de pistage ou de chasse, ou d’accompagner un bon pisteur ou chasseur et vous verrez des images des processus vivants comme jamais auparavant, si vous pouvez dépasser l’idée de prendre une vie pour manger de la viande... bien qu’en tant que mangeur de viande je pense que vous devriez connaître et vous préoccuper de toute l’histoire avant qu’elle n’arrive dans votre assiette... mais c’est une opinion personnelle qui n’a pas grande importance ici, juste les idées et les pensées d’un vieux fou et un certain partage d’expérience. Et je pense que cela fera de vous un meilleur thérapeute lorsque vous vous éloignerez des modèles et que vous vous rapprocherez de la réalité.

      Pour les moins dégourdis : de haut en bas : sang de poumon, sang de cœur, sang de foie...

  • D’autre part, s’il y a une inflammation avec ou sans infection, les globules blancs peuvent passer assez rapidement à travers les fissures en déformant leur cytosquelette. Vous avez probablement appris ça quelque part en physiologie et ils ont appelé ce phénomène diapédèse. Vous vous en souvenez ? Grâce à ça, quand ils sentent l’inflammation, ils peuvent prendre la voie rapide et flairer leur chemin à travers le corps pour se rendre n’importe où par le système de tubes souterrains appelé système circulatoire et son transport sanguin, ils passent à travers les fissures pour rejoindre les alliés déjà en guerre sur le champ de bataille conjonctif. Ça s’appelle la chimiotaxie en physiologie.

  C’est vrai pour la plupart des zones de notre corps, avec pour exceptions les reins et les testicules... et bien sûr le cerveau et le système nerveux central, d’où le nom de barrière hémato-encéphalique.

  À quoi ressemble cette barrière lorsque nous voyageons dans le sang ? Les podocytes des astrocytes induisent la barrière hémato-encéphalique. Mais comment ? Ces petites bestioles très utiles incitent les cellules endothéliales à faire des jonctions serrées. Voyager à travers ces capillaires et observer les murs c’est comme regarder un temple inca, une pyramide ou un mur fraîchement construit. Vous savez, quand les pierres s’emboîtent si parfaitement qu’il n’y a pas de joint, pas de jonction en ciment ou en argile, juste pierre sur pierre, si parfaitement ajustées que vous ne pouvez même pas enfoncer un cure-dent entre elles ! Vous voyez ?

  Les jonctions serrées sont généralement trois rangées de protéines avec des liaisons croisées entre elles qui fixent les parois cellulaires si étroitement les unes aux autres qu’il n’y a pas d’autre choix ou d’option que de passer à travers les cellules pour le moindre échange. Il s’agit, comme son nom l’indique, d’une jonction serrée de cellule à cellule, littéralement étanche. Et c’est ça la véritable barrière hémato-encéphalique, qui entraîne toute une série de conséquences que nous allons examiner maintenant. Et lorsque cela sera fait dites-moi encore que tout cela n’est pas cliniquement pertinent pour les ostéopathes......osez ! Je vous mets au défi....

  La barrière sanguine étant étanche, aucune substance polaire (soluble dans l’eau) ne peut atteindre l’environnement des neurones de l’autre côté du vaisseau sanguin sauf en passant par les passages normaux de la paroi cellulaire qui, comme vous le savez, est un système de passage contrôlé et non aléatoire. Et à cause des podocytes qui enveloppent tout le vaisseau, cela signifie en pratique que toute substance qui se dirige vers les neurones ou qui s’en éloigne vers le sang est soumise à au moins cinq contrôles frontaliers. Et vous pensiez que voyager en avion était emmerdant ? Réfléchissez encore !

