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Perspective historique sur les principes de l’ostéopathie

Jane Eliza Stark
Créé le : lundi 4 mars 2019 par Jane Eliza Stark, MS, D.O.M.P.

Dernière modificaton le : lundi 4 mars 2019

Traduit de l’américain par Pierre Tricot, juin 2013.
© 2013 Jean-Louis Boutin et le Site de l’Ostéopathie pour la traduction française.

 Résumé


Les incohérences et autres écarts existant entre les différents ensembles de principes ostéopathiques – et les difficultés qui en résultent lorsque l’on désire comparer ces principes et les mettre en contraste dans le but d’en développer de nouveaux – nécessitent la création et la préservation d’un historique de leur développement. Utilisant la structure temporelle développée par Philip Latey DO, l’auteur propose trois subdivisions dans le développement des principes ostéopathiques : originelle, traditionnelle et moderne. La période originelle qui se termine vers 1910, correspond à une époque au cours de laquelle aucun principe simple ou ensemble de principes n’a obtenu un consensus définitif de la profession. La période traditionnelle, allant de 1910 à 1950 a consisté en tentatives individuelles et isolées de formulation et de justification de principes, avec différents ensembles de principes, dissemblables en nombre en nature.
La période moderne a commencé en 1953 avec la publication de The Osteopathic Concept (Le concept ostéopathique) et s’étale sur cinquante années. Cette période se caractérise par des efforts émanant de groupes visant au développement de principes, à la réflexion sur les principes antérieurs et à leur adaptation pour l’utilisation dans le domaine de la médecine ostéopathique au sein des États-Unis. L’ensemble des principes ostéopathiques qui a perduré le plus longtemps a été retravaillé et reformulé par un comité constitué de personnes, à l’origine ostéopathes praticiens. Ce comité a travaillé à partir d’un document antérieur également constitué par un consensus émanant essentiellement de praticiens en ostéopathie.

Mots clés
Ostéopathie ; médecine ostéopathique ; principes de l’ostéopathie ; Andrew Taylor Still ; histoire de l’ostéopathie.

Implications en pratique clinique
Le développement des principes ostéopathiques à partir des périodes originelle, traditionnelle et moderne a été passé en revue.
Une compréhension du processus historique de développement de ces principes peut aider les ostéopathes à estimer de manière critique la valeur et la signification reposant derrière ces principes. Une compréhension plus profonde des principes ostéopathiques permet de mieux définir l’originalité de l’ostéopathie.

 Introduction

L’évidence d’un renouvellement d’intérêt concernant les principes de l’ostéopathie et de la médecine ostéopathique apparaît périodiquement dans les textes [1-4] depuis le début du vingtième siècle. Conformément à cette tendance, cette édition spéciale du International Journal of Osteopathic Medicine (IJOM) propose à ses contributeurs et à son lectorat la première possibilité de ces dix dernières années de revisiter ce sujet [5]. Tout aussi important que définir, réviser, résumer, analyser et proposer des principes mis à jour, s’assurer qu’un enregistrement historique de la formation de ces principes soit constamment disponible aux individus appartenant ou non à la profession paraît indispensable. Un tel document se présente comme référence pour les enseignants, les étudiants et futurs chercheurs.

Il est difficile de comparer et de mettre en contraste les différentes publications des principes de l’ostéopathie parce que le mot « principe » et les termes « principe de l’ostéopathie » sont utilisés dans l’ensemble de la littérature ostéopathique, avec différents sens et de différentes manières. Par ailleurs, d’autres termes utilisés dans la littérature, tels que « fondamentaux, » [6 (p.999),7] « commandements, »[8] « vérités, » [9 (p.98)],10 « postulats, » [11 (p.354)] « préceptes, » [10 (p.550)] et « croyances, » [4,12] servent un objectif similaire au terme « principe. » Selon les cas, « principe » peut être utilisé comme terme isolé et peut être précédé de l’article défini « les » ou de l’article indéfini « un, » ou bien être utilisé associé à « de l’ostéopathie. » Il peut également être discuté comme entité simple – principe – ou comme concept pluriel – principes. Ces disparités apparaissent chez différents auteurs de différentes nationalités et à différentes époques, et entre les deux courants de la profession (ostéopathie et médecine ostéopathique).

