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Ostéopathie crânienne pour le bébé

Pierre Renaudeau Ostéopathe D.O. Octobre 2014
Créé le : samedi 4 janvier 2020 par Pierre Renaudeau

Dernière modificaton le : dimanche 21 juin 2020

Ostéopathie crânienne pour le bébé : Nouvelles bases médicales et scientifiques

 Sommaire

Cet article se propose de redéfinir l’ostéopathie crânienne, pour les bébés, conformément aux découvertes en biologie de R. Schleip sur la plasticité neuro-fasciale, et aux données médicales connues sur l’élasticité, la plasticité de l’os, mais aussi la plasticité, la mobilité et, plus surprenant, la contractilité du crâne, palpable et curable en ostéopathie.

Introduction
I – Définitions
 A - Qu’est la lésion ostéopathique ?
 B - L’os cet élastique.
 C - L’os plastique.
 D - Le crâne, boîte mobile.
 E - Le crâne, boîtier de protection.
 F - Le crâne boîte de fascias.
 G - Le crâne contractile.
 H - L’accouchement.
II – Les lésions et leurs conséquences
 A - La plagiocéphalie
 B - Pneumogastrique et digestion du nouveau-né
 C - Occipito-mastoïdienne
 D - Frontal
 E - Temporaux serrage bilatéral
 F - Compression
III - Les corrections
IV - Conclusion

Résumé

Cet article se propose de redéfinir l’ostéopathie crânienne, pour les bébés, conformément aux découvertes en biologie de R. Schleip sur la plasticité neuro-fasciale, et aux données médicales connues sur l’élasticité, la plasticité de l’os, mais aussi la plasticité, la mobilité et, plus surprenant, la contractilité du crâne, palpable et curable en ostéopathie.
Le but est de démontrer la réalité scientifique de la lésion ostéopathique afin d’améliorer la communication avec le corps médical, et d’offrir ainsi un meilleur accès aux soins pour les bébés, après la naissance, évitant ainsi une foule d’effets secondaires de la lésion ostéopathique crânienne du nouveau-né.
Mots-clés, Tags : crâne, bébé, digestion, sommeil, élasticité, lésion ostéopathique, naissance.

Abstract

This article aims to redefine cranial osteopathy for babies, according to discoveries in biology R. Schleip on the neuro-fascial plasticity, and known medical data on the elasticity, plasticity of the bone, but also plasticity, mobility and, more surprisingly, the contractility of the skull, palpable and curable in osteopathy .
The objective is to demonstrate the scientific reality of the osteopathic lesion to improve communication with doctors, and so provide better access to care for babies after birth, avoiding a host of side effects cranial osteopathic lesion newborn.
Tags : skull, baby, digestion, sleeping, elasticity, osteopathic damage, birth.

 Introduction

Faisant suite à la publication de « La lésion ostéopathique : Essai de définition médicale et scientifique » (publiée sur le Site de l’Ostéopathie) il est apparu incontournable pour l’auteur que la nature biologique, scientifique, désormais connue [2], de la lésion ostéopathique et de sa correction s’impose dans tous les domaines de l’ostéopathie et permet désormais d’éclairer les effets thérapeutiques sous un jour nouveau, scientifique et médical et dénué d’effets ou d’explications ésotériques ou partisanes, qui ne font qu’obscurcir le débat avec le corps médical et nuisent au final à ceux que l’ostéopathie, tout comme la médecine, est censé servir : les patients qui ont besoin de soins.
Parmi ceux-ci, les bébés sont les plus démunis parce que privés par nature de tout moyen de défense. Lorsqu’ils ont besoin de soins, parce qu’ils souffrent, ils n’ont nul besoin des habituelles querelles entre les uns et les autres sur le fait « que ça bouge », ou « que ça ne bouge pas », s’agissant bien sûr du crâne et de ses diverses influences sur l’état de santé du nourrisson.
Ils ont besoin que l’on prenne leur souffrance en considération et que l’on leur apporte les meilleurs soins au regard des connaissances actuelles et des apports de la science, critères qui sont ceux d’une profession que l’on souhaite voir devenir profession de santé.
Il va être donc évoqué ici, pour le plus grand bénéfice des bébés, dont les pleurs ne sont pas banals, contrairement aux propos publics d’un certain pédiatre [1] mais dramatiques, l’avancée considérable, scientifique, liée aux travaux de R Schleipp [2] sur la nature de la lésion ostéopathique, appliquée aux lésions ostéopathiques crâniennes du nouveau-né et du nourrisson, leurs conséquences sur la santé du bébé, et l’amélioration thérapeutique apportée le plus logiquement et scientifiquement du monde par l’ostéopathie.

Ce travail cherche à éclairer le point de vue des médecins à qui la loi demande curieusement d’émettre des certificats de non-contre indications avant les consultations d’ostéopathie pour les bébés de moins de six mois (en vigueur en 2014).
Le refus d’émettre de tels certificats, tout à fait légitime par manque de compréhension de ce qui se passe en ostéopathie et de ce à quoi on peut s’attendre, a l’inconvénient majeur d’enfermer le bébé et sa mère dans un cercle de souffrance, dont l’issue est parfois une déformation incoercible du crâne, sans compter les troubles du sommeil, digestifs, puis relationnels induits secondairement à une souffrance physique permanente.

Il faut sauver le bébé. Il est l’avenir.

 Partie I - Définitions

Afin de ne pas réaliser une énième version de l’ostéopathie pour les bébés, l’auteur ne va pas reprendre les bases de cette discipline, dont plusieurs excellents auteurs ont déjà fait le tour de façon très aboutie. Le lecteur est renvoyé aux références en la matière. [3], [4], [5].
La démarche ici sera plutôt de répondre aux questions que se posent les membres des professions médicales (et paramédicales) à propos de ce que nous faisons sur les bébés. Et pourquoi ça marche ? Et qu’est-ce que ça soigne ? Et pourquoi bébé se bloque ? Et qu’est-ce qui se bloque ? Et comment ?
Dans le but d’y comprendre quelque chose, et d’un point de vue scientifique et médical, il faut redémarrer depuis des définitions claires, et des postulats démontrés.

Voyons cela sous forme de questions.

A. QU’EST LA LÉSION OSTÉOPATHIQUE ?

Puisque c’est ce que nous traitons chez le bébé, avant de voir comment elles se produisent, puis comment elles se corrigent, redéfinissons la lésion ostéopathique (qui n’est pas une dysfonction) en faisant référence à l’article « La lésion ostéopathique : Essai de définition médicale et scientifique » que le lecteur retrouvera sur le Site de l’Ostéopathie. La dysfonction somatique utilisée ça et là comme définition n’est qu’un compromis syndico-assurantiel sans aucune base scientifique objectivable, et donc sans aucun intérêt ni scientifique ni dans le cadre de cet article.

D’après les découvertes (Le fascia contractile) de R Schleipp, un biologiste allemand, le fascia, qui est le tissu fibreux réunissant toutes les parties du corps entre elles (chez l’homme comme chez les animaux), et est omniprésent de la tête aux pieds, est pourvu de mécanorécepteurs, qui sont des terminaisons nerveuses sensibles à la déformation cinétique, ainsi que de CELLULES MUSCULAIRES LISSES de petite taille identiques à celles des viscères. Ces cellules sont innervées par le système nerveux sympathique.
L’ensemble de cette mécanique fasciale nous montre sans ambiguïté que le fascia est PROPRIOCEPTIF (il renseigne le cerveau archaïque sur les déformations dynamiques du corps) mais aussi CAPABLE DE SE CONTRACTER, ce qui constitue une nouveauté peu connue. Le cerveau archaïque peut ainsi adapter la « forme » du corps, dans des limites étroites, ceci pour suivre une déformation potentiellement dangereuse et élargir le champ de flexibilité de la zone « étirée », afin de lui éviter la rupture. Il s’agit donc d’un réflexe de protection, dans l’urgence, comme s’en charge généralement le système sympathique, maître d’œuvre de cette activité. La particularité du cerveau archaïque est de trier le contexte d’une déformation d’une zone du corps de façon binaire en dangereuse ou inoffensive, comme il le fait pour tous les évènements de notre vie. Il (l’amygdale du cerveau probablement, en fait) mémorise les « dangereux » afin de reproduire immédiatement les mécanismes de défense en cas de retour, de répétition de ces évènements. Ce système est normalement efficace, mais parfois également excessif et « pourrissant » la vie du sujet sans bénéfices en termes de survie (les répétitifs de la dépression) [6].

Deux exemples 

Exemple 1 : Inoffensif

Un sportif qui accomplit un effort violent avec choc important n’est pas dans une situation dangereuse, pas dans la peur, l’amygdale ignore l’épisode de déformation, qui reprend ses paramètres initiaux après le choc, le cerveau archaïque n’induisant pas de changement dans le fascia. Dans le cas contraire, tous les sports laisseraient d’innombrables lésions ostéopathiques aux sportifs, et ceci à chaque séance. Tous les boxeurs seraient migraineux, etc. Nous savons qu’il n’en est rien, les stades seraient sinon déserts.

Exemple 2 : Dangereux

Un promeneur qui met le pied dans un trou et voit sa cheville entraînée en torsion de varus (talon vers l’intérieur) est surpris et cela met son cerveau archaïque (celui chargé de la survie) en alerte, car, dans la nature, la rupture d’un ligament de la cheville signifie la mort pour un animal (par incapacité à fuir ou chasser). L’évènement de torsion est ainsi instantanément classé par l’amygdale comme dangereux et intégré comme mémoire de référence (c’est l’un des mécanismes mis en évidence dans les dernières découvertes sur la dépression (31), (6), prête à se redéclencher à chaque torsion en varus, faisant ainsi « le lit pour les entorses suivantes ».

LA LÉSION OSTÉOPATHIQUE

La lésion elle-même, nous le savons aujourd’hui grâce à R Schleipp, est un réflexe sympathique de « relâchement » du tissu fibreux, conjonctif, étiré violemment par le traumatisme, et destiné à éviter la rupture du tissu concerné, le ligament collatéral latéral de la cheville dans notre exemple, en élargissant la fourchette de déformabilité de ce ligament. L’innervation sympathique est organisée de telle façon que ce relâchement s’accompagne automatiquement de la contraction (cellules musculaires lisses du tissu conjonctif) de la structure antagoniste. Ici c’est le ligament collatéral médial (interne) qui va se « contracter ». Le comportement (agoniste-antagoniste) est probablement identique à celui des muscles squelettique striés. La lésion ostéopathique de la cheville, à un ou deux étages (sus et sous astragalienne ou talienne), que chaque ostéopathe peut désormais identifier en observant que la mobilité en varus est plus facile (plus « élastique ») que la mobilité en valgus, est constituée. Elle s’exprime activement lorsque le mouvement du traumatisme initial se reproduit, mais aussi lorsque la main de l’ostéopathe explore la mobilité, en répondant instantanément par un relâchement du ligament latéral externe et une constriction du ligament latéral interne lors de la demande de varus puis de valgus.

L’enregistrement sus-mentionné par l’amygdale concerne alors pêle-mêle la torsion, la réaction du système sympathique qui constitue la lésion ostéopathique et la sensation de danger inhérent. La mémorisation entraîne la pérennisation de la lésion qui reste alors telle quelle comme une protection hypothétique contre la torsion de la cheville, et qui se traduit non pas par un « déplacement » géométrique, terme populaire toujours adulé des patients, mais par un déplacement vers l’intérieur de la zone d’élasticité de la cheville.

