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Communiqué du CNOV sur les pratiques médicales non conventionnelles ou non reconnues.

Créé le : lundi 25 octobre 2021 par Patrick Chêne

Dernière modificaton le : lundi 1er novembre 2021

En tant que rédacteur de l’ostéo4pattes qui a œuvré à l’ouverture de la médecine vers l’ostéopathie et médecines apparentées, je voulais mettre ici (plus bas) le texte complet du communiqué de l’ordre qui statue sur les médecines non conventionnelles. Trois points importants à extraire de mon point de vue :
- Par Force, L’ostéopathie animale est extraite du lot des fake médecines. Il ne peut en être autrement, l’ordre présidant à la remise du droit d’exercer des ostéopathes animaliers ne peut pas se dédire. Je n’ose pas imaginer si ce n’était pas le cas. Grand merci à ceux qui ont poussé l’ordre à ce résultat (grand combat mémorable).
- Pour satisfaire les zététiciens, autoproclamés gardiens de la science : Les autres "médecines" selon eux, sont non prouvées, non fondées et ne participent que d’un effet placébo de bon aloi. Donc toute action complémentaire à l’ostéopathie : médecine chinoise, homéopathie, fleur de bach, etc ... ne devrait pas être. La preuve d’une médecine est bien difficile à apporter de nos jours sans des kilos d’expériences pour faire des méta-analyses dans lesquelles on pioche les études qui vont bien [1] . Bref du temps et de l’argent que n’ont que les grandes industries ... et puis avec comme concept de base : la vie est biochimie, mécaniste et non vitaliste, les autres médecines passent à la trappe tout de suite. Elles ne peuvent officiellement être enseignées. Qu’en est-il alors de l’ostéopathie dont une partie est par héritage clairement vitaliste donc Fake ?
- Pour ne pas trop froisser les partisans des médecines conventionnelles : Ces médecines n’ont qu’un effet contextuel (placebo) que nous avons pour devoir d’avouer à nos clients. Et nous ne pouvons afficher au grand jour nos prescriptions scélérates, ni avouer ne faire que de la médecine non conventionnelle, mais on peut en conclure que l’on peut en faire ... (encore ?), mais qu’en cas de conflit avec un client ou une assurance, cela chauffera dur.

L’avis du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires est régulièrement sollicité quant à l’adéquation de pratiques non conventionnelles ou non reconnues en santé animale réalisées par des docteurs vétérinaires inscrits au tableau de l’Ordre, au regard de leurs obligations déontologiques.

En préambule, se fondant sur les définitions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Conseil national déclare considérer la physiothérapie et la rééducation fonctionnelle vétérinaires, la phytothérapie vétérinaire, et l’ostéopathie animale, exclues des pratiques qualifiées par l’OMS de non conventionnelles ou de non reconnues.

" L’exercice de l’art vétérinaire est personnel. Chaque vétérinaire est responsable de ses décisions et de ses actes ". Les dispositions de l’article R 242-33-I du Code rural et de la pêche maritime renvoient les vétérinaires à leurs responsabilités lorsque, après avoir établi un diagnostic vétérinaire conformément à l’article R 242-43 du même code, ils font le choix d’une démarche thérapeutique.

Ainsi, en l’absence de bases scientifiques validées, toute pratique non conventionnelle ou non reconnue qui ne peut prétendre qu’au seul effet contextuel [2]comme bénéfice pour l’animal, expose les vétérinaires à un engagement accru de leurs responsabilités déontologiques mais aussi civiles voire pénales. Le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires considère que ces pratiques ne doivent en aucun cas impacter négativement le pronostic vital de l’animal ou se substituer à un traitement médicamenteux dès lors que celui-ci s’avère nécessaire. Cette responsabilité est d’autant plus engagée que la démarche clinique ne se fonde que sur ce seul moyen et qu’il peut induire une perte de chance pour l’animal que la médecine fondée sur les faits et les preuves aurait pu réduire ou supprimer. Le diagnostic vétérinaire ne peut qu’être établi sur des bases scientifiques, la médecine vétérinaire étant basée sur la science.

Le Conseil national rappelle que la confiance du public ne doit pas être altérée par la mise en place de pratiques médicales non conventionnelles ou non reconnues et que le consentement éclairé du détenteur de l’animal doit être recueilli, ce dernier ayant été informé préalablement du traitement préconisé et des alternatives possibles. Si une pratique non conventionnelle ou non reconnue est choisie, le client doit être informé qu’en l’état actuel des connaissances l’efficacité du traitement relève au mieux d’un effet contextuel.