Dans beaucoup de cas, la compréhension tacite de principe(s) est qu’il est (ou qu’ils sont) reliés à l’ostéopathie en général. Dans d’autres cas, principe se réfère spécifiquement à la santé ou à la nature ; à l’établissement du processus décisionnel du praticien ; ou à l’intervention thérapeutique. La phrase « principes de l’ostéopathie » a souvent été utilisée pour différencier la théorie de l’ostéopathie de sa pratique, ou application pratique de l’ostéopathie.

Dans le présent article, la plupart des principes de l’ostéopathie qui sont apparus dans la littérature depuis la création de l’ostéopathie sont présentés associés aux circonstances qui ont présidé à leur publication. Aucune tentative n’est faite dans le présent article, pour expliquer, justifier ou juger un principe particulier ou un ensemble de principes. Les principes sont organisés selon les périodes historiques de l’ostéopathie proposées par Philip Latey DO : les périodes originelle, traditionnelle (ou classique) et moderne [13]. La période originelle inclut l’ostéopathie telle qu’elle a découlé des contributions d’Andrew Taylor Still, DO, John Martin Littlejohn, DO et de leurs contemporains. Elle se termine vers 1910. La période traditionnelle y fait suite et se termine vers 1950. La période moderne commence dans le début des années 1950 et se poursuit au moins jusqu’à l’époque de la publication de Latey, en 1993. Pour les buts de cet article, la période moderne est considérée comme se poursuivant depuis 2003, époque où la dernière reprise des principes qui sont utilisés par les médecins ostéopathes des États-Unis a été réajustée.

Les limitations de la langue de l’auteur ont limité ce compte-rendu à l’examen de publications anglophones. De plus, chacune des références aux principes publiés n’a pu être incluse, pas plus que tous les exemples des principes inclus n’ont pu être listés en détails. Certains ont été paraphrasés ; d’autres ont dû être omis à cause des contraintes de longueur.

 Les principes issus de la période originelle (1874-1910)

La plupart des contributeurs de la période originelle de l’ostéopathie (1874-1910) ont été diplômés de l’American School of Osteopathy (ASO) entre 1897 et 1900 [14]. Écrivant à cette époque, Still déclarait qu’il avait « ...accordé plus d’attention à l’étude des principes de cette science [l’ostéopathie] que toutes les personnes vivantes rassemblées » [15 (p.227)]. Sa réflexion sur les principes peut avoir conduit Still à penser par lui-même, comme un philosophe, tel qu’on le définissait à son époque – une vision de Still largement partagée par d’autres [16-19]. Cependant, la majorité des écrits de Still mentionne différents types de principes sans en définir aucun de manière précise.

Tout au long de ses écrits, Still évoque la philosophie des principes [20 (p.297)] aussi bien que les principes de la philosophie [15 (p.315, 336)], mais ne s’étend sur aucun. Il utilise « principe » au singulier en se référant au « principe de la vie animale » [15 (p.263)], de « l’esprit » (organisateur), [15 (p.251)] de « vérité, » [21 (p.164)] et de la « nature » [20 (p. 194)]. Au pluriel, il se réfère aux principes du « corps humain » [20 (p.98)], de « vie de la matière morte » [20 (p.135)], de « mouvement » [22 (p.256)], et « vie » [15 (p.263)], et à de nombreuses autres entités.

Still n’a proposé aucune liste précise de principes de l’ostéopathie [7, 23]. Dans trois de ses livres, il discute le mot « principes. » En 1899, il déclare que « pour un ostéopathe, les principes signifient un plan et des spécifications parfaits pour construire la forme d’une maison, d’un moteur, d’un homme, d’un monde... » [20 (p.19-20)]. Écrivant en 1902 sur « les principes de l’ostéopathie, » il répète : « Les principes de l’ostéopathie nous procurent une compréhension des plans et spécifications parfaits suivis pour la construction de l’homme » [22 (p.33-34)] Ces affirmations font allusion au fonctionnement des principes, mais elles demeurent vagues. Et dans son dernier livre, publié en 1910, Still se réfère à ce qu’il appelle « Notre programme » [24].