  Pourquoi 5 ? Supposons qu’une molécule soluble dans l’eau aille du sang vers les neurones du cerveau, comptez avec moi les membranes cellulaires et les contrôles qu’elle doit passer pour arriver à sa destination finale en parlant en termes de voyage aérien :

  1. elle passe la membrane pour entrer dans la cellule endothéliale, en quittant le sang

  2. elle sort de la même cellule endothéliale du côté opposé

  3. elle pénètre dans la membrane du podocyte et traverse l’astrocyte jusqu’à l’autre extrémité du podocyte en contact avec le corps neural

  4. elle sort du podocyte à travers sa membrane

  5. elle pénètre dans le neurone à travers sa membrane

  Au moins cinq contrôles frontaliers…Parce que les microglies parcourent le cerveau et font le même travail que les macrophages dans les tissus conjonctifs, nettoyant les dégâts.

  Et dans certains espaces, même les péricytes sont entre les deux, mais comme ils ne sont pas vraiment scellés je ne les ai pas comptés...

Structure des capillaires - Thèse Anne-Clémence VION - Contraintes mécaniques et microparticules endothéliales
Disponible ici : https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSAQfpUFdRmlIY7tcYfw0W-ks2rRCtT7BJbPd7fMLnnkfXlxy-Q

  Cette forme a au moins deux conséquences majeures

  La première, c’est que l’environnement des neurones est tellement protégé qu’il est, par rapport au sang, un environnement très différent avec de grandes polarités - des différences qui, si cette barrière était franchie, engendreraient un afflux massif de merde qui est en concentrations bien plus faibles là-bas… ? Une situation délicate si quelque chose tourne mal.

  La seconde est que la barrière hémato-encéphalique est par définition uniquement efficace pour les substances polaires ou hydrosolubles…, ce qui signifie que toute substance apolaire, hydrophobe ou solvant organique est potentiellement une neurotoxine ! D’où le potentiel des vitamines liposolubles à endommager le cerveau ou le système nerveux central. Pourquoi ? Parce que toutes les membranes des cellules animales sont principalement constituées de lipides......donc pas une barrière mais une voie pour passer librement à travers comme les insectes qui s’infiltrent dans les mur.

  C’est la raison pour laquelle de nombreuses drogues ou substances stimulantes, hallucinogènes ou excitatrices sont des solvants ou des hydrophobes apolaires, car ces substances ne peuvent pas être contrôlées par la barrière hémato-encéphalique, elles ne font que ramper à travers les murs. Elles peuvent y rester présentes relativement longtemps endommageant ou empoisonnant le système nerveux car il existe une autre classe de macro-glie là-bas, enveloppant les voies nerveuses tout en les structurant, les oligodendroglies ou oligodendrocytes qui sont communément appelés feuillets de myéline, la substance ou matière blanche du cerveau et la matière grasse du SNC qui sont en fait des membranes cellulaires en épaisses couches dans lesquelles les substances apolaires sont comme des porcs dans la boue, heureux et contentes d’y rester.

  Alors maintenant, si tout est organisé dans votre tête, la scène est prête pour une pièce de théâtre. Allons-y...

  Je vois la peur et la pitié dans vos yeux qui grandissent de minute en minute, pauvre système nerveux central si fragile et impuissant !

  Pas vraiment. Il a quelques alliés dans la lutte contre la saleté et l’accumulation de déchets. Heureusement parce que comme les neurones ont pratiquement le plus grand taux métabolique de toutes les cellules de notre corps, ils sont eux-mêmes de gros déchets. Le système de lavage glymphatique joue un rôle important dans ce processus de nettoyage... Cherchez parce que c’est une autre longue histoire dans laquelle, en tant qu’ostéopathes, nous pouvons agir et prêter main forte.... Par le biais des tensions sur les membranes de tension réciproque et la normalisation générale des fluides, des tensions fasciales, des os du crâne et des sutures. Parce qu’elles y voyagent dans les sinus veineux entre les membranes de tension réciproque, du moins leurs voies lymphatiques finales... Regardez ça, il y a eu de belles images qui ont été faites...

image glymphatic pathway function

  Revenons à notre patate chaude, la barrière hémato-encéphalique. Dans le monde occidental les chiffres s’envolent comme s’ils étaient en promotion. Pour le diabète non diagnostiqué ils vont jusqu’à 80% si je me souviens bien ? Aujourd’hui, en Belgique, la plupart des laboratoires diagnostiquent le diabète si votre taux de sucre dans le sang dépasse 14 ; en Allemagne il est de 140, autre cadre de référence décimal.