La preuve de ce système et de son orchestration par le cerveau archaïque nous est également apportée par R Schleipp, qui décrit dans ses expérimentations le fait qu’une personne anesthésiée ne présente plus à la palpation aucune lésion ostéopathique identifiable.

L’universalité de la présence de cellules musculaires lisses dans le tissu conjonctif nous indique également par simple déduction que le phénomène de la lésion ostéopathique ne concerne pas que les chevilles, mais tous les éléments conjonctifs du corps : Ligaments, fascias musculaires, tendons, dure-mère, périostes, fascias osseux…, et qu’elle n’est pas le fait des articulations, des vertèbres, qui sont seulement le lieu où l’ostéopathe peut prendre contact, tester et constater, mais du tissu conjonctif. (Conjonction : Rapprochement) [7] & [8] (Conjonction : Réunion).

Ses localisations (os longs, articulations, crâne…), et donc ses conséquences, sont très vastes.
Le lecteur est invité à consulter pour plus de détails l’article de l’auteur sur la « La lésion ostéopathique : Essai de définition médicale et scientifique » ou même les travaux de R Schleipp Directeur du Projet de Recherche sur le fascia, à Ulm, Allemagne, Plasticité fasciale, une nouvelle explication neurobiologique (2003).

B. L’OS, CET ÉLASTIQUE.

L’os est un élément fondamentalement élastique. Cela est du à sa composition : Le collagène est peu résistant à la pression (il se laisse écraser) mais très résistant à l’étirement et l’hydroxy-apatite qui constitue les cristaux durs de l’os, est résistante à la pression mais pas à l’étirement [9].

Cette composition binaire permet à l’os de se fléchir sans se rompre dans le mouvement (course, saut) et de résister aux écrasements des chocs (chute tête contre un arbre). Lorsque l’élasticité lui fait défaut, les fractures sont plus fréquentes (maladie des os de verre, vieillissement).

D’après les chirurgiens, le fémur, par exemple, peut se plier et se redresser sans dommages lors d’efforts intenses. [10]. L’auteur a d’ailleurs pu constater ce fait un jour sur une radiographie de contrôle du fémur en service d’orthopédie. Le patient, sportif, avait été opéré un an auparavant à l’aide d’un clou centromédullaire pour une fracture du fémur. La radio révélait un fémur parfaitement consolidé mais un clou centromédullaire cassé en son milieu. Chez ce sportif, les flexions du fémur en sport sont allées au-delà de la limite d’élasticité du titane qui s’est rompu, sans conséquences pour l’os l’entourant (référence expérience personnelle hôpital).

À propos de l’élasticité des prothèses en titane :

« Depuis une vingtaine d’années les alliages de titane sont volontiers utilisés. Ces alliages sont particulièrement intéressants pour les prothèses sans ciment en raison de leur élasticité plus proche de l’élasticité de l’os » [11].
Encore :« L’os est constitué d’une double structure : la structure organique (le collagène) et la structure minérale composée des minéraux unis à la structure organique. C’est cette dualité qui confère à l’os sa résistance et son élasticité » [12].

L’os semble donc bien élastique, ce qui est constaté par de nombreux médecins depuis des années.

C. L’OS PLASTIQUE

Puisque nous allons nous pencher sur le crâne de « bébé », quelques notions de biomécanique osseuse se doivent d’être évoquées. Elles sont issues d’un cours de médecine [13].

Il existe pour l’os, en cas d’application de contrainte mécanique (l’accouchement et ses pressions élevées sur la tête du bébé en feront partie), une zone d’élasticité, puis, au-delà d’un certain seuil, une zone de plasticité où l’os va changer de forme de façon permanente (correspondant à ce que nous appelons la lésion ostéopathique intra-osseuse), puis, au-delà encore, c’est la zone de rupture, de fracture (page 2). Ce changement de conformation est nommé écrouissage pour les matériaux (changement de forme avec déplacement de la zone d’élasticité). Encore : « Les os de l’enfant ont un module plus bas que ceux de l’adulte et ils absorbent plus d’énergie avant de se fracturer (p.5). Il existe chez l’enfant une large zone de déformation non élastique. (Déformation plastique) […] Et, « La viscoélasticité de l’os lui permet de mieux s’adapter aux contraintes : – si on applique une charge sur un os, il se déforme instantanément » (p.7).

[…] Également, page 7/22 : « Si la charge est maintenue, l’os continue à se déformer pendant 55 jours ; – après 55 jours, la déformation atteint 153 % de celle qui avait été obtenue après les 2 premières minutes. » Ce mécanisme n’est pas sans nous évoquer les déformations osseuses de la scoliose, dans laquelle les tensions mécaniques issues de la dure-mère, elle-même mise en tension par les déformations plastiques du crâne du bébé induisent les déformations vertébrales, progressivement croissantes, et ne récupérant pas spontanément…

L’os est donc non seulement élastique, mais également déformable, écrouissable, comme l’évoquent les travaux ci-dessus. Ceci entraine qu’une pression appliquée de façon continue entrainera une déformation conséquente, inscrite au fil du temps dans la forme de l’os. Concernant les os du crâne, si une telle pression est exercée par une lésion ostéopathique, la déformation sera inexorablement au rendez-vous dans le cas de figure où rien n’est fait pour la lever. L’on peut déjà entrevoir ici l’effet délétère en termes de plagiocéphalie qu’auront une pression violente sur l’occiput (accouchement), puis le coucher à plat dos, reproduisant perpétuellement une pression induisant ce réflexe qu’est la lésion ostéopathique.

Mais avant d’aller plus avant, il convient de poursuivre le tour du crâne, en termes de définitions, car celui-ci est beaucoup plus qu’une simple boite osseuse.

D. LE CRÂNE, BOÎTE MOBILE

Oui, le crâne bouge, cela a été ressenti par trop de praticiens pour être inexistant et balayé d’un simple revers de main.
Non, le crâne ne bouge pas, au sens d’une articulation comme le coude ou le genou, les os du crâne ne tournent pas les uns autour des autres.
Alors que se passe-t-il donc ?

C’est un CHIRURGIEN ET ANATOMISTE qui vient éclairer notre lanterne : Jules Cloquet, dans son Manuel d’anatomie descriptive du corps humain  [14], écrit :

« Les os que nous venons d’étudier isolément sont articulés les uns avec les autres, et ne forment, pour ainsi dire, qu’une seule pièce, la boîte osseuse du crâne ». […] « Dans l’état frais, on trouve entre ces articulations [les sutures crâniennes], surtout chez les jeunes sujets, une substance fibro-cartilagineuse qui est très propre à augmenter l’élasticité du crâne, et à décomposer les mouvements qui peuvent lui être imprimés » (p.30).
« Peu de temps après la naissance, le crâne est très mince ; ses parois sont FLEXIBLES » (p. 56).
« Dans l’âge adulte, le crâne, […] les sutures deviennent de plus en plus étroites et serrées ; la SUBSTANCE FIBREUSE QUI RESTE DANS LEUR EPAISSEUR, envahie chez le vieillard par le phosphate de chaux, finit par disparaître » p.56).

Ce chirurgien nous explique l’essentiel, et ce n’est pas un ostéopathe. Les parois osseuses du crâne du bébé sont FLEXIBLES, et afin d’augmenter les capacités de compliance du crâne, les intervalles, les interstices plutôt, entre les os de la voûte crâniennes sont habités par une substance fibro-cartilagineuse, donc fibreuse (tissu conjonctif innervé, R Schleipp) et en cartilage, souple par nature.
Tout est prévu pour que le boitier qui protège ce que nous avons de plus précieux à la naissance, et qui va faire notre destin d’homme, ou de femme, le cerveau, puisse se plier de façon surprenante aux exigences de l’accouchement, que nous reverrons plus loin. Il est impossible du point de vue de la génétique et de l’évolution que les tissus observés par ce chirurgien sur de nombreuses interventions et autopsies ne soient pas présents au sein des crânes de nos bébés actuels…

Il ressort des différentes études ci-dessus évoquées, et toutes le fait de personnes, médecins, chirurgiens ou scientifiques, sans rapport avec l’ostéopathie, que le crâne, surtout celui des enfants, bouge, est flexible et même plastique, c’est un fait scientifique liée à la biomécanique du tissu osseux. Il parait rationnel que la présence de sutures fibro-cartilagineuses ne soit due qu’à la nécessité, lors des chocs, d’augmenter la compliance du crâne, évitant ainsi davantage de fractures, dans l’accouchement mais aussi lors des chutes éventuelles, facteur de survie supplémentaire dans l’évolution. (schéma ci-après) C’est sur cette mobilité, mécanique, scientifique, que nous travaillons en ostéopathie, comme sur une cheville ou un poignet, parce que le lien entre les tissus est toujours le même : le tissu conjonctif fibreux dont le lien est le collagène, scléroprotéine complexe, constituant essentiel des fibrilles et fibres du tissu conjonctif ainsi que des os et du cartilage.

 E. LE CRÂNE, BOITIER DE PROTECTION

L’os est là essentiellement pour protéger.
(Son autre fonction essentielle est de stocker des minéraux pour échange à volonté avec le plasma sanguin. Ce mécanisme a permis aux espèces animales de quitter les milieux marins, emportant avec l’os une réserve des minéraux des mers primitives).

Chez l’adulte la structure des plaques constituant la boîte crânienne est un système composite en sandwich :

Une table externe et une table interne constituent les deux tranches de ce sandwich, avec entre les deux tables de l’os spongieux trabéculaire : le diploé.

Le système est ainsi celui de la double coque, comme sur les sous-marins. La lésion de l’enveloppe osseuse externe (table externe) n’entame pas la sécurité de l’ensemble.
Le mécanisme n’est pas sans nous rappeler la structure des bras de grue, calculée pour la rigidité, la transmission des forces sur la distance, la légèreté.
Lorsqu’un choc du crâne contre un obstacle dur se produit, l’impact est d’abord absorbé par la table externe, légèrement déformable, comme tout os. La suite de la contrainte est répartie sous la table externe en diffusant de façon excentrique, se répartissant ainsi dans le diploë, qui peut microfracturer sans conséquences notoires autres qu’un hématome localisé.
Si la contrainte mécanique n’est pas épuisée, elle vient pousser la table interne, qui utilise son degré de flexion, du même ordre que celui de la table externe. L’ensemble ainsi en flexion de convexité, se voit faciliter la déformation par la lésion ostéopathique, qui vient relâcher la tension mécanique des fascias internes qui sont essentiellement la dure-mère, associé à un resserrement du fascia fronto-occipital et du périmètre externe de la paroi osseuse de la voûte crânienne (galéa aponévrotique entre muscle frontal et muscle occipital).
Un reste supplémentaire de poussée résiduelle va fracturer les os de la voûte, la table externe d’abord, l’interne ensuite, hématome extra-dural à la clé.
Dans le degré de gravité suivant, la dure , la dure-mère est déchirée par élongation, avec à la clé les gravissimes hématomes sous-duraux.