Bien que « Notre programme » ait été assimilé aux principes de Still [25], ce concept semble essentiellement préoccupé de déclarer la position de l’ostéopathie vis à vis des autres modalités médicales. Ses neuf éléments peuvent être résumés comme suit : le corps produit ses propres remèdes ; encouragement de l’hygiène ; opposition aux vaccinations ; utilisation de sérums et de médicaments comme agents correctifs ; rejet des méthodes complémentaires, telles que radiographies et hydrothérapie ; utilisation de la chirurgie comme dernier recours ; et l’ostéopathie comme modalité distincte des autres systèmes.

Malgré les avertissements de Still concernant des livres intitulés Principes de l’ostéopathie – « … ils peuvent se vendre mais échoueront à procurer la connaissance que désire obtenir l’étudiant » [20(p.12)] – des diplômés de l’ASO, dont Charles Hazzard, Guy Dudley Hulett, Arthur D. Campbell et Henry S. Bunting [26-36], écrivirent des livres sur les principes de l’ostéopathie. Dain Loren Tasker DO, un diplômé de 1898 de la Pacific School of Osteopathy (PSO), enseigna les principes de l’ostéopathie à la PSO et écrivit un livre intitulé Principes de l’ostéopathie [37]. Son livre connut plusieurs éditions [33, 38-40] et fut « rapidement reconnu comme un manuel essentiel pour l’enseignement de la profession… » [41 (p.269)] Dans sa préface, Tasker crédite les contributions de Still, mais aussi de Hazzard, mais il ne propose aucune liste définitive de principes.

Littlejohn a été le dernier contributeur signifiant de la période originelle pour le développement des principes. En 1899, il écrivait, « le principe de base de l’ostéopathie, c’est que si l’organisme humain est en parfaite santé, chaque corps, tissu et structure joue son rôle sans interruption … » [42].

En 1900, il reconnaît cinq « principes essentiels à l’ostéopathie, » [43] dans lesquels il détaille minutieusement le rôle de l’obstruction mécanique dans la perturbation des fluides vitaux et, consécutivement, des forces vitales [43 (p.17)].

Dans un article de 1908, titré « Le Principe de l’ostéopathie, » Littlejohn écrit : « Notre concept de l’ostéopathie est celui d’un système ayant un principe central général, à savoir : le diagnostic de la maladie à partir de ce qui interfère avec l’activité vitale dans la structure et l’environnement du corps d’un organisme » [44 (p.239)]

Dans une transcription faite par un étudiant de conférences données par Littlejohn, il est cité comme proposant l’existence d’un « principe sous-jacent… exprimé dans le mot ‘AJUSTEMENT’ » [45 (p.1)]. Littlejohn considérait ce principe comme si englobant qu’il écrivait, « l’ostéopathie représente un principe et non un ensemble de principes. Ce principe est si étendu qu’on peut l’appliquer à l’ensemble du domaine de la pratique » [45 (p.31)].

La période originelle de l’ostéopathie a commencé et s’est terminée sans qu’aucun consensus spécifique concernant les définitions d’un principe ou de principes de l’ostéopathie n’ait été atteint.

Les principes issus de la période traditionnelle ( 1910-1950)


La période traditionnelle ou classique de l’ostéopathie ( 1910-1950) est marquée par une série d’efforts émanant d’ostéopathes cherchant à délimiter leurs perspectives personnelles concernant les principes. Près d’une douzaine de livres, comportant dans leur titre les noms « ostéopathie » ou « ostéopathique » et « principe » ou « principes » [46-59] et incluant quelques mises à jour d’éditions issues de la période originelle, ont été publiés. Par ailleurs, un nombre équivalent d’articles de journaux a également été publié sur le même sujet, essentiellement dans la littérature américaine [1,6,8,9,11,60-67].