Le Conseil national déclare que le présent avis s’applique à l’exercice de la médecine et de la chirurgie des docteurs vétérinaires inscrits au tableau de l’Ordre, ainsi qu’à ceux des vétérinaires qui se situeraient délibérément hors du tableau de l’Ordre, en situation d’exercice illégal de la profession vétérinaire, pour mettre en œuvre de telles pratiques. Bien entendu, cet avis vise également les personnes non titulaires du titre de docteur vétérinaire qui revendiqueraient exercer de telles pratiques non conventionnelles ou non reconnues, sur la base d’un diagnostic établi par elles-mêmes en situation d’exercice illégal de la médecine vétérinaire ou en se prévalant d’une prescription établie par un vétérinaire.

Concernant la formation, le Conseil national considère que les pratiques médicales liées à l’effet contextuel ne peuvent donner lieu à la délivrance de crédits de formation continue. Ainsi, il est demandé aux organismes de formation de faire un choix entre le retrait de telles formations de leur catalogue afin de conserver leur capacité à délivrer des crédits de formation (ECTS) au titre de l’agrément de leur organisme de formation ou bien le maintien de ces formations avec pour conséquence la perte de l’agrément au titre de leur organisme de formation au profit d’un agrément avec attribution d’ECTS formation par formation.

Partant, les appellations par exemple de " vétérinaire homéopathe " ou de " vétérinaire naturopathe " et par exemple de " exercice exclusif en homéopathie " ou de " exercice exclusif en naturopathie " ne sont pas autorisées sur les documents professionnels des vétérinaires, ni dans les conditions générales de fonctionnement des établissements de soins vétérinaires, considérant que l’information des détenteurs des animaux doit être loyale, honnête et scientifiquement étayée, et qu’elle ne doit pas induire le public en erreur, abuser sa confiance ou exploiter sa crédulité, son manque d’expérience ou de connaissances.

A titre personnel de vétérinaire ostéopathe D.O., pratiquant une ostéopathie mécaniste, mais aussi vitaliste, l’homéopathie (sur les animaux seulement), la médecine traditionnelle chinoise (sans l’acupuncture), la musicothérapie, etc ... Je dirai que l’on s’enfonce surement vers un monde où la liberté de choix en médecine s’amenuise. Je dirai que pour des gens qui prétendent pratiquer le doute en permanence (fondement de la science), ils ont des avis bien tranchés sur ce qui est ou ce qui n’est pas. Tous les jours depuis trente ans je constate que certaines hypothèses médicales sont foireuses, mais qu’il n’est pas possible de le faire entendre. Je dirai que depuis trente ans de pratiques diverses, l’effet contextuel que je pratique donc, ne marche finalement pas si mal c’est le moins qu’on puisse dire. Je dirai que l’hypothèse vitaliste est une hypothèse qui répare admirablement les failles d’une médecine quantitative. Je dirai que vitalisme et mécanisme sont les deux faces d’une même pièce de monnaie. Je dirai que la médecine est une science ET un art ... et que chercher à tous prix à tuer le deuxième terme est une erreur stupide. Pour ma part à moins de 10 ans de la retraite, je vais continuer ainsi sans aucuns doutes parce que j’ai acquis assez d’expérience pour braver la tempête qui s’annonce. Mais si les jeunes ne trouvent plus de formations pour se tourner vers ailleurs quand ils constatent les faillites de la médecine factuelle alors, l’avenir s’annonce triste. Car n’en doutons pas, le combat ici n’est pas un combat de raison, mais un combat de pouvoir. Un mini combat à l’intérieur du grand théâtre médical actuel ..."soup opera" devrais je dire. P. CHN.

[1Lire l’article sur le glyphosate dans "Epsilon" de ce mois ci est assez édifiant à ce titre. On y apprend comment selon la sélection des études, on peut orienter le résultat des méta-analyses et comment les laboratoires financent des études largement favorables au produit quand au contraire les études indépendantes trouvent un résultat inverse, il en est de même en médecine factuelle que l’on peut ainsi orienter, penser le contraire me semble témoigner pour le moins d’une foi aveugle tant les scandales et marques de conflits d’intérêts sont fréquents. Pour info epsilon est la nouvelle revue dans laquelle se sont retranchés les journalistes après le rachat de science & vie par une boutique qui entend faire de l’article publirédactionnel la règle dans la vieille institution qu’était science & vie ...

[2Effet contextuel : correspond à l’ensemble des effets non spécifiques qui en médecine vétérinaire renvoient principalement aux biais subjectifs correspondant aux modifications d’appréciation et de jugement portés sur les critères de la maladie et leurs évolutions par le prescripteur et le propriétaire (définition de l’Académie Vétérinaire de France).



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