Notons que le port d’un casque consiste à tripler l’enveloppe, avec un effet d’éloignement de l’impact direct sur le crâne par rapport à la force des traumatismes. Par exemple, le port du casque en vélo diminue de 97% les risques de fractures du crâne, ou ramène les lésions effectives à 55 Km/h au niveau de celles de 11Km/h [15].
Mais nos chers bébés n’ont pas à affronter des chocs contre des troncs d’arbres ou autres contondances, et c’est pourquoi, à la naissance, comme nous le montre l’anatomie, leurs os crâniens ne comportent qu’une seule table, sans diploé, d’os plus souple que chez l’adulte, et présentant de grandes plages fibreuses entre eux.

Leur traumatisme est tout autre : L’accouchement. Nous y reviendrons.

F. LE CRANE BOITE DE FASCIAS.

Le crâne n’est pas qu’une boîte osseuse, contrairement à ce que peuvent laisser croire les études médicales, dans lesquelles on passe de longues heures sur des crânes desséchés et rigides. Sur le vivant, l’os est une inclusion au sein d’un magma fibreux qui existe bien avant le squelette, reflet fidèle, comme l’essentiel de l’embryologie, de l’évolution ayant conduit la vie du Picaya, petit ver marin, aux différents ascendants poissons, amphibiens, reptiles mammaliens puis mammifères, de l’être humain.
Cela est particulièrement évident au moment de la naissance, où nombre de plaques osseuses du bébé ne sont pas en contact. (facteur qui permet d’ailleurs à celles-ci de se chevaucher pour diminuer le volume).
Les plaques osseuses du crâne s’emboitent avec des reliefs que connaissent bien les ostéopathes et les anatomistes, reliefs qui permettent un contact serré avec un tout petit peu de ce que les artisans nomment « du jeu ». Le modèle mécanique qui s’en rapproche le plus est peut-être la « queue d’aronde », qui permet la liaison ET le jeu des pièces liées.
Même monté très serré, ce mécanisme permet un peu de « jeu », soit une très légère mobilité. C’est l’ajout du fond qui finit de rigidifier la boîte.

Dans le crâne, le lien entre les os est assuré par les sutures crâniennes dont on peut observer ci-dessus la similarité de l’engrènement avec la queue d’aronde (rétention et mobilité limitée) mais aussi par un double tapis fibreux tapissant les faces endo et exo crâniennes des os. En face endocrânienne c’est la dure-mère, forte nappe fibreuse qui assure ce rôle. En externe, c’est le périoste et les fascias fronto-occipitaux et temporaux (Galéa aponévrotique (Kamina)) qui verrouillent les os entre eux.
De plus, répondant à un besoin de cohésion tridimensionnel, la dure-mère se dédouble sur la ligne médiane et s’accole en feuillets sous la voûte pour former la faux du cerveau, se prolongeant en arrière par la faux du cervelet, médiane également. Cette structure gère sur un plan mécanique la possibilité de déformation antéro postérieure du boîtier crânien, ceci en s’opposant à l’éloignement du frontal et de l’occipital, tel un cordage antéro-postérieur.
Mais le système va plus loin, par la présence de la tente du cervelet, tendue entre les deux os temporaux, chapeautant le cervelet, le séparant du cerveau, mais également reliée transversalement à la faux du cerveau. La tente se présente comme la faux, comme un frein à l’écartement potentiel des os temporaux vers l’extérieur, mais sa courbure laisse imaginer plus de souplesse que celle de la faux. Le système, disposé en croix, laisse imaginer que la mise en tension de la faux fait descendre le milieu de celle-ci, relâchant d’autant la traction qu’elle exerce sur la tente, permettant alors un relâchement de la traction de maintien exercée par la tente sur les temporaux. C’est l’ensemble de la mécanique de mobilité crânienne qui est permis par ce système de membranes intra crâniennes, un système de tension réciproque pré contraint, offrant une élasticité modérée alliée à une grande cohésion.

Ce n’est pas la forme des biseaux des os crâniens qui permet le mouvement sous contrainte, mais l’ensemble du système os-membranes, dont la mobilité sculpte au fil du temps, lors de la croissance, les biseaux osseux, qui ne sont donc que le reflet de cette activité. D’ailleurs, les biologistes savent que lorsque l’on cultive des os crâniens en milieu physiologique, ils se développent à peu près sous leur forme prévisible, mais sans aucun biseau à leur pourtour.
L’ensemble de la boîte crânienne est donc prévue pour une cohésion maximale, il y va de la pérennité du cerveau, le plus fragile des organes, mais également pour une mobilité modeste, une motilité, persistant le long de la vie, apportant une augmentation de résistance de la boîte aux traumatismes, un compromis entre la coquille dure de l’œuf, solide, mais se brisant d’un coup en atteignant sa limite mécanique, et l’œuf mou sans coquille, malléable et ne craignant pas de se déformer, mais déchirable.
Le crâne étant un élément tri composite, avec de l’os, des fibres mais aussi de l’eau, qui apparait avant la fibre, ses caractéristiques mécaniques présentent des paliers (évoqués plus haut) lors des traumatismes, qui repoussent beaucoup plus loin les limites de la dangerosité pour notre crâne.

En l’absence d’os, la moindre branche pointue aurait perforé le cerveau de nos ancêtres.
En l’absence de tissu fibreux, les chocs pourraient disloquer les plaques osseuses entre elles, créant de graves lésions du cerveau.
En l’absence d’eau, l’os devient cassant, et les chocs les plus banals aboutiraient à des fractures, en sport, par exemple.
En l’absence de sutures enfin, la boîte crânienne serait plus rigide et se fracturerait plus facilement, donc plus souvent. Les sutures représentent ce que l’on a appris à faire dans les ponts pour éviter la rupture, des joints de dilatation, comme il en existe également sur certains revêtements rigides. Il s’agit souvent d’une bande de plastique adhérente aux deux bords et les reliant avec souplesse.

Notons enfin un « détail » anatomique pourtant essentiel, souvent occulté dans les ouvrages d’anatomie par la présentation en deux parties, l’une avec le rachis et l’autre avec la tête, il s’agit de la continuité de la dure mère depuis le tapissage interne de la boîte crânienne jusqu’au sacrum. Elle est adhérente aux deux premières vertèbres, puis normalement librement coulissante à l’intérieure du canal rachidien jusqu’à la pièce sacrée à laquelle elle s’attache fermement, liant mécaniquement ce qui se produit au niveau du frontal, ou des autres os du crâne au comportement mécanique du sacrum. Toute lésion ostéopathique de la dure mère aura un retentissement sur ses deux extrémités, puisqu’elle est composée de tissu conjonctif.

G. LE CRÂNE CONTRACTILE

L’ensemble du crâne est donc conçu pour la solidité et la mobilité, ou plutôt, plus modestement la motilité, tant les paramètres, réels, sont réduits, mais palpables et indispensables. Cette motilité, particulière au crâne, mais palpable dans tout le corps sous le nom de MRP, décrite en premier par William Garner Sutherland, reprenant des travaux du XVIIIe siècle peu connus de Swedenborg [16] semble bien présente tout le long de la vie, liée à cette présence mentionnée par Jules Cloquet [14] de liens fibreux se comblant très lentement de « phosphate de chaux » pour ne disparaître que chez le vieillard. Ce qui empêche ces liens de disparaitre avant un grand âge ne peut être que la motilité du crâne, celle-là même qui a créé les biseaux engrenés entre les os plats du crâne, et qui les entretient toute la vie.
Si aucune mobilité n’existait entre les os du crâne, ces biseaux disparaitraient après la naissance. Il n’en est rien.

Mais il y a plus encore désormais.

Suivant les découvertes de R Schleip, il nous faut considérer le fait incontournable que les tissus fibreux du crâne sont innervés par le système nerveux sympathique, et portent en leur sein des terminaisons nerveuses proprioceptives, ainsi que des cellules musculaires lisses, comme tous les tissus fibreux du corps humain. L’ensemble de cette mécanique, chapeautée par le cerveau reptilien, permet donc d’affirmer que le crâne est non seulement une boîte solide, flexible, mais aussi contractile, et susceptible de présenter, comme toute autre région du corps, des lésions ostéopathiques suite aux traumatismes.
Lors d’un choc sur le vertex par exemple, le crâne (ses membranes) va recevoir l’information de l’application d’une force importante et rapide sur les bords internes des deux os pariétaux vers le bas. Ce n’est pas une bonne chose car le cerveau est en dessous, et l’information (cellules proprioceptives) sera forcément classée instantanément comme danger par l’amygdale, centre des risques pour la survie, avec une réaction immédiate d’assouplissement de la suture inter pariétale, pour allonger la zone de flexibilité en étalement de la voûte, ceci afin de protéger l’os au point d’impact en répartissant l’effort dynamique sur les sutures de la périphérie du pariétal. La contre réaction de support de la première cervicale exercée contre l’occiput est un deuxième facteur enregistré et traité immédiatement comme menaçant. Le relâchement des sutures entre occiput et temporaux va permettre d’allonger encore un peu la course et diminuer la résistance brute de la base du crâne. Ces changements seront enregistrés par l’amygdale et constitueront la lésion ostéopathique dite « de flexion » que les ostéopathes travaillant sur le crâne retrouveront à la palpation dix, quinze ans après, intacte, et modifiant l’élasticité du crâne dans une sorte d’aplatissement dynamique de celui-ci. Cette lésion, très rapide laisse au cerveau les centièmes de seconde nécessaire pour orchestrer les reste de ses réactions, plus longues à établir, flexion du cou, du tronc, voire des membres inférieurs pour échapper au traumatisme.
Dans ce mécanisme, la disposition de la faux du cerveau et de la tente du cervelet va aller dans le même sens, la descente de la faux (bord internes des pariétaux) (qui permet à la tente de s’abaisser donc de s’écarter) permettant l’écartement des temporaux. Ce mécanisme épargne à notre espèce un nombre conséquent de fractures du crâne qui seraient autrement graves pour le pronostic vital. Mais la lésion ostéopathique, en flexion (terme d’ostéopathie crânienne), ainsi constituée, va modifier le fonctionnement de la boite crânienne, limitant l’amplitude de certains mouvements au sein de celle-ci, avec pour conséquences divers troubles selon la région gênée. Il n’est pas dans le propos de cet article de les envisager, il y a trop de cas de figures différents, mais l’on peut évoquer deux exemples, bien connus des ostéopathes :

1. La mise en tension de la partie inférieure de la suture médiane créant une traction supérieure à ce qui est prévue pour la Dure-Mère constitue un point nociceptif, ou irritatif, déclencheur de crises d’épilepsie. Ces cas d’épilepsies (qui ne recouvrent pas tous les cas d’épilepsies) se résolvent par un traitement d’ostéopathie crânienne, qui remet le dispositif « dans ses rails » en levant la lésion ostéopathique, donc les tensions irritatives déclenchantes.

2. Le biseau des os temporaux et pariétaux étant très longs, le moindre changement dans leur fonctionnement se traduit par des tensions mécaniques supérieures à celles des autres sutures. La gêne occasionnée sur l’artère méningée moyenne, qui enjambe intérieurement ces sutures, est un facteur irritatif déclencheur de migraines à répétition. Ces migraines (et seulement celles-là) disparaissent volontiers après un traitement d’ostéopathie crânienne.

Nous reverrons d’autres cas de figure chez le bébé, qui doit, lui, affronter le traumatisme de la naissance, armé de son crâne plus mou que solide, mais si flexible qu’il en est surprenant, et si efficace.