Au cours de cette période, deux médecins ostéopathes ont généralisé l’idée d’un principe. Guy Dudley Hulett déclarait que « …Un exposé des principes sous-tendant la science de l’ostéopathie ne peut qu’être, par nature, tout à fait incomplet » [47 (p.11)] et Henry J. Overly, DO, déclarait qu’un seul principe de base de l’ostéopathie « fonctionne à travers toute la nature » [62 (p.414)]. Au cours de cette période, d’autres ostéopathes listèrent seulement deux principes (par ex. Mary Alice Hoover DO [60], et Earl Laughlin DO [68 (p.61)]. Harrison Fryette DO, y ajouta un peu d’humour perspicace en constatant que « le principe de l’ostéopathie est simple, comme sont simples toutes les grandes vérités, mais en revanche, son application ne l’est pas » [69 (p.15)].

Une sélection représentative de principes émanant de la période traditionnelle couvre un vaste éventail de thèmes. Parmi eux : l’individualité de chaque patient [70 (p.285)] ; l’immunité naturelle [68] ou la capacité de résister à la maladie [67 (p.601)] ; l’intégrité structurelle [60 (p.58)] ; l’intégrité de l’apport sanguin [11 (p.354)] et nerveux [71 (p.42)] ; la circulation normale des fluides corporels [9 (p.98)] ; l’autosuffisance de chaque cellule dans les conditions environnementales normales [70 (p.283)] ; le rôle de la cellule dans la physiologie normale [10] ; la lésion spinale [53 (p.11)] ; le rôle de la thérapie manipulative dans la gestion de la maladie [56 (p.162)] ; et la totalité de l’être humain, incluant les facteurs physiologiques, chimiques et psychiques [65].

En 2002, l’édition de 1922 du médecin ostéopathe G. D. Hulett Un manuel de principes de l’ostéopathie [47], fut reconnue comme la première grande tentative de la profession pour codifier la philosophie ostéopathique en phrases et préceptes simples… » [4 (p.63)]. Cependant, cette affirmation ne résiste pas à un examen attentif du livre de Hulett. Le seul ostéopathe listé comme ayant « quelque peu travaillé » sur le livre fut Charles McLeod Turner Hulett DO, qui fit cela sept ans avant sa publication [47 (p.6)]. Les représentants de la plupart des collèges de médecine ostéopathique étaient identifiés par leurs collèges et non par leurs noms. Les sections du livre auxquelles ont contribué ces représentants n’étaient pas identifiées.

Les principes listés dans le livre de G.D. Hulett [47] se trouvent sur une seule page, dans un chapitre appelé « Réponse de la cellule à la stimulation. » Les trois premiers principes (sur sept listés) se réfèrent spécifiquement au microcosme de « la vision ostéopathique de la cellule » [47 (p.176)], incluant des idées sur la structure et la fonction normales de la cellule. Les quatre préceptes suivants énoncés par Hulett concernent le corps humain, le dernier présageant la terminologie du « traitement rationnel » qui sera communément utilisé dans la période moderne.

La vision ostéopathique de la cellule aussi bien en tant qu’unité que comme l’une parmi les millions constituant le corps humain est largement couverte par les affirmations qui suivent :

Une structure normale est essentielle pour une fonction normale.
Une fonction normale est essentielle pour qu’une structure normale soit effectivement maintenue.
Bien qu’un certain degré d’adaptation soit possible pour un certain temps, même dans des conditions anormales, un environnement normal est indispensable à une fonction et à une structure normales.

Pour le corps humain et ses fonctions diversifiées, nous pouvons également ajouter :

Le sang préserve et défend les cellules du corps.
Le système nerveux unifie le corps et ses activités.
Les symptômes maladifs sont consécutifs soit à l’échec de l’organisme à faire face efficacement aux circonstances adverses, soit à des anomalies structurelles.
Les méthodes rationnelles de traitement se fondent sur une tentative pour fournir une nutrition normale, une innervation et un drainage de tous les tissus du corps, cela dépendant essentiellement du maintien des relations structurelles normales.

En 1923, George W. Goodie DO a publié The Commandments of Osteopathy (Les commandements de l’ostéopathie). Les sept premiers commandements concernent les conditions requises pour la pratique ostéopathique, tels qu’enthousiasme pour la profession, une personnalité imposante, et un tableau noir dans le cabinet [8].

