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SDO 4 - Que fait un ostéopathe en posant les mains sur un patient ?

Bruno Ducoux DO (20 février 2018)
Créé le : dimanche 20 janvier 2019 par Bruno Ducoux

Dernière modificaton le : dimanche 20 janvier 2019

 Sommaire - Introduction

- La sensorialité et le corps sensible
- Un système complexe
- La vie
- Le centre de gravité : dynamic stillness
- Sens
- Le sens corporel
- Fulcrum
- Vibrations
- Fulcrum vibratoire
- Le neutre
- La cinquième dimension de l’ostéopathie
- La théorie polyvagale et la nociception
- Neurones miroirs
- L’Epigénétique
- La quête de la Santé
- Libre perspective sur un monde sensible

Si le savoir est issu d’une accumulation de données ingurgitées puis enseignées dans une somme dite scientifique, la connaissance est également issue de l’expérience personnelle acquise au sein du monde sensible. L’interaction avec la nature est un savoir implicite qui donne des signes subjectifs d’accumulation d’inné et d’acquis. Ces preuves subjectives que l’ostéopathe perçoit dans son corps sensible dépassent ses capacités cognitives connues. Elles révèlent une puissance d’agir- potency- non locale, englobant des espaces et un temps non linéaire, non fini, non appréhendable par les sens mais bien présent dont les fruits sont la Joie, la Beauté et l’Eternité.
Les sens nous apportent une preuve limitée et tronquée des capacités perceptuelles humaines. L’être humain est beaucoup plus et mieux que ce que prétend la science basées sur les preuves, partie visible de l’iceberg de la connaissance à notre disposition. Une petite partie de la somme d’informations illimitées est captée par l’esprit rationnel ; des formes mentales et physiques se structurent alors et deviennent fonctionnelles. C’est ainsi que des théories sont élaborées par des esprits rationnels et elles font autorité pendant un certain temps et dans un espace limité de notre petite planète.
La science basée sur l’évidence cherche des études objectives où le patient est l’objet de l’étude et le médecin un exécutant objectif des mêmes règles appliqués à cet objet d’études, ceci dans le contexte culturel médical du XXe siècle.
A.T. Still fait partie des chercheurs qui ne se sont pas enfermés dans la pensée dominante d’une époque mais ont rejoint la foule des philosophes marginaux également artistes et scientifiques qui ont apporté leur pierre à la construction de ce temple en devenir : L’être humain. En lisant entre ses lignes, le chemin de l’ostéopathie se dé-couvre [1] : de nouvelles compréhensions de ce que la nature montre depuis toujours sont dé-couvertes ; « L’Histoire et la culture scientifique contemporaine ne participent pas vraiment à cette découverte » [2].
Voici quelques éléments de réflexion.

La sensorialité et le corps sensible

Le corps est une source illimitée d’informations ; nos mains sont un outil au service de la perception et un abord particulier de la réalité propre à chacun ; chaque expérience ouvre de nouvelles portes à condition d’accepter qu’elle soit moteur du changement et non fermeture.
Le thérapeute manuel développe un sens corporel, felt sense, incluant des éléments sensoriels (vue, ouïe, odorat, goût) et un sens déconcentré : le toucher ; il dépend des systèmes nerveux central, périphérique et autonome dont le centre est le cœur existentiel.
Suivant en cela l’évolution de la médecine au XXIe siècle, David Levin [3] a montré que le corps pouvait être appréhendé ainsi :
- d’un objet abstrait, il devient concret,
- d’une étude extérieure, il est possible de percevoir l’intérieur,
- d’études quantitatives, passer à la découverte de qualités et leurs influences multifactorielles,
- depuis des états et des structures, étudier des processus évolutifs dans une approche systémique basée sur le mouvement,
- de l’analyse vers une synthèse holistique,
- de concepts mécaniques isolés vers une intégration au sein du cosmos.

L’évolution de la cosmologie et les découvertes dans le monde de l’infiniment petit modifient à leur tour la perception du corps. Le corps anatomique, physiologique et biochimique est maintenant perçu dans une approche psychosomatique, environnementale et expérientielle. Ainsi, le corps phénoménologique dépend de l’expérience des perceptions du patient et n’est pas seulement une représentation historique et culturelle. Niels Bohr avait déjà établi que l’observateur pouvait causer les perceptions de l’événement. Ces différents niveaux sont présents dans la philosophie stillienne ; le patient devient un acteur réflexif de sa propre santé et l’ostéopathe un « facilitateur thérapeutique” [4], un fulcrum dans une approche systémique ouverte.
L’ostéopathe ne doit pas appliquer des principes dogmatiques mais apprendre de la nature et de l’expérience ; la nature est vraie en toutes ses lois [5] à condition de l’observer ; ainsi apparaissent des concepts basés sur une nouvelle compréhension ouverte post