Un exemple

Afin d’illustrer et non pas de prouver (un seul exemple n’est pas une preuve scientifique) l’auteur propose un cas clinique réel rencontré il y a une vingtaine d’années et propre à aider à cerner l’utilité de l’ostéopathie crânienne :

Présentation :
Ce garçon de cinq ans est amené à mon cabinet par sa maman. Il présente un double strabisme, vertical à droite et horizontal à gauche, associé à un problème de myopie. S’ensuivent évidemment des problèmes de lecture (il est en C-P) et il est suivi par un ophtalmologiste qui a prévu une intervention sur les deux yeux. C’est d’ailleurs là la motivation de la démarche de la maman, qui a entendu parler de l’ostéopathie. L’enfant est suivi en orthophonie, ne présente pas de problèmes ORL ni d’antécédents traumatiques, de mémoire de maman.

1° séance
L’urgence liée à la gêne visuelle importante me pousse bien sûr à examiner et à corriger soigneusement la boîte crânienne : des lésions nombreuses, chaque lésion diminuant la motilité palpable autour d’elle : Sont corrigées La SSB (symphyse sphéno basilaire) (Torsion droite, Vertical strain haut) Malaire droit en rotation interne, Temporal gauche en rotation externe, Occiput intra-osseux, Sphénoîde intra-osseux ( les os et leur double enveloppe conjonctive peuvent être le siège de lésions ostéopathiques qui sont des torsions mécaniques sur eux-mêmes enregistrées et fixées par le système tissu conjonctif-cellules musculaires lisses-cerveau archaïque) . La séance est terminée par un lift frontal de rééquilibration.
Compte-tenu du problème et afin d’évaluer grossièrement l’évolution, je confectionne rapidement quelques fiches sur bristol de test visuel. Elles sont constituées de bandes noires espacées régulièrement et dont je vais demander à mon jeune patient combien il en voit. En horizontal et en vertical successivement. Je trouve en tâtonnant la distance à laquelle il en voit quatre au lieu de trois et la note pour les séances suivantes

Une deuxième séance est programmée.

2° séance :
Cette séance va voir corrigés le palatin, le maxillaire supérieur, le frontal, suivi d’un travail sur la tente du cervelet via les temporaux et un test direct sur les globes oculaires.

3° séance 8 janvier 1994
Amélioration nette mentionnée par la maman. Sont corrigés dans cette séance le sphénoïde, l’occiput, les temporaux par rapport à l’occiput, le frontal par rapport au sphénoïde, le maxillaire supérieur droit par rapport à l’adnexa (les os autour), ainsi que le gauche, puis j’étends les tests, enfin, au reste du corps avec le sacrum par rapport à l’occiput qui montre un whiplash (tension résiduelle de la dure-mère suite d’un traumatisme). Le reste du rachis ne présente rien de marquant. Est enfin dépistée une bascule du bassin de 10 mm à gauche associée à des pieds plats. Les tests crâniens en fin de séance sont harmonieux, ce qui signe habituellement la disparition de toutes les lésions ostéopathiques du crâne.

Le test visuel avec les bandes alternées montre une disparition des strabismes.

Le bilan lors de la visite suivante chez l’ophtalmologiste confirmera la disparition des deux strabismes, ainsi qu’une amélioration notoire de la myopie, ce que l’ophtalmologiste ne comprendra pas, car la maman sachant qu’il est « anti-ostéopathie » ne lui en parlera pas, ce que l’auteur a toujours trouvé regrettable. C’est d’ailleurs là l’une des raisons racine de cet article, la communication avec le corps médical.

Pour la petite histoire, l’ophtalmologiste était mécontent d’annuler l’intervention, déjà planifiée, mais l’enfant était très heureux de pouvoir lire même sans lunettes, devenues trop fortes. A la dernière séance, il s’est souvenu « s’être pris une poutre » en plein front en courant dans un grenier après un copain…
Pour la compréhension, ce genre de choc crée une suite de lésions ostéopathiques depuis l’os comprimé jusqu’à épuisement de l’énergie du choc.
Concernant le frontal, nous y reviendrons plus loin.
L’on voit donc que les lésions ostéopathiques engendrées par les traumatismes ne sont pas à prendre à la légère et peuvent engendrer des conséquences redoutables pour la santé, que l’on peut contrer par un traitement ostéopathique bien conduit.

Maintenant, pour revenir à nos moutons, les bébés, pourquoi diable présentent-ils des lésions ostéopathiques, alors qu’ils étaient confortablement installés dans l’utérus maternel ?

H. L’ACCOUCHEMENT

L’accouchement marque la fin de la vie intra-utérine somme toute confortable et protégée, car pour pouvoir poursuivre sa vie, le sujet humain doit sortir du ventre maternel. Cet épisode est relativement violent, contrairement à l’image idyllique du nourrisson enfin né que l’on peut voir dans les bras de sa maman.
Comme le décrivent en effet les obstétriciens, l’accouchement se présente comme une opération mécanique avec trois facteurs : une filière osseuse, canal de passage (très élastique jusqu’au bassin osseux, mais quasiment de même diamètre que la tête du bébé), un moteur utérin puissant et si efficace qu’il peut parfois se rompre dans les accouchements dystociques, et un « mobile » le mobile fœtal, autrement dit le bébé, sorte de « projectile » qui sera soumis à de telles pressions, qu’il s’exonèrera par l’orifice naturel avec lenteur et difficultés, dans des contraintes énormes. L’espèce humaine paie un lourd tribut en termes d’effort d’accouchement dû au fait d’avoir les plus gros cerveaux du règne animal, proportionnellement au canal génital.
Donc, lorsque le travail se déclenche, et dans le cas de figure habituel de présentation en OIGA, l’utérus, poche musculaire entourant le fœtus, commence à exercer des contractions de plus en plus puissantes sur le bébé.
Celui-ci est alors normalement placé tête en bas, l’occiput à gauche de la symphyse pubienne et la face tournée vers l’articulation sacro iliaque droite.
Les poussées s’exercent sur le haut contre son bassin, membres inférieurs repliés. La répartition des forces est harmonieuse, large, exercée par tout le corps utérin. La situation est positive, le bébé n’est pas en souffrance, la maman pas inquiète, ces facteurs ayant une importance pour le fœtus en termes de ressenti de stress.

A sa partie inférieure (sa tête qui est en bas) le bassin de la maman opère une réaction aux forces de poussée exercées par l’utérus et transmises par le corps du bébé. Les lois physiques font que la tête pousse sur le bassin pour le dilater, l’écarter. C’est un effort mécanique particulier et important pour la tête d’un bébé, et selon la zone où il appuie, la résistance sera plus ou moins forte, avant que le passage ne cède un peu de terrain. A chaque poussée, la tête du bébé est « forcée » contre un relief du bassin maternel, qui est moins régulier et moins doux que le fond de l’utérus. Ainsi, l’occiput, au fur et à mesure de la progression de la tête, est « râclé » contre la branche ilio, puis ischio pubienne gauche. Ce relief inextensible sert de pivot pendant que l’arrière (son visage en fait) de la tête du bébé progresse contre le sacrum, qui lui laisse du mou en opérant son mouvement d’extension, nommé nutation par les obstétriciens, afin de laisser reculer sa partie inférieure. Lorsque le diamètre est étroit, le crâne est donc forcé d’avant en arrière par la branche ischio pubienne et le sacrum, soit pour le bébé, une compression d’avant en arrière sur l’occiput en arrière et le frontal en avant. Si le bassin n’offre pas de possibilités suffisantes, c’est le crâne du bébé qui va gagner du mou en laissant le frontal chevaucher les pariétaux par le dessus, et l’occiput chevaucher les pariétaux également par le dessus. Le bébé gagne ainsi de la place et gagne la partie, qui est tout de même de naître, mais au prix d’une imbrication imprévue entre les quatre os principaux de sa voûte. Les ostéopathes, et les pédiatres sont ainsi nombreux à avoir pu observer des bébés ayant ces « marches d’escalier » sur les sutures lambdoïdes (entre pariétaux et occipital) ou coronales (entre frontal et pariétaux)… Il est souvent déclaré aux parents que « ça passera tout seul », mais hélas, ce n’est pas toujours le cas, et lorsque ces sutures se fixent au lieu de récupérer leur mobilité naturelle, c’est la plagiocéphalie qui s’installe, ou pire la crâniosténose, soudure prématurée des os du crâne avec arrêt de développement en volume du cerveau, ce qui débouche sur une intervention, lourde.

Dans le travail de l’accouchement, les forces appliquées par le fond utérin se répartissent harmonieusement sur toute la moitié inférieure du bébé, le propulsant vers le bas sans créer de points d’appui particuliers, sur le bassin et les membres inférieurs ainsi que le tronc. Les forces se transmettent plus bas (vers la tête du bébé) à partir de la colonne cervicale et via celle-ci vers l’occiput. Les contraintes sont donc maximales sur l’occiput, qui reçoit la contre réaction de la tête, en appui sur le plancher pelvien et contre le bassin osseux.

Il est donc aisé de comprendre que la zone occiput- première cervicale sera en première ligne de constitution de lésions ostéopathiques liées à des forces très importantes. L’occiput lui-même coincé entre les deux temporaux serrés par le pelvis, les tissus fibreux unissant ces trois os produiront parfois des lésions de « serrage » des sutures occipito-mastoïdiennes, dont les conséquences sont bien connues de tous ceux qui soignent des bébés. Nous y revenons plus bas.
Dans les accouchements dystociques, les choses s’aggravent, et selon la position de la tête du bébé, des lésions ostéopathiques pourront se créer entre les cervicales, en position de flexion postérieures (présentation frontale), sur la mandibule (présentation de face)…
Les possibilités mécaniques sont trop nombreuses pour les énumérer toutes, et une recherche minutieuse d’un ostéopathe bien formé sera indispensable pour détecter puis corriger toutes les lésions faisant suite à l’accouchement, avant que certaines d’entre elles ne débouchent sur une modification de la croissance osseuse (plagiocéphalie, voir plus loin), crâniosténose, [17].

Cette modification de la croissance osseuse générée par la présence d‘une pression permanente plus élevée que prévue est la raison pour la quelle il ne faut pas attendre au-delà de trois semaines lorsqu’on suspecte un accouchement difficile, que l’on se rend compte que le bébé pleure sans arrêt, ne dort pas normalement, digère avec douleur, bref souffre anormalement.

Un bébé né normalement, via une présentation OIGA, lors d’une durée modérée de progression (quelques heures) qui n’a pas souffert d’asphyxie, de procidence (cordon autour du cou), qui ne fait pas un poids excessif au-dessus de la moyenne (3,350 Kg), nait puis récupère et vit en mangeant, dormant et souriant sans difficultés particulières. On peut aller jusqu’à affirmer, par l’expérience de l’auteur, que lorsque ce tableau idyllique ne l’est pas, il y a quelque chose de mécanique ou de médical à diagnostiquer chez ce bébé, puis à traiter. Deux exemples pour illustrer le propos :

1. Prévention :
L’auteur reçoit régulièrement des bébés dont les parents, informés, souhaitent faire un bilan ostéopathique pour leur petit. C’est une démarche de prévention.
Il lui arrive assez fréquemment de recevoir des bébés qui n’ont, après examen ostéopathique, aucune lésion à corriger. Des bébés bien dans leur peau. Nous ostéopathes, ne trouvons donc pas systématiquement des lésions chez tout le monde, l’auteur trouve cela plutôt rassurant, la nature fait souvent bien son travail.