En 1927, C. B. Atzen DO, a listé quelques éléments fondamentaux de l’ostéopathie. Ces fondamentaux incluaient l’interdépendance de la structure et de la fonction, le rôle de la peau et des membranes muqueuses, et la réaction du corps cellulaire aux stimulix destinés au rétablissement des maladies [6]. En 1929, Paul Van B. Allen évoque « un symposium pour réhabiliter les principes de base de l’ostéopathie » [1]. Malheureusement, les date des séances de ce symposium n’ont pu être, à ce jour, localisées.

L’un des rares travaux publiés en Grande Bretagne au cours de cette période a été écrit par Jocelyn C. P. Proby DO, un diplômé du Kirksville College of Osteopathy and Surgery. Dans un essai publié en 1937, Proby liste seulement deux principes : « … l’autosuffisance naturelle du corps humain [et] … structure normale et fonction normale vont main dans la main » [54 (p.7)].

En 1938 [53] et 1939 [65], Frederick A. Long DO a listé cinq principes de l’ostéopathie. Il y soutient que le schisme du 17e siècle qui a vu la séparation des iatrochimistes et des iatrophysiciens (à savoir, ceux qui respectivement favorisaient l’explication des phénomènes de la vie sur la base de la chimie, ou de la physique) aurait bénéficié à l’ostéopathie, les iatrophysiciens « influençant le développement des principes ostéopathiques. »

En 1941, Perrin T. Wilson DO, avançait que « … les principes de l’ostéopathie sont fondamentalement corrects » [64 (p. 383)] du fait qu’ils décrivent l’intégrité mécanique du corps comme entrelacée avec les processus de l’immunité naturelle.

En 1947, John Steadman Denslow DO, mena une consultation auprès d’enseignants parmi les plus qualifiés et auprès d’autres leaders de la profession médicale ostéopathique des USA pour tenter de déterminer si le concept ostéopathique était le même à cette époque qu’à l’époque de Still. Denslow arriva à la conclusion que : « … Il s’est produit un petit changement basique dans le concept fondamental de l’ostéopathie… » [67 (p. 601)]. Il cite alors trois principes qui incluent l’idée que le corps normal peut résister à la maladie et aux blessures, que la santé nécessite que la structure soit ordonnée et que la responsabilité du médecin est de maintenir l’intégrité structurale du corps.

En 1950, Allan A. Eggleston DO a proposé les trois « préceptes » [10 (p.550)] suivants :

1. Le corps possède la capacité inhérente à se maintenir en bonne santé et à se rétablir de la maladie, pourvu que toutes les parties et systèmes le constituant fonctionnent normalement.
2. Les perturbations mécaniques et structurales survenant dans le corps interfèrent avec le fonctionnement normal de certaines de ses parties ou systèmes, ou l’empêchent.
3. De telles perturbations mécaniques ou structurales peuvent être reconnues et comprises et il est possible d’appliquer le traitement qui corrigera ces perturbations ou permettra au corps de les compenser.

En contraste avec ces préceptes, les notes prises la même année par un étudiant de la British School of Osteopathy recensaient un ensemble très différent de principes, présentés comme étant « les principes du Dr Andrew Taylor Still » [72]. Ces principes s’énonçaient comme suit :

1. Structure et fonction sont interdépendantes
2. Le corps est auto-suffisant – il tend à se guérir par lui-même et tend vers la normale
3. La règle de l’artère est suprême

Pendant la période traditionnelle, les ostéopathes individuels purent à loisir publier leurs listes personnelles de principes dans des articles de journaux. Parmi ces articles, peu reconnaissaient formellement et référençaient les auteurs antérieurs ou leurs principes. Au lieu de cela, chaque ostéopathe proposait des versions et des perspectives différentes de principes. Aucun ostéopathe isolé ni aucune liste de principes ne fut accepté comme faisant autorité.

 Les principes issus de la période moderne ( 1953-2003)

La période moderne ( 1953-2003) encourage la réflexion et la recherche d’un consensus sur la question des principes ostéopathiques. Au cours de cette période, ont existé deux groupes de travaux entrepris par des comités issus de collèges ostéopathiques et visant à atteindre un consensus. Ces travaux, incités par les éditeurs d’un manuel médical ostéopathique américain, ont impliqué plusieurs individus connus et cherchaient à unifier certaines idées et à atteindre un agrément final sur les principes. Avant la présente publication du Journal of Osteopathic Medicine, l’année 2003 est la dernière au cours de laquelle les principes ont été examinés.