  Mais laissez-moi rester belge un instant, c’est plus facile, mon cerveau n’a pas été touché par l’accident qui vient de tuer mon Land Rover en Autriche, mais il est plus reposant de penser en termes belges en ce moment, pardonnez-moi cher lecteur ; quand votre glycémie dépasse 17 ou 18, pardon, j’ai oublié et je ne suis pas à la maison en ce moment pour vérifier, mais c’est une question de principe, n’est-ce pas ? Donc si vous avez un pic, même léger, la pression osmotique du sang devient si élevée qu’elle déchire ou déchiquette en morceaux les jonctions serrées dans les capillaires. Oui, vous avez bien lu !

  Bye bye la barrière hémato-encéphalique, avec pour conséquence comme nous l’avons déjà suggéré, que votre cerveau sera exposé et reste exposé pendant un certain temps à toutes les eaux usées également transportées par le sang. En ostéopathie on nous apprend que l’une de nos principales tâches est d’augmenter ou de normaliser le flux sanguin, et je suis d’accord avec ce principe, mais s’il vous plait gardez à l’esprit que, comme mentionné ci-dessus, le sang est un caméléon qui se transforme en un clin d’œil en fonction de son environnement et ne transporte pas seulement les friandises mais aussi notre première et principale voie pour le transport des eaux usées, et par là même complètement dépendante du fonctionnement naturel des glandes et des organes qui doivent extraire les eaux usées et s’en débarrasser immédiatement ou du moins les rendre plus inoffensives en les transformant ou en y ajoutant quelque chose. .. Ensuite il y a les lymphatiques et les glymphatiques, mais comme ils rejettent tous deux leurs eaux usées dans le sang nous pouvons rester avec le sang comme première voie d’évacuation.

  Maintenant imaginez que le pic de sucre dans le sang soit momentané et qu’il se normalise au bout d’une heure environ, les astrocytes vont réintroduire les cellules endothéliales qu’ils enveloppent pour reformer les jonctions serrées... mais c’est un gros travail : construire les protéines spécifiques et tout ce que cela englobe, les transporter via le cytosquelette, l’assemblage... en moyenne cela prend entre 7 et 8 heures (une journée de travail pour un fonctionnaire) ... En d’autres termes, au début l’afflux de déchets d’égouts sera rapide et fort en raison des différences de concentration et de polarités entre les différents environnements, puis un jour plus tard le système s’est refermé en utilisant l’environnement neuronal et glial comme une poubelle à pédale, remplie de grandes quantités, y jetant les déchets puis refermant lentement le couvercle... scellé à nouveau de manière étanche pour ainsi dire. Génial ! Les neurones doivent adorer ça.... Et fonctionner de façon optimale...qu’en pensez-vous ?

  Voilà donc l’histoire que je voulais vous raconter sur la BHE …

  Mais l’histoire n’est pas encore terminée, il y a du venin dans cette queue ...in cauda venenum est ! (Je crois qu’A.T. détesterait que j’utilise des citations latines mais mon frère d’armes Jean-Paul les adore)

  Le BHE n’est pas partout dans votre cerveau, réfléchissez une seconde avec moi, le système endocrinien est un vieux système et a ses propres systèmes de rétroaction et de régulation en connivence avec les plus anciens comme les communications paracrine et autocrine, le modèle Daisyworld rappelez-vous ! Sinon, cherchez dans l’un de mes anciens articles !