2. Dépistage :
Il est arrivé plusieurs fois à l’auteur de recevoir des bébés qui hurlent littéralement toute la journée, quand ce n’est pas la nuit, sans que médecins ou pédiatres ne comprennent pourquoi. L’examen ostéopathique, ne montrant rien de correspondant à ces problèmes, l’examen de routine de la paroi abdominale a retrouvé plusieurs fois une hernie ombilicale, parfois proche de l’étranglement, et à opérer d’urgence, redonnant ensuite le sourire à ces bébés. L’ostéopathe a aussi ce rôle de dépistage, lorsque personne n’ayant pensé, dans ces quelques cas, à ouvrir la couche du bébé…

Quelques situations particulières d’accouchement ou pré-accouchement créent des lésions spécifiques à prendre en considération :
Les forceps prennent la tête du bébé en oblique et serrent parfois la région fronto-périorbitaire en avant et l’occipito-mastoïdienne du côté opposé en arrière. La ventouse créée une tension mécanique vers le haut entre les deux os pariétaux. La version, tentative obstétricale de retournement d’un fœtus se présentant par le siège impose des contraintes appuyées sur la tête ou le bassin du bébé selon les gestes du gynécologue. Il est d’ailleurs à noter que la version ostéopathique, sollicitée par certaines patientes informées, propose, la maman en quadrupédie et bébé reposant à travers la paroi abdominale sur les mains du praticien ostéopathe, des points d’appui simplement basés sur le poids du bébé dans cette position qui lui permettent de se désengager en douceur du bas du bassin suffisamment pour pouvoir se retourner spontanément, SANS AUCUN APPUI EN FORCE, dans les quelques heures suivant la séance. L’appui précoce intra-utérin dans le fond du bassin crée des tensions mécaniques permanentes sur la tête du bébé entrainant des déformations précoces visibles dès la naissance, assez difficiles à récupérer. La césarienne, enfin, considérée comme non traumatisante, crée pourtant un effet de choc sur le bébé lorsqu’on ouvre la cavité utérine, ceci étant du au passage brutal de la pression de l’accouchement (sauf lorsqu’il n’est pas entamé) à la décompression brutale. Le blocage concerne alors les deux extrémités de la colonne (occiput et sacrum) comme dans les accidents de la route (Whiplash) [18].

Maintenant, après ce panorama mécanique succinct de l’accouchement qui permet de comprendre pourquoi les bébés peuvent présenter des lésions ostéopathiques, pourquoi s’en soucier ? Pourquoi les traiter ?
À cause de leurs conséquences.

 II. LES LÉSIONS ET LEURS CONSÉQUENCES

Il est désormais plus aisé, grâce aux découvertes de R Schleip sur le fait que le fascia est contractile (réf. le fascia contractile [2]) de comprendre les effets d’un resserrage (une contraction des cellules musculaires lisses en fait) du tissu conjonctif lié à une lésion ostéopathique.
Toutes les lésions ostéopathiques du crâne du bébé n’ont pas une incidence directe en termes de pathologie, comme le chevauchement de la suture coronale, mais participent à une structuration anormale de la boîte crânienne produisant des pathologies « plus loin » en termes de mécanique inter osseuse.

A. LA PLAGIOCÉPHALIE

Il se trouve que les ostéopathes soignent la plagiocéphalie chez les enfants avec un taux de succès non négligeable depuis les années soixante en France, car cette pathologie repose sur des propriétés particulières de la boîte crânienne, particularités intégrées dans le panel des connaissances médicales outre-Atlantique, mais pas en Europe.
Lorsque le corps médical s’intéresse à la plagiocéphalie, il y a une lacune de taille, qui est la cause de ces plagiocéphalies. Depuis peu, on incrimine, sans preuves scientifiques, la position allongée sur le dos. Cela n’est pas scientifique, car si la condition était suffisante, tous les bébés, ou presque, qui dorment ainsi auraient un problème d’aplatissement de l’occiput. Ce n’est pas le cas, fort heureusement, car toute pathologie ne se déclenche que lorsque la SOMME de ses conditions d’apparition est complète. Tout comme la farine ne fait pas le gâteau, la position couchée ne suffit pas à aplatir le crâne. Il faut un facteur différentiel, présent chez les enfants touchés, qui, ajouté à la position couchée sur le dos, provoque et entretient l’aplatissement du crâne.
Ce facteur, ignoré du corps médical, c’est la lésion ostéopathique de l’occiput, fortement sollicité mécaniquement lors de l’accouchement, voire plusieurs lésions ostéopathiques au sein du même crâne après l’aventure mouvementée de la naissance, et ses forces de compression qui peuvent atteindre 7 Kg par cm².

Le crâne en effet, est une boîte extrêmement complexe constituée de beaucoup plus que simplement d’os.

L’os des plaques crâniennes, incomplètes à la naissance, est, donc, extrêmement souple, capable de se fléchir pour s’adapter au passage par la filière génitale. Il faut savoir en effet que le diamètre moyen de cette filière est de l’ordre de 11 cm, le même que le diamètre moyen des bébés à la naissance. Notre espèce est arrivée à une limite, qu’elle ne peut dépasser pour l’instant, dans la grosseur du crâne (donc du cerveau) à la naissance. Nous sommes l’espèce qui a le plus gros cerveau (proportionnellement au corps) à la naissance.
Le prix à payer, est un véritable moulage de passage du crâne. Aplatissement à droite ou à gauche, allongement vers le sommet, aplatissement du front, puis flexion puissante vers l’arrière au moment de la sortie sont au rendez-vous.
Le crâne assume très bien ces déformations grâce à ses propriétés élastiques, mais parfois, celles-ci restent, c’est la plagiocéphalie, la tête en « pain de sucre », etc.

La vraie, la seule question que devrait se poser tout scientifique ou médecin travaillant sur ce sujet, c’est POURQUOI, parfois, ça reste.

Lorsque la tête du bébé est aplatie violemment par une poussée utérine, le système d’adaptation (cerveau archaïque-système nerveux sympathique-celleulle musculaires lisses du tissu conjonctif) explicité plus haut va relâcher les fibres conjonctives entourant l’os d’un côté du crâne pour permettre à celui-ci de se déformer sans rupture (c’est ça le but essentiel de ce mécanisme, tout comme pour l’entorse de cheville) tout en contractant le côté opposé dans la logique de l’innervation et sa symétrie, droite-gauche, interne-externe.
Si le bébé subit en plus un stress important, asphyxie (travail long) cordon autour du cou (étranglement ressenti) angoisse forte ou chronique de la maman, son cerveau archaïque va se sentir en danger, et la déformation du crâne sera classée par l’amygdale, centre maître des émotions et des réflexes de survie, en « Danger, se rappeler ». C’est la mémoire de la lésion ostéopathique.
Une fois l’accouchement terminé, bébé aura un plat occipital et la persistance, ou la disparition, du stress feront que l’amygdale conserve ou déclasse la lésion, comme devenue inutile, ou toujours utile.

Ce qui continue à stresser les bébés à ce stade, c’est la perte de la maman (rare heureusement), l’absence d’allaitement au sein, (le contact corporel étant ce qui rassure le plus le bébé), le retard à l’oxygénation et l’angoisse, très compréhensible, des parents face aux problèmes des nourrissons. A ce stade, un bon pédiatre ou une sage-femme, qui explique et rassure, est important.
Chez un certain nombre de bébés donc, la lésion ostéopathique, résultat d’un traumatisme et d’un stress, va perdurer, et le contact sur l’oreiller (pression) va re déclencher à l’infini le réflexe sympathique de contraction des fibres conjonctives péri-osseuses, de l’occiput en l’occurrence. L’amygdale continue en effet à interpréter le signal « pression » comme dangereux. La présence de cette contraction, qui s’accompagne d’un relâchement du « tonus conjonctif sympathique sur l‘autre côté (l’autre côté de l’occiput) va immédiatement influencer la croissance osseuse, car la pression ralentit la croissance de l’os. L’asymétrie de l’os va rapidement s’installer dans la forme même de celui-ci, donnant au bout de dix à vingt et un jours, une plagiocéphalie visible, qui va déclencher l’inquiétude justifiée des parents, la consultation auprès du médecin qui dira la plupart du temps que « quand il y aura des cheveux… » (sic).

Bien sûr, on peut attendre, mais tout se joue dans les premières semaines.

B. Pneumogastrique et digestion du nouveau-né

La position OIGA voit d’autre part le côté droit de l’occiput du bébé, zone de l’articulation occipito-mastoïdienne, glisser contre le pubis gauche de la maman, qui est une zone dure, sans rembourrage musculaire. Le serrage y est donc appuyé. Pendant ce temps la face du bébé glisse contre l‘articulation sacro-iliaque droite de la maman.
Une conséquence très fréquente, bien connue des mamans, des pédiatres et des médecins, est constituée par des troubles inexpliqués de la digestion, la plupart du temps à bases de coliques (contractions trop fortes et douloureuses de l’intestin).
Dans ce cas de figure, où temporal droit et occiput ont été serrés l’un contre l’autre par l’accouchement puis maintenus par une lésion ostéopathique qui ralentit la croissance osseuse dans la zone dès les premiers jours, les tissus responsables de ce serrage permanent de la suture occipito-mastoïdienne sont ceux qui unissent les deux os, soit le fascia occipital et la dure mère qui les tapisse à l’intérieur. La dure mère « passe par-dessus » les trous ou orifices crâniens en tapissant ou en manchonnant les éléments qui y passent et en établissant une continuité fibreuses avec le périnèvre, dans le cas des nerfs.

Or, entre occiput et temporaux, passe le pneumogastrique, ou nerf vague ou X° nerf crânien, desservant son innervation d’ordre parasympathique au bronches, au cœur et surtout à l’ensemble du système digestif.
Il est aisé d’imaginer qu’une gêne d’ordre mécanique autour de ce nerf (la tension de la dure-mère qui rapproche l’occiput et le temporal) va perturber la conduction de certaines de ses fibres, par compression, probablement par chasse des liquides intra et extra cellulaires permettant la dépolarisation (effet de la compression sur les fibres nerveuses [19].
D’après Guy Lazorthes [20], la section des fibres destinées aux viscères digestifs déclenche des diarrhées. Chacun sait, pour l’avoir vécu, que les diarrhées s’accompagnent de contractions anarchiques, douloureuses du colon et du sigmoïde, et d’exonérations impérieuses et douloureuses. C’est le tableau des coliques du nourrisson, qui se tortille de douleur, comme le rapportent les mamans.

Petit aparté sur le bol intestinal
Le contenu de l’intestin, bien souvent tenu en mépris, est l’aboutissement du broyage, de la dissolution salivaire, du découpage chimique à l’acide chlorhydrique, à la pepsine, à l’émulsion aux sels biliaires, puis pancréatiques d’une matière naturelle appelée nourriture, tout ceci afin de la transformer en l’équivalent d’un compost, meilleure comparaison que l’on puisse trouver, dans le domaine agricole, « compost » qui est le seul capable de nourrir nos cellules au travers du travail de filtre et de captage de la muqueuse intestinale. C’est, cette matière qu’on a dénommée « merde », notre terreau nourricier, ni sale ni inutile, et elle assure notre survie. L’humain est un mammifère qui, comme les premiers animaux, transporte avec lui son lit de terreau, dans son sac intestinal, nourricier, afin de ne pas être obligé, comme les végétaux, de rester fixé au sol toute sa vie. Elle représente, cette matière injustement méprisée, notre liberté d’action, notre santé, et est une piste d’avenir de par les nombreuses relations chimiques et immunitaires qu’elle entretient avec le reste du corps.