En 1953, un comité composé de huit membres a créé The Osteopathic Concept (Le Concept ostéopathique) (Voir l’encadré). L’objectif de ce texte était de servir de guide d’enseignement au Kirksville College of Osteopathy and Surgery [73] ; il n’était pas prévu pour une utilisation nationale. Au cours de la même année, le comité publia plusieurs documents rectificatifs sur la question [73-82]. L’un de ses auteurs nota : « ce qui a été préparé n’est pas complet, il ne s’agit ni de dogme, ni de credo, cela peut être interprété, c’est une tentative… » [75 (p.15)]. Les en-têtes des thèmes sont les suivants :

1. Le corps est une unité
2. Le corps possède des mécanismes auto-régulateurs
3. Structure et fonction sont mutuellement et réciproquement reliées
4. Une thérapie rationnelle se fonde sur une compréhension de l’unité corporelle, des mécanismes auto-régulateurs et sur la relation mutuelle et réciproque existant entre la structure et la fonction

La tentative consensuelle suivante se développa en 1981 : le Project on Osteopathic Principles Education (Projet pour une éducation sur les principes ostéopathiques) issu du l’université d’état du Michigan cherchait à « …acquérir quelque compréhension de ce que signifie ‘principe ostéopathique’ » [83 (p.29)] et à répondre à la question : « Qu’est-ce qui caractérise un principe ostéopathique ? » [83 (p.29)] Après un long processus de rassemblement de données, de chiffrage et d’analyse, la conclusion des participants au projet fut la suivante :

Un principe ostéopathique est une règle ou une loi biologique, comportementale ou clinique mise en avant par les praticiens ostéopathes dans le diagnostic et la gestion, parce qu’elle illustre la philosophie ostéopathique de la santé et de la maladie [83 (p.29)].

Comme résultat, le projet proposa cinq principes pour l’ostéopathie, dont trois étaient tirés de l’article Concept de 1953.

En 1987, Irvin M. Korr, PhD, ScD (1), qui avait participé à la rédaction de l’article Concept, développa le principe de l’importance du système musculo-squelettique [84]. Cette idée réapparut dans un examen des principes ostéopathiques de 2002 [4] co-signé par Korr en tant que membre d’un « comité expert multidisciplinaire largement représentatif » [4 (p.63)] de neuf membres issus de la communauté ostéopathique (comprenant des ostéopathes enseignants et des praticiens, représentant huit collèges de médecine ostéopathique). Ce comité proposa des principes de médecine ostéopathique comportant des indications pour le traitement des patients. Les principes de médecine ostéopathique ont été proposés comme suit [40] :

1. Une personne est le produit d’une interaction dynamique entre corps, esprit (mind -organisateur) et esprit (de vie - spirit) (2).
2. Une des propriétés inhérentes de cette interaction dynamique est la capacité de l’individu pour le maintien de la santé et son rétablissement.
3. De nombreuses forces tant intrinsèques qu’extrinsèques à la personne peuvent défier cette capacité inhérente et contribuer à l’établissement de la maladie.
4. Le système musculo-squelettique influence de manière signifiante la possibilité pour l’individu de rétablir cette capacité inhérente et, par conséquent, de résister aux processus maladifs.

En 1993, Oliver W. Hayes DO et Philip E. Greenman DO, se sont associés pour redéfinir les cinq concepts qu’ils attribuaient à Still [85]. Leur but était de faire en sorte que ces cinq concepts continuent d’être pertinents pour le système de santé américain du 21e siècle. Ils proposèrent dix nouveaux principes ostéopathiques – chacun commençant par les termes « la médecine ostéopathique, » et suivi par « se limite à, » « traiter, » « reconnaître, » « accepter, » « adhérer, » « insister, » ou « compter sur » [85 (p.27-28)].