  Mais comme notre dernier né (le système nerveux) s’est greffé sur la plupart des anciens systèmes de communications c’est une autre longue histoire, croyez-moi sur parole ou consultez la physiologie des systèmes de rétroaction et de communication. Pour avoir la possibilité de sonder ou de renifler les hormones circulantes dans le sang (c’est une façon de parler) avoir un contact total avec elles, en d’autres termes un contact direct sans aucune barrière ! Et c’est le cas dans trois zones très spécifiques du cerveau, à notre connaissance l’hypothalamus, l’hypophyse et la glande pinéale ou épiphyse. En d’autres termes ces trois zones sont toujours en contact direct avec nos friandises et la voies d’évacuation des égouts...ça y’est, compris ?

  En bref : les perturbations de votre système endocrinien et des biorythmes ainsi que les fonctions de sommeil et de réparation des systèmes épithélial et glandulaire pourraient être en relation directe avec ce système de rétroaction très sensible à la faible concentration des eaux usées dans la voie d’évacuation ou à la façon dont les systèmes d’élimination des excréments font leur travail en maintenant le modèle Daisyworld du sang en équilibre pour ces parties du cerveau.

  Le pire que nous ayons vu est le métabolisme du glucose et ses systèmes de régulation, trop souvent et pendant trop longtemps sous le radar par un trop grand nombre ; et puis la fonction biliaire, toujours sous-estimée et mal comprise, le foie étant son principal égout privé.

  Il est à lui seul l’un des principaux responsables des dérégulations neuronales au niveau systémique et selon mon expérience empirique personnelle, l’un des principaux responsables du développement de la maladie dite de Scheuermann ou de la formation des nodules de Schmörl dans de nombreux cas chez les adolescents en poussée de croissance.... - mais c’est une toute autre histoire... dans laquelle le système nerveux joue un rôle secondaire ou plutôt est victime. ...mais c’est une autre très longue histoire que je mentionne dans le cours de Physiologie Evolutionniste, mais seulement de manière extensive s’il y a des questions spécifiques autour de ce thème car comme je l’ai dit c’est une longue histoire et un travail de longue haleine, mais regardez l’influence dans vos cabinets…et réfléchissez ...observez, connectez et raisonnez avec la Forme naturelle, n’est-ce pas ce que les ostéopathes devraient faire en fin de compte ?

  Et comme d’habitude nous avons commencé par la barrière hémato-encéphalique pour finir par Scheuermann et la fonction biliaire... c’est un tout et c’est sacrément difficile quand on pense à la complexité de la nature et à sa Forme, de découper un morceau du tout et de le restreindre à ça... cela me semble si peu naturel.... Quoi qu’il en soit, c’est mon fardeau et non le vôtre, cher lecteur, et j’espère sincèrement que vous avez apprécié cette petite discussion et que nous nous reverrons peut-être un jour....

Max Girardin

  Je vous salue des montagnes ensoleillées des Abruzzes, demain vol de retour pour les patients de la journée et ensuite départ pour Heidelberg pour quelques autres dissections et microscopies, et je me réjouis de revoir toute l’équipe...et peut-être l’un ou l’autre d’entre vous... Sur le chemin du retour en Italie depuis Heidelberg, j’ai été brutalement arrêté par une Skoda allemande qui a détruit mon adorable Defender... j’ai été secouru par mon fils Mick et mon beau-fils Maikel qui m’ont ramené ici où j’ai terminé l’article ce soir...avec une mention spéciale pour mon copain et frère d’armes physiquement inconnu Galin Genov qui m’a permis de rire tout haut d’une blague de patients sans souffrir le martyr à cause de mes cartilages costaux concassés. Merci encore Galin, celui-ci est pour toi mon Frère LOVE XXX

A la vôtre
Max Froissé...



Notez cet article
0 vote






Accueil | Contact | Plan du site | Se connecter | Visiteurs : 24 / 2007597

Venez nous suivre sur les réseaux sociaux :

       
Suivre la vie du site fr 

Site réalisé avec SPIP 3.2.16 + AHUNTSIC