Pour revenir au colon, et ses coliques, le rôle physiologique du colon est de retenir le plus longtemps possible cette manne d’eau et de sels minéraux à récupérer, jusqu’à épuisement de ses ressources, ce qui est suivi de l’éxonération de la matière devenue fécale, plus guère utile pour l’humain, mais encore indispensable au sol pour y reconstituer la base organique qui a nourri les plantes qui ont nourri l’humain…
Donc, une diminution de la commande du pneumogastrique sur le colon se traduit par des diarrhées, parce le colon ne retient plus, qu’il ne travaille plus ou trop peu, laissant les matières s’en aller. Dans un autre ordre d’idée, l’excès de zèle du colon, lié alors à une chute de stimulation sympathique, va engendrer une constipation par rétention trop prolongée, c’est un autre sujet.
Dans la base du crâne de notre bébé, le pneumogastrique, qui fait un coude pour s’engager dans le trou déchiré postérieur, ou foramen jugulaire de nos jours, est donc largement exposé à la pression de la dure-mère environnante.

.La situation diffère alors selon que la gêne concerne le pneumogastrique droit ou le gauche.

Kamina nous offre une description succincte du pneumogastrique, mais d’après Guy Lazorthes [20], de par la rotation d’origine embryologique de l’estomac, le pneumogastrique droit est embarqué vers l’arrière et se dessert majoritairement à la masse viscérale intestinale, rejoignant entre autres l’innervation sympathique via les nerfs splanchniques.
La gêne mécanique due à une lésion ostéopathique de naissance occipito-mastoïdienne (la même qui engendre le plat occipital droit, par freinage de la croissance) va avoir pour conséquence une baisse de la fonction du colon, parfois aussi du grêle, entrainant de fréquentes, voire omniprésentes coliques, douloureuses, le bébé se tortillant pour lutter contre la douleur, et ceci perturbant ses nuits et ses jours, car le réveillant dans son sommeil.
Toujours grâce à Guy Lazorthes, nous savons que le pneumogastrique gauche s’enroule, lui, devant l’estomac pour se distribuer majoritairement à celui-ci et ses sphincters, puis à tout le système hépato-biliaire. La baisse de fonctionnement de ce X gauche va entraîner une moins bonne commande des sphincters de l’estomac, associée à un ralentissement de la sécrétion biliaire, qui est le chef d’orchestre de la digestion, forçant l’estomac à s’aligner sur sa lenteur. Le temps de digestion du bébé est donc allongé, d’où un bol gastrique dont les sucres du lait fermentent plus que nécessaire, et avec un cardia peu tonique au moment de l’évacuation du chyme vers le duodénum, d’où des remontées acides vers l’oesophage.

C’est le tableau physiologique du reflux (sans hernie hiatale) du nourrisson.

Ce reflux se manifeste environ trois heures après chaque repas, même la nuit, ce qui a la particularité clinique de voir bébé se réveiller toutes les nuits en pleurant, trois heures après chaque repas, ceci parce que le reflux fait mal par l’irruption d’un liquide acide dans l’œsophage (faiblesse de serrage du cardia, sphincter supérieur de l’estomac). Bien évidemment, pour « nettoyer » l’œsophage, n’importe quelle maman remarque vite que boire un biberon soulage immédiatement bébé, tout comme un adulte boit un verre d’eau (ou de lait !). Et le reflux se re manifeste trois heures après, et bébé se réveille. Beaucoup de professionnels de la santé et d’ostéopathes croisent régulièrement ce tableau, et il est particulièrement irresponsable de déclarer aux parents qu’il s’agit de « pleurs banals » [1].
Pour les bébés qui ont la malchance de s’être verrouillé les deux côtés de l’occiput contre les temporaux, les deux syndromes sont présents, coliques et reflux, un tableau plutôt sévère qui épuise les parents, les inquiète, et les voit ainsi souvent se faire traiter d’anxieux, quand ce n’est pas de responsables de l’état de leur bébé. On change et on rechange de lait, sans succès.
Les coliques sont aisées à diagnostiquer d’après la description de la maman ou l’observation directe, et le reflux se diagnostique d’après les signes cliniques liés aux réveils anormaux, leur rythme, et sur la présence d’une langue blanche (au lieu de rose) à distance des prises de lait (valable chez l’adulte aussi).

Bien sûr, on peut attendre, mais tout se joue là aussi dans les premières semaines pour la plagiocéphalie, et les problèmes digestifs qui peuvent souvent être solutionnés par l’ostéopathie, qui va lever les lésions ostéopathiques responsables des signes physiologiques.

C. Occipito-mastoïdienne

L’OM, en jargon ostéopathique, est la suture occipito-mastoïdienne, comportant le foramen jugulaire, très important parce que contenant le nerf pneumogastrique, mais aussi, en avant de lui, le nerf glosso-pharyngien (ou IX° nerf crânien) responsable de l’innervation de la langue et du pharynx. L’innervation mixte de ces deux régions fait souvent passer inaperçu des difficultés à déglutir liées à une lésion ostéopathique occipito-mastoïdienne.

En arrière enfin, nous passerons sur la veine jugulaire, sort la racine céphalique du XI° nerf crânien, le spinal, dont dépend l’innervation du trapèze. La gêne au niveau de ce nerf va engendrer une différence de tonus de base entre les deux muscles trapèzes droit et gauche, venant renforcer un torticolis congénital déjà initié par l’asymétrie de tension des muscles verniers entre l’occiput et les deux premières cervicales.

On peut déjà entrevoir également comment ces subtiles différences de tension au départ vont modifier la croissance osseuse avant d’orchestrer une déformation progressivement descendante du rachis en scoliose, considéré par le corps médical comme idiopathique (sans cause connue).

Là aussi on peut attendre, mais tout se joue dans les premières semaines, où beaucoup de choses sont rattrapables par levée des lésion ostéopathiques.

D. FRONTAL

Lorsque l’on examine un os frontal, en rajoutant mentalement le fait que chez le bébé, les deux parties droites et gauches sont unies par la suture métopique, non ossifiée la plupart du temps à la naissance, il est aisé d’imaginer qu’un bébé « passant » en force son frontal gauche contre le sacrum maternel va voir la pression sur ce côté beaucoup plus importante que sur le côté droit (tout cela en OIGA) avec un effet de déformation allant dans le sens de l’aplatissement de l’hémi-frontal gauche, sur cet os très souple de bébé. [14]

Or, entre autres utilités, le frontal est le couvercle supérieur de ce boitier multi-osseux qu’est l’orbite. Dans le système de suspension de l’œil, les tendons oculomoteurs émergent tous sauf un du tendon de Zinn, à l’émergence du nerf optique. Telles les rênes d’un cheval, le système est parfaitement centré pour assurer une tension équilibrée dans les quatre directions susceptibles d’être imposées au globe oculaire par le cerveau et les muscles oculo-moteurs dans le cadre fonctionnel de la vision. Centré par ses fascias émergeant du fond de l’orbite, l’œil peut, déjà, être désaxé très légèrement par l’aplatissement de l’hémi frontal. Ce type de diplopie de naissance est souvent très vite compensé par le cerveau, dans la mesure où les deux yeux ne présentent pas de grosse différence fonctionnelle (myopie, hypermétropie ou astigmatisme). Plus insidieuse est la tension créée par notre aplatissement à gauche sur l’oblique supérieur, ou plutôt devrait-on dire le changement de tension mécanique.

Richement innervés, les muscles oculomoteurs sont les plus rapides et les plus sensibles du corps. Un changement de tension mécanique est invariablement traduit, ou perçu, par le cerveau comme un mouvement, en l’occurrence : une élévation-adduction et rotation interne (fonction de l’oblique supérieur) simulée par le relâchement créé par la perte de concavité de la voûte sus orbitaire du frontal gauche. Le cerveau va donc imposer le même mouvement à l’autre œil dans un souci constant de garder la vision binoculaire bien superposée (voies réflexes courtes). En fait l’autre œil va ainsi se décentrer et voilà bébé embarqué dans une diplopie fonctionnelle dans laquelle le cerveau immature va chez certains sujets se compenser (hétérophories compensées), chez d’autres voir abandonner progressivement la vision de l’œil le plus faible, jusqu’à l’évolution, si rien n’est dépisté, vers une cécité unilatérale, souvent irrécupérable.

Dans le premier cas de figure, malgré des difficultés dans les activités d’apprentissage, nous retrouverons ces sujets vingt à trente ans plus tard avec un strabisme discret apparaissant à la fatigue, après le travail sur ordinateur (problématique qui engendre à cause du couplage neurologique entre les muscles oculomoteurs et les muscles cervicaux, des cervicalgies rebelles chez l’adulte).

Si rien n’est fait par un ostéopathe pour inciter le cerveau à lâcher la lésion ostéopathique qu’il a instaurée sur le frontal gauche, la diplopie, diagnostiquée, va orienter le bébé vers un chirurgien en ophtalmologie qui va corriger la longueur des muscles incriminés par chirurgie, pour recentrer la vision binoculaire.

E. TEMPORAUX SERRAGE BILATERAL

Ce paramètre est plus rare, car le diamètre bi temporal n’est pas le plus élevé au moment de l’accouchement entre les diamètres de la filière génitale. Mais ce paramètre, peu considéré en médecine classique, semble présent dans des troubles du comportement étudiés outre Atlantique comme liés à un état autistique (étude John Upledgerr 1978-1980, Centre Régional Scolaire Intermédiaire de Genessee pour l’autisme) (19), avec une corrélation significative à 0,001 près. (Corrélation entre la classification autistique du Dr RIMLAND et la classification de la gravité de compression de la base du crâne retrouvée en double aveugle à la palpation ostéopathique).

Signalons enfin que John Upledger a établi deux corrélations dans ses travaux sur les enfants, leurs lésions ostéopathiques et leurs troubles scolaires [21] :

Citons-le, p 346 : « Point 3. Les calculs de probabilité (tableau 3 et 7 ) supportent l’existence d’une relation positive entre l’évaluation totale des restrictions de la mobilité crânio-sacrée (lésions ostéopathiques crâniennes) et la classification « anormale », « problèmes comportementaux », « difficultés d’apprentissage scolaire », faite par les responsables scolaires, et les problèmes de coordination motrice diagnostiqués à la clinique M.S.U ».

Et, signant l’origine de ces problèmes citons-le à nouveau : Point 4 :

« Il y a une relation positive entre un nombre élevé de restrictions de mobilité cranio-sacrée (n’oublions pas que le sacrum est mécaniquement lié à l’occiput par la dure-mére NDLA) et les antécédents de complications obstétricales à la naissance (tableau 5 et 7).