Quelque 50 années après la publication du texte Concept de 1953, ses principes furent modifiés par les éditeurs associés du manuel américain Foundation for Osteopathic Medicine (Fondements pour la médecine ostéopathique) [3 (p.10), 86]. Il n’est pas certain que ce groupement d’éditeurs ait pris en compte la définition des principes ostéopathiques proposée en 1981 par le Project on Osteopathic Principles [83]. Cependant, le chapitre sur la philosophie et l’histoire de l’ostéopathie dans la seconde édition du manuel Foundations liste également les principes pour les soins aux patients stipulés dans l’article de 2002, rédigé par le comité spécial dirigé par Korr [86 (p.11)]. Bien que Foundations soit le manuel standard utilisé dans tous les collèges de médecine ostéopathique des USA, beaucoup d’institutions de formation pour les non-médecins ont encore à implémenter un ensemble consistant de principes ostéopathiques.

 Conclusion

Classer l’ostéopathie et la médecine ostéopathique en trois périodes – originelle, traditionnelle et moderne – procure un cadre utile pour chroniquer les nombreuses tentatives destinées à définir les principes ostéopathiques. Cet article cherche à établir un résumé historique pouvant servir de ressource à la profession – et ainsi éviter la répétition inutile de tentatives passées pour développer des principes ostéopathiques.

Une décennie s’est écoulée depuis la publication de la dernière tentative de révision des principes ostéopathiques. Il est possible que la collection d’articles de cette édition spéciale du Journal of Osteopathic Medicine fasse renaître l’intérêt pour les principes discutés par les différents auteurs, comme cela s’est produit au cours de la période traditionnelle. Une période de renaissance est peut-être à venir – une renaissance dans la quelle la coopération internationale sera utilisée pour consolider les principes du passé en les associant à ceux qui seront nouvellement proposés et en incorporant plus de langage courant, ainsi que des réalités biologiques, médicales et scientifiques pertinentes de la pensée du 21e siècle.

 Principes de la médecine ostéopathique - Proposed tenets of osteopathic medicine

« En 1953, un comité composé de huit membres a créé The Osteopathic Concept (Le Concept ostéopathique). L’objectif de ce texte était de servir de guide d’enseignement au Kirksville College of Osteopathy and Surgery ».

1. Le corps est une unité ; la personne est une unité constituée d’un corps, d’un esprit (de raison) et d’un esprit (esprit de vie).
2. Le corps est capable d’auto-régulation, d’auto-guérison et de conservation de la santé.
3. La structure et le fonction sont mutuellement interdépendantes.
4. Un traitement rationnel se fonde sur une compréhension des principes fondamentaux de l’unité corporelle, de l’auto-régulation et de la relation mutuelle de la structure et de la fonction.

Les neuf membres de ce Comité étaient :

- FELIX J. ROGERS, DO, FACOI. Clinical professor, Michigan State University College of Osteopathic Medicine
- GILBERT E. D’ALONZO,JR, DO, FACOI. Professor of medicine, Temple University School of Medicine
- JOHN C. GLOVER, DO. Associate professor, Oklahoma State University College of Osteopathic Medicine
- IRVIN M. KORR, PHD. Professor emeritus, University of North Texas Health Science Center at Fort Worth Texas College of Osteopathic Medicine
- GERALD G. OSBORN, DO, FACN. Vice president and Dean Kirksville College of Osteopathic Medicine
- MICHAEL M. PATTERSON, PHD. Professor and assistant chair, Nova Southeastern University College of Osteopathic Medicine
- MICHAEL A. SEFFINGER, DO, FAAFP. Assistant professor, Western University of Health Sciences, College of Osteopathic Medicine of the Pacific
- TERRIE E. TAYLOR, DO, FACOI. Professor, Michigan State University College of Osteopathic Medicine
- FRANK WILLARD, PHD., Professor University of New England, College of Osteopathic Medicine

=> Voir : JAOA - Vol 102 - N° 2 - February 2002, p. 63-65

 Bibliographie

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 H. H. Fryette DO - La simplicité de l’ostéopathie

Publié dans le Yearbook de l’AOA, 1938, pp 14-15. Traduction Pierre Tricot DO, juin 2013.

