L’Ostéo4pattes - Site de l’Ostéopathie
Recherchez dans le Site :

Ostéopathie et Obstétrique

Créé le : samedi 12 juin 2021 par Magali Peris

Dernière modificaton le : samedi 12 juin 2021

Le présent article est une synthèse du mémoire : « De l’intérêt de l’ostéopathie dans la stagnation de la dilatation » réalisé à la fin de mon cursus d’études d’ostéopathie. Si la réforme du cursus de formation et l’évolution de la recherche en ostéopathie confèrent à ce document un parfum suranné, il convient de rappeler que cette étude a été réalisée, il y a un peu plus de 20 ans...

 Son objectif

Apporter une aide voire une solution ostéopathique pour relancer la dynamique du travail dans les cas de stagnation de la dilatation en salle d’accouchement.


L’obstétrique n’obéit pas seulement à des lois anatomiques, elle répond surtout à une biomécanique ignorée ou contrariée. La dilatation cervicale, qui n’est que l’un des mécanismes conduisant à l’accouchement trouve des explications dans différentes théories :
  • une théorie mécanique où le col utérin est décrit comme passif et subi les tractions exercées par les contractions utérines
  • une théorie plus complexe, dite de la dualité col-corps : le col constitue un système contractile faible mais autonome (cf les travaux du Pr CABROL, journal de gynécologie obstétrique & biologie de la reproduction 1980) et où le segment inférieur constitue un système tampon entre le col et le corps de l’utérus.

La dernière théorie est intéressante à double titre :

  • premièrement, le col bien qu’essentiellement composé de tissu conjonctif et pauvre en fibres musculaires est tout de même doté d’une activité contractile,
  • deuxièmement elle laisse entrevoir l’action d’un mécanisme neurovégétatif où le fin jeu de balance ortho et parasympathique permet d’expliquer le mécanisme de la dilation pendant le travail.
Ceci fait écho à la technique décrite par H.I MAGOUN dans son livre "PRACTICAL OSTEOPATHIC PROCEDURES" :

A real osteopathic delivery usualy shortens the period of labor and lessens the discomfort for the mother.
During the first stage of labor have the patient sitting on a chair, forearms bent at a right angle and resting on the operator’s chest as he stands in front, while he reaches around with both hands and arms to mobilise the lumbar and rotate the thoracolumbar junction.
This stimulates contractions and hastens normal delivery.
However with the onset of each pain the patient turns in her chair with her left side to the back of the chair. The operator sits on another chair, facing the patient’s right side. The operator’s left elbow is renforced by his left knee so that the fingers of his left and can be firmly placed over the patient’s sacrum with considerable pressure.This inhibits the pain quite effectively.
The operator’s right arm is placed across the patient’s abdomen with the soft part of the forearm engaging the fundus to give the uterus something to push against, this facilitating the delivery.
The operator’s right hand grasps the back of the patient’s chair for reinforcement. Repeating this stimulation and inhibition generally facilitates labor considerably and does it physiologically with the mother’s mechanism functioning much better than it could in the supine position. This is continued until the descending head necessitates straightening the legs and delivery is imminent. Then it will be more convenient to have the mother lying.

En français dans le texte :

Un vrai accouchement ostéopathique raccourcit généralement la période de travail et diminue l’inconfort maternel.
Durant la première partie du travail (jusqu’à dilatation complète pour les anglo-saxons) asseoir la patiente sur une chaise, ses avant bras pliés à angle droit et appuyés sur la poitrine du praticien qui se tient face à elle ;
Pendant qu’il se redresse en entourant de ses mains et de ses bras le sujet, il essaie de mobiliser les lombaires et fait faire une rotation à la jonction dorso lombaire.
Ceci stimule les contractions et hâte l’accouchement normal. Cependant, avec le démarrage de chaque contraction, la patiente retourne à sa chaise son côté gauche contre le dos de la chaise. Le praticien est assis sur une autre chaise face au côté droit du sujet. Son coude gauche appuyé sur son genou gauche dans un but de stabilité, afin que les doigts gauches puissent être placés fermement sur le sacrum avec une forte pression.
Ceci dans un but d’inhibition de la douleur. Le bras droit du praticien est placé côté abdominal du sujet, la partie souple de l’avant bras étant appuyée sur le fond utérin afin de donner un contre-appui à l’utérus.
La main droite saisit le dossier de la chaise (prend appui et renforce son action) pour renforcer l’appui utérin.
Réitérant cette stimulation-inhibition, on facilite généralement et considérablement le travail le rendant physiologique avec un mécanisme fonctionnel maternel bien meilleur que s’il avait été dans la position couchée. Ceci est continué jusqu’à la descente de la tête qui nécessite un allongement des jambes.
L’accouchement est imminent, il sera alors plus confortable de laisser la mère s’allonger.
Le principe d’action de la technique est une répétition alternée de stimulation et d’inhibition de l’orthosympathique. En effet, H.I MAGOUN travaille essentiellement sur un axe neurovégétatif :
  • la rotation au niveau dorso lombaire correspond à une stimulation sympathique, au niveau de la chaîne latéro-médiane du sympathique lombaire, qui a pour effet de stimuler les contractions utérines et donc de permettre un déroulement plus rapide du travail, il va sans dire que cette stimulation "sympathique" va avoir aussi un effet sur la douleur.
  • c’est alors qu’intervient la seconde partie de la technique : l’inhibition sympathique au niveau du sacrum, ce deuxième temps outre son effet antalgique, a aussi pour but de permettre un relâchement cervical. On retrouve ici le principe du bloc sympathique de l’analgésie péridurale (l’inhibition du sympathique, entraîne une relative augmentation du tonus parasympathique qui a pour effet de relâcher le col.)
C’est donc cette technique qui a inspirée, celle pratiquée en salle d’accouchement à la maternité du Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes, à l’époque sous la houlette du Professeur Pierre MARES avec l’accord de l’équipe médicale.