F. COMPRESSION

La compression, dans un sens antéro-postérieur, de la boîte crânienne est un mode de lésion qui se rencontre en consultation d’ostéopathie. Il n’existe que peu de données, à la connaissance de l’auteur, sur ce problème, mais ce type de paramètre est, de connaissance empirique d’ostéopathe, accompagné de troubles du comportement à type d’hyper activité très marquée, source d’agressivité avec le temps lorsque ces enfants ne sont pas compris et canalisés. Notre époque permet de juguler le problème à l’aide de médications, ou à l’aide des soins ostéopathiques, mais en d’autres époques, cet état était recherché, sans doute dans le but de créer de bons combattants, les notions de noblesse et de pouvoir étant de temps immémoriaux liées à la force et au combat. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle on retrouve des pratiques d’aplatissement du crâne (par bandage, planches attachées) chez les Mexicains, les Burgondes (ancètres des Germains), eux-mêmes inspirés des Huns (peuple guerrier) et en France chez des « barbares de l’élite » [22] [23] [24]. Ces cas montrent également qu’à l’instar de la lésion ostéopathique et de sa force permanente, l’application volontaire et durable d’une force mécanique déforme la boite crânienne de façon irréversible une fois à l’âge adulte.

Ce qu’il convient d’essayer d’entrevoir désormais, à la lumière de tous ces éléments, c’est que nombre de naissances créent des lésions ostéopathiques, qui engendrent ensuite elles-mêmes des problèmes de santé, des difficultés scolaires ou d’adaptation, tout ceci constituant une bonne raison pour se pencher sur le problème de ces bébés, dont la variété des symptômes n’est que le reflet de la variété des lésions ostéopathiques siégeant dans leur boite crânienne.

 III. LES CORRECTIONS

On peut en effet, c’est la spécificité de l’ostéopathie, traiter ces déformations actives, par l’action spécifique de la main de l’ostéopathe.

Si la lésion ostéopathique a une origine mécanique, une pression judicieusement appliquée, dans une ambiance de soins chaleureuse (c’est très important pour ne pas restresser le cerveau du bébé) peut déprogrammer cette lésion vis-à-vis de l’amygdale (cerveau archaïque, n’a rien à voir avec celles de la gorge). L’ostéopathe palpe et ressent les différences de flexion entre les os dans différents paramètres évalués au cours de la séance, et peut ainsi proposer au bébé l’appui de ses doigts selon les axes exacts du traumatisme pour laisser le crâne se relâcher entre ces appuis, qui accompagnent en douceur le léger changement de conformité, retour vers la forme normale, sans casque, ni mécanismes contraignants. L’ostéopathe se contente, après les 7 Kg par cm² de l’accouchement de 50 à 100 g /cm² de pression pour accomplir ce soin. La lenteur compense la force du traumatisme pour parcourir le même chemin à l’envers, sans efforts intempestifs, sans stress ni danger.

La particularité de ces soins est qu’il est nécessaire de les entreprendre très tôt, dès trois semaines, surtout si l’on peut déjà voir une plagiocéphalie, si l’on suspecte des conditions difficiles avant (bébé placé bas très tôt) ou pendant l’accouchement, (forceps, ventouses, césarienne). La loi a placé un obstacle, injuste pour les bébés, en demandant aux ostéopathes de n’intervenir qu’après un certificat de non contre-indication à l’ostéopathie établi par un médecin, pour les bébés de moins de six mois. Certain bébés passent ainsi, par refus de certains médecins, à côté des soins indispensables pour les débarrasser de ce qui reste un problème important aux conséquences nombreuses, digestives (les coliques du nourrisson, dues au serrage du nerf pneumogastrique droit entre l’occiput et le temporal, ou le reflux généralement du au serrage du nerf pneumogastrique gauche) ou plus tardives dont la scoliose, sans compter les problèmes relationnels progressivement induits par la souffrance du bébé.

Cette absence de soin peut conduire à une déformation de plus en plus importante, voire à une craniosténose dont les conséquences sont redoutables et bien connues depuis fort longtemps sur le cerveau, que ce type de soudure empêche de se développer en volume [25].

Cette pathologie nécessite une intervention chirurgicale où l’on recrée… des sutures entre les os du crâne.

Félix Régnault, dans son article sur l’Oblitération prématurée des sutures crânienne [25] écrit :

« L’oblitération d’une suture à engrènement osseux, sur un crâne qui se développe encore, provoque des déformations inverses des précédentes : dépression /au niveau de la suture soudée, os aminci en cette région par la poussée cérébrale ; cette dernière est prouvée par l’intensité des empreintes sur l’endo-crâne. Nous avons envisagé la soudure de la suture à la période fœtale, l’oblitération peut être plus tardive, quand le crâne n’offre plus de parties membraneuses, et que les sutures présentent un engrènement osseux, et néanmoins, cette oblitération peut être prématurée et s’effectuer, alors que le crâne s’agrandit encore. La déformation du crâne est en ce cas bien différente, la suture oblitérée et la portion voisine d’os forment dépression au lieu d’être en saillie. L’oblitération de la suture coronale à cette période produit le crâne réniforme… La soudure simultanée des deux sutures coronale et lambdoïde du même côté, amène une asymétrie du crâne : le pariétal arrêté dans son développement est aplati et en retrait par rapport au pariétal opposé ;

Sur le site Magicmaman.com [26], le Professeur Michel Odièvre écrit :

« Les sutures prématurées crâniennes ou les craniosténoses « sont liées à la fusion prématurée d’une ou plusieurs sutures crâniennes ; elles ont pour conséquences une déformation du crâne et peuvent être responsables d’un conflit de croissance entre crâne et cerveau (hypertension intracrânienne chronique) qui peut laisser des séquelles visuelles et mentales. La fréquence des craniosténoses est estimée à environ 1 pour 2000 naissance. ». (Ceci contredit complètement le point de vue du Dr Pedespan [1], la soudure n’est pas la norme, mais bien une pathologie. NDLA)

Et « Le traitement est chirurgical ; il vise à décomprimer le cerveau, reconstruire une anatomie normale et restaurer une croissance ultérieure. La première année est la plus favorable à l’intervention chirurgicale. »

Et Laurent Riffaud, dans son étude sur les crâniosténoses [27] ajoute ; « Un syndrome d’hypertension intracrânienne avec retentissement visuel s’installe dans les formes multisuturaires (brachycéphalie 30%, oxycéphalie 60%, formes atypiques multisuturaires 40%) et dans les craniosténoses syndromiques.
Dans cet article, on peut également voir un certain nombre de tomodensitométries en 3D montrant, même à l’âge d’un an, les sutures normales, non soudées, visibles, et les sutures soudées de la crâniosténose, devenues invisibles, mais pathologiques.
Un point d’importance enfin : aucun ostéopathe sérieux n’écarte les nourrissons du traitement classique et sait au contraire renvoyer le bébé vers un médecin, un spécialiste qui convient à son cas. C’est d’ailleurs le but de l’auteur de poser ici, à travers ce travail de communication, des jalons pour travailler de concert avec le corps médical, pour le meilleur traitement des bébés. tab Conclusions

 IV. Conclusion

Mesurée et évaluée, l’ostéopathie l’est et de plus en plus :

Par exemple, l’étude de J. Upledger publiée en 1989, [20] concernant les dysfonctions de la base du crane : John E Upledger a réalisé entre 1978 et 1980 avec le Dr Rimland, autorité marquante dans le domaine de la psychologie infantile, une étude en double aveugle montrant que les enfants les plus classiquement autistes dans la classification du Dr Rimland avaient en parallèle une compression de la base crânienne, détectée aux tests ostéopathiques , avec une corrélation positive dans un rapport significatif à 0,01 près [10].

D’autres études sont publiées dans diverses revues ou sites Internet. Ainsi :

Les Protocoles d’études scientifiques en ostéopathie de la SEFO [28]
La revue de l’Ostéopathe qui publie dans son 1er numéro différentes études sur les traitements ostéopathiques [29]
Sur Passeport Santé.net : L’Ostéopathie soulagerait les maux de dos, même à long terme ( [30].
A somatic component to myocardial infarction publié dans le BMJ (British Medical Journal) [31].
Le blog Microstéo reprend un article du site La Nutrition.fr  : L’ostéopathie soulagerait le mal de dos durant la grossesse [32].

Ayant, comme de nombreux ostéopathes, soigné à ce jour des centaines de bébés (et non pas quelque cas anecdotique), je ne me souviens pas avoir reçu ces parents jeunes et désemparés dont parlent certains pédiatres [1], mais au contraire des parents informés, ayant parfois déjà eu un enfant, sans les problèmes du deuxième, et cherchant une réponse après avoir consulté médecin, pédiatre…

N’étant pas des spécialistes des difficultés d’adaptation psychique du nouveau né, nous ne passons pas les séances à réconforter les parents ou le bébé, ce n’est pas notre rôle, il y a les puéricultrices, les sages-femmes et les psychologues ou pédopsychiatres pour ça. Nous traitons le tissu conjonctif, et les douleurs inhérentes aux changements mécaniques de celui-ci, et pas le tissu relationnel !

J’aimerais ajouter à quel point je suis gêné d’entendre parler de pleurs ou de douleurs banales de l’enfant [1] ou de cheveux qui vont cacher la déformation (sic). Pour nous, ce sont des drames qui nous mobilisent pour en trouver la cause, physiologique pour ce qui nous concerne, et les milliers d’enfants soignés avec succès par les ostéopathes, qui n’ont plus besoin de somnifères pour dormir et qui digèrent enfin sans ces coliques douloureuses, à l’origine de leurs « pleurs banales », ces enfants-là sont notre fierté, notre récompense de n’avoir pas considéré leur souffrance comme « banale ». L’équilibre qui revient dans ces milliers de familles en quelques jours (quand tout le monde peut enfin dormir la nuit) contredit d’ailleurs totalement l’origine psycho-relationnelle des troubles, qui perdureraient dans ce cas, ou se renouvelleraient rapidement, les mêmes causes produisant scientifiquement les mêmes effets.

D’ailleurs, à l’instar du médecin, l’ostéopathe, associant objectivité et subjectivité, croit évidemment en ce qu’il fait et sait très bien que l’aura du praticien et la situation de soins réputés font la moitié du travail (effet placebo), comme chez tous les soignants, y compris les pédiatres.

Mais, afin d’asseoir l’objectivité indispensable à notre esprit scientifique, et n’ayant jamais ingurgité et répété comme des disciples, sans le passer au crible de la raison, ce que disent les « maîtres » de l’ostéopathie, nous avons maintes fois l’occasion de mettre à l’épreuve l’ostéopathie pratiquée. Ainsi, commencer une séance par les tests sans demander les signes cliniques de prime abord, permet de répertorier les points de blocage et d’énoncer aux parents, toujours stupéfaits, les signes cliniques correspondants et effectifs du bébé. Car il y a une corrélation clinique-lésions ostéopathiques.

Un exemple

Un bébé qui présente un serrage de l’occipito-mastoïdienne gauche et de la suture entre malaire et frontal droit, a en principe eu droit aux forceps (prise oblique) et souffre d’un syndrome de reflux gastro-œsophagien, avec la langue blanche, et des réveils nocturnes douloureux trois heures après les repas dus aux remontées acides brûlantes dans l’œsophage pendant le sommeil. Pourquoi ? Parce que le serrage de l’occipito-mastoïdienne gauche, phénomène mécanique dont est capable l’os en cas de contrainte prolongée sur le crâne, vient serrer et gêner le nerf pneumogastrique gauche et affaiblir la puissance des sphincters digestifs, dont le cardia, ainsi que ralentir la vitesse de digestion, ce nerf se desservant majoritairement à la vésicule biliaire, chef d’orchestre de la digestion (le pneumogastrique droit a une incidence plus marquée sur les viscères sous-jacents à l’estomac comme l’intestin…), donnant, lui, les fameuses coliques du nourrisson).