L’ostéopathie est aussi simple que l’organisme humain, lequel est aussi simple que l’univers, étant donné que dans l’organisme humain sont comprises toutes les lois physiques, mentales et spirituelles de l’univers.
Ainsi, pour parfaitement comprendre l’organisme humain, il serait nécessaire de posséder un esprit (organisateur) infini. Conscient de cela, j’ai toujours été étonné de l’attitude d’auto-satisfaction du praticien courant, de sa capacité à enfourcher des dadas et à considérer la partie comme le tout.
Nous sommes sans cesse à la recherche de panacées, de quelque chose ou de quelque traitement, sorte de remède universel, alors que si nous prenons la peine de nous arrêter un moment et de réfléchir, nous savons que cela ne saurait exister.

La théorie des germes en tant que cause des maladies s’est effondrée à l’époque où j’ai commencé à exercer. À ce moment, différents traitements mentaux tenaient le haut du pavé. Puis sont venus les rayons X et différentes formes d’électricité. Puis, les dérivés du charbon pour la douleur et la fièvre, et des milliers d’autres drogues, toutes plus ou moins toxiques. Les produits endocrines, puis d’autres, ont suivi. Alcalinité, acidose, allergie et je ne sais quoi.
Tous ces produits et beaucoup d’autres peuvent avoir leur place en thérapeutique mais nous oublions trop souvent que c’est le corps lui-même qui doit se guérir. Telle est l’idée ostéopathique et en ce sens, c’est la simplicité même.
Nous devons aider le corps par tous les moyens spirituels, mentaux, biologiques et physiologiques possibles, mais il ne fait à mes yeux aucun doute que l’aspect structurel est de première importance. Nous ne pouvons dire : « Cherchez d’abord l’ajustement mécanique et tout le reste se fera tout seul », mais si nous obtenons l’ajustement structurel, il est surprenant de voir comment toute la scène est simplifiée.

En tant qu’ostéopathe, je sens qu’il est de notre devoir de développer cette phase de la thérapeutique. Il ne fait aucun doute que si nous comparons notre diagnostic et notre thérapeutique à celle des M.D.s, nos méthodes sont beaucoup plus simples dans la majorité des cas, car dans presque tous les cas existe un facteur mécanique dont ils ne tiennent pas compte et nous pouvons être certains que lorsque ces facteurs mécaniques sont enlevés le patient ira mieux. Cela nous procure un bout par où commencer, et cela, bien souvent, simplifie la situation au point que peu de chose reste à faire en supplément, voire aucune.
Je pourrais énumérer de nombreux cas dans lesquels un ajustement cervical a guéri la folie ; où l’ajustement des cervicales basses a guéri un goitre ; un ajustement thoracique supérieur a guéri un problème cardiaque ; le traitement des parathyroïdes et du foie a élevé le taux de calcium sanguin, au point que des arthrites atrophiques ont été améliorées, etc., mais, cela donnerait une fausse impression. Chaque cas est différent et la plupart comportent de nombreuses complications qui toutes doivent être traitées.

Le principe de l’ostéopathie est simple, comme sont simples toutes les grandes vérités. Son application ne l’est pas. Nous devons y peiner beaucoup. « Si tu veux de belles récoltes, ne ménage pas ta peine. »

Note :
La phrase écrite par Fryette est : « As ye labor, so shall ye reap, » paraphrase de « As ye sow, so shall ye reap » traduit par « on récolte ce que l’on sème. » (N.d.T.).

Article paru dans l’International Journal of Osteopathic Medicine, Volume 16, Issue 1, pages 3-10, Mars 2013 http://dx.doi.org/10.1016/j.ijosm.2012.10.001 sous le titre An historical perspective on principles of osteopathy par Jane Eliza Stark - 4328 11th Concession, R.R. # 1, Moffat, ON. L0P 1J0, Canada - Article reçu par le IJOM le 13 mars 2012 ; révisé 15 juillet 2012 ; accepté 2 octobre 2012 - © 2012 Elsevier Ltd. Tous droits réservés. Publié avec l’autorisation des éditions Elsevier www.elsevier.com
Nous avons ajouté les images, les encadrés et le texte de Fryette qui ne se trouvent pas dans l’article original.
1ère publication en français : le 30 juin 2013 Copyright pour la traduction française : Jean-Louis Boutin et le Site de l’Ostéopathie



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