 Protocole de travail

  • 2 groupes de 12 patientes :
    • un groupe témoin
    • un groupe « ostéo »

 Critères d’inclusion

  • Primiparité
  • Grossesse unique
  • Age gestationnel > 38 semaines d’aménorrhées
  • Année de naissance des parturientes compris entre 1963 et 1975
  • Analgésie péridurale en cours
  • Stagnation de la dilatation > 2 heures
Toutes les patientes ont bénéficié de « l’arsenal thérapeutique » utilisé dans la prise en charge de la stagnation de la dilatation (ocytociques, antispasmodiques, etc...)

 Description de la technique ostéopathique effectuée

L’intérêt était de trouver un geste ostéopathique facile et simple dans sa réalisation.
L’adaptation de la technique décrite par H I MAGOUN, conduisait dans un premier temps à une mobilisation du sacrum dans ses différents paramètres de mobilité (anteflexion, postflexion, torsion droite et torsion gauche), puis la pièce sacrée était maintenue 90 secondes dans sa lésion jusqu’à obtenir en retour une mobilité équivalente en qualité. La parturiente pouvait à sa convenance être soit assise soit en décubitus latéral.
Sur le monitoring, une modification de la cinétique utérine était observable 30 mn après l’exécution du geste ostéopathique.
La reprise de la dilatation était accompagnée d’une modification de la consistance tissulaire du col utérin lors du toucher vaginal.

 Résultats

Sur les 2 groupes de 12 patientes, les résultats directs font apparaître :

Mode d’accouchementGroupe OstéoGroupe témoin
Voie basse 9 4
Césarienne 3 8
Total 12 12

Soit 66,6% de voie haute pour le groupe témoin contre 25% pour le groupe ostéo.

De façon plus détaillée

Mode d’accouchementGroupe OstéoGroupe témoin
Voie basse 4 3
Voie basse instrumentale 5 1
Césarienne 3 8
Total 12 12
Il est à noter que les décisions de césarienne répondaient à des indications différentes :
  • pour le groupe témoin :
    • la stagnation de la dilatation exclusive pour 6 cas
    • la stagnation de la dilation assortie d’une souffrance fœtale dans 2 cas.
  • pour le groupe ostéo :
    • la stagnation de la dilatation exclusive pour 2 cas
    • Une souffrance fœtale dans 1 cas

 Discussion et conclusion

Cette étude a été réalisée sur un faible échantillon de patientes, ce qui constitue un biais certain et limite probablement le caractère significatif des résultats.
D’autre part, une seule et même technique ostéopathique est appliquée, ce qui est très loin du principe de globalité qui nous est si cher.
Pour autant, peut-on refuser la pratique de cette technique sous son aspect « technique d’urgence » alors que les résultats obtenus laissent à penser que l’ostéopathie permet de relancer la dynamique du travail en salle d’accouchement...

Magali PERIS
Ostéopathe DO
Expert de Justice près la Cour d’Appel de Nîmes



Notez cet article
0 vote






Accueil | Contact | Plan du site | Se connecter | Visiteurs : 132 / 1473095

Venez nous suivre sur les réseaux sociaux :

       
Suivre la vie du site fr 

Site réalisé avec SPIP 3.2.9 + AHUNTSIC