Le ralentissement entraîne alors le reflux. Dans la plupart des cas, la libération manuelle de la zone occipito-temporale va améliorer le passage du pneumogastrique (dans le foramen jugulaire) et voir le reflux disparaître en vingt-quatre heures, logiquement et scientifiquement, selon les règles de l’anatomie et de la physiologie neurologique et digestive. Un pourcentage de cas sera dû à une immaturité du cardia et devra être opéré, ce sera là l’affaire d’un chirurgien vers lequel nous renverrons.
Nous n’expliquons nos résultats sur les maux de la petite enfance, bien connus du public, qu’avec les lois de l’anatomie et de la physiologie, et nous sommes un nombre non négligeable à travailler à défricher le terrain scientifique, où tout reste à faire, je vous l’accorde, pour expliquer pourquoi ça marche sur des milliers de bébés depuis des dizaines d’années.

Nous ne faisons au final qu’apporter des solutions thérapeutiques supplémentaires, sans risque iatrogénique, à certains problèmes de santé du nourrisson, insolubles par les voies classiques (seule raison du succès de l’ostéopathie), dont le redoutable reflux qui ruine le sommeil du bébé et souvent de sa famille, ou les coliques incoercibles de ces tout-petits qui ont déjà changé de lait cinq fois, sans succès. Les parents sont preneurs, qui voudrait priver ces bébés de soulagement ? L’ostéopathie n’est qu’un moyen thérapeutique de plus qui ne remplace en aucune façon le pédiatre ou le neuropédiatre, pas plus que la puéricultrice, le kinésithérapeute ou le médecin.
Grâce aux travaux de R Schleip nous savons aujourd’hui que nos gestes, ainsi que la lésion ostéopathique, reposent sur une base concrète : Le tissu conjonctif contractile.

Souhaitons donc que les avancées permises par ces découvertes, et pas encore assez considérées par les professionnels, ostéopathes ou médicaux, nous permettent enfin de pouvoir travailler, comme cela se fait dans ma région, la main dans la main avec les médecins, sans guerre inutile dont les enfants ne peuvent que pâtir.

Pierre Renaudeau. Ostéopathe D.O M.R.O.F.

Le Site de l’Ostéopathie remercie Pierre Renaudeau de l’avoir autorisé à publier son article.
1ère publication sur le SDO le 6 octobre 2014

[11. Article du Dr Pedespan, Neuropédiatre, dans Le Monde, en date du 08-août-11, à la suite de l’article de Pascale Santi dans Le Monde du 2 aout 2011

[22. Le fascia contractile R Schleipp Directeur du Projet de Recherche sur le fascia, à Ulm, Allemagne, Plasticité fasciale, une nouvelle explication neurobiologique (2003) http://www.somatics.de/french.pdf - Consultée le 4 octobre 2014

[33. Ostéopathie pour les bébés. Raymond Solano. Editions Sully 2002

[44. Le nourrisson, l’enfant et l’ostéopathie crânienne. Raymond Solano. Maloine 1986

[55. Bébé au cœur de vos mains. Michèle Busquet-Vanderheyden. Editions Busquet 2008

[66. Patrick Gilot http://de-pression.com/vaincre-la-depression-sans-medicaments consultée le 4 octobre 2014.

[88. http://orthonet.sdv.fr/php/rech_mot.php?mot=conjonction consultée le 4 octobre 2014

[99. Cours de l’appareil locomoteur : Biomécanique de l’os : Consultée le 6 septembre 2011 Page disparue pour cause de virus

[1010. L’ostéoporose, traitement chirurgical de l’ostéoporose, Consultée le 6 septembre 2011 Site fermé.

[1111.Prothèse de hanche sur le site Orthopale.org disponible sur la page http://www.orthopale.org/prothese-totale-de-hanche.php

[1212. Page Facebook : Eau de mer et ostéoporose : l’utilisation de l’eau de mer préserve la santé du tissu osseux, accessible sur la page : http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150247061604694&comments. Consultée le 4 octobre 2014

[1313. P. Meyrueis, A. Cazenave, R. Zimmermann, Biomécanique de l’os. Application au traitement des fractures, Consultée le 6 septembre 2011. http://bookzz.org/book/1105012/2f0adb

[1414. Jules Cloquet, Manuel d’anatomie descriptive du corps humain, Paris, Béchet 1825. Ce texte est disponible à l’adresse : http://books.google.fr/books?id=7V5JAAAAYAAJ. Consultée le 4 octobre 2014. L’auteur est Chirurgien adjoint de l’Hôpital Saint-Louis, Professeur agrégé de la Faculté de Médecine, Membre de l’Académie Royale de Médecine, de la Société Philomatique, de l’Académie des Sciences Naturelles de Philadelphie, du Lycée d’Histoire Naturelle et de l’Académie de Médecine de New-York, de la Société Médicale de Lexington, de la Société Médico-Chirurgicale de Berlin, etc.

[1515. Citycle Etude pour le port du casque à vélo http://www.citycle.com/13598-une-nouvelle-etude-pour-le-port-du-casque-a-velo Consultée le 4 octobre 2014

[1616. Le cerveau vu par Swedenborg et le concept crânien de Sutherland. Auteur : David B. Fuller. Traduit de l’américain par Pierre Tricot, décembre 2009. https://www.revue.sdo.osteo4pattes.eu/spip.php?article2072 Consultée le 4 octobre 2014

[1717. Laurent Riffaud, Crâniosténoses non syndromiques. Service de Neurochirurgie, CHU Rennes, p.3. Article au format PDF accessible sur la page http://facmed.univ-rennes1.fr/wkf/stock/RENNES20090427042221lriffaudCRANIOSTENOSES.pdf Consultée le 4 octobre 2014

[1818. Whiplash Article du Site de l’Ostéopathie Consultée le 4 octobre 2014.

[1919. Précis de physiologie 2 H Herman et J.F Cier Masson 3° édition 1974

[2020. Guy Lazorthes, Le système nerveux périphérique Masson éditions 1981, p. 146

[2121. Thérapie crânio-sacrée tome 1 John Upledger D.O F.A.A.O, éditions Frison Roche 1983. p 125.

[2222. http://www.gurumed.org/2012/12/19/cas-palontologiques-mexicains-de-dformations-volontaires-du-crne/Cas paléontologiques mexicains de déformations volontaires du crâne.Le Guru n’a jamais évoqué les cas d’aplatissements crâniens qui ont quand même été assez présents dans l’histoire de l’homme (qui les a souvent confondus avec des extraterrestres…). Pour les plus proches exemples, on aura le cas des Burgondes(peuple germanique de l’antiquité) qui aimaient avoir un crâne allongé, une mode apporté par l’invasion des Huns. Il y a eu aussi des cas en France, plus précisément au XIXe siècle à Toulouse (la “déformation toulousaine”), mais ici la déformation n’était pas volontaire, on coiffait d’un bandeau trop serré la tête des nourrissons… Appartenance, esthétique, mort de certains sujets sans autre causes… Donc comme le Guru le précisait dans son introduction, de nombreuses cultures ont pratiqué la déformation volontaire du crâne tout au long de l’histoire et elles étaient généralement réalisées sur les nourrissons dont le crâne est encore facilement déformable. Pour créer l’effet, des planches de bois sont appliquées sur le crâne avec une certaine pression, généralement à partir de l’âge d’environ un mois, puis pendant les six prochains mois. Consultée le 4 octobre 2014

[2323. ). Burgondes et crânes déformés http://desiebenthal.blogspot.fr/2009/06/burgondes-et-cranes-deformes.html. Consultée le 4 octobre 2014

[2424. Article du journal L’alsace : http://www.lalsace.fr/actualite/2013/10/30/le-crane-allonge-d-une-barbare-de-l-elite-mis-au-jour-en-alsace Consultée le 4 octobre 2014

[2525. Regnault Félix. Oblitération prématurée des sutures crâniennes, mécanisme des déformations. In : Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris, V° Série. Tome 1, 1900. pp. 55-66. doi : 10.3406/bmsap.1900.5932 - url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0301-8644_1900_num_1_1_5932. Consultée le 4 octobre 2014

[2626. Site Magicmaman.com : Professeur Michel Odièvre : Les sutures prématurées crâniennes ou les craniosténoses. Accessible sur la page : http://www.magicmaman.com/,professeur-michel-odievre-les-sutures-prematurees-craniennes-ou-les-craniostenoses,344,6558.asp Consultée le 4 octobre 2014

[2727. Laurent Riffaud, Crâniosténoses non syndromiques. Service de Neurochirurgie, CHU Rennes, p.3. Article au format PDF accessible sur la page http://facmed.univ-rennes1.fr/wkf/stock/RENNES20090427042221lriffaudCRANIOSTENOSES.pdf Consultée le 4 octobre 2014

[2828. SEFO (Scientific European Federation of Osteopaths) accessible sur la page http://scientific-european-federation-osteopaths.org/fr/protocoles-detudes-scientifiques-en-osteopathie Consultée le 4 octobre 2014

[2929. La revue de l’ostéopathie : www.larevuedelosteopathie.com - Seban J, Bensaïd G, Payrouse JL. « Efficacité d’un traitement ostéopathique sur le syndrome du canal carpien. Étude préliminaire ». La Revue de l’Ostéopathie. 2011 ;1:19-24. Article librement consultable au format PDF à la page http://www.larevuedelosteopathie.com/xmedia/Numero1/Article_SCC.pdf. Consulté le 4 octobre 2014

[3030. Passeport Santé.net : Pierre Lefrançois, L’ostéopathie soulagerait les maux de dos, même à long terme. Cet article (accessible sur la page.http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2006031586) consultée le 4 octobre 2014 est en fait un résumé de l’article de Licciardone JC, Brimhall AK, King LN. Osteopathic manipulative treatment for low back pain : a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials, BMC Musculoskelet Disord, 2005 Aug 4 ;6:43. Consultée le 4 octobre 2014 Le résumé peut être lu sur la page http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16080794?dopt=Abstract Consultée le 4 octobre 2014

[3131. Alexander Nicholas, Domenic Debias, Walter Ehrenfeuchter, Katherine England, Robert England, Charlotte Greene, David Heilig, Michael Kirschbaum, “a somatic component to myocardial infarction” BMJ, accessible sur la page http://www.bmj.com/content/291/6487/13.full.pdf?sid=80c92eb0-63c6-4f4a-b74f-aaa90ea5aea6 Consultée le 4 octobre 2014

[3232. John C. Licciardone, Steve Buchanan, Kendi L. Hensel, Hollis H. King, Kimberly G. Fulda, Scott T. Stoll “Osteopathic manipulative treatment of back pain and related symptoms during pregnancy : a randomized controlled trial”, American Journal of Obstetrics and Gynecology, pages 43.e1-43.e8 January 2010. Article au format PDF accessible sur la page http://osteopathe-lille-lomme.fr/Documents/Osteopathiegrossesse.pdf. Remplacée par http://lkb.no/about-2/forskning-4/ Cité sur Microstéo, Ostéopathie et grossesse, sur la page http://microsteo.over-blog.net/article-osteopathie-et-grossesse-45175924.html Consultée le 4 octobre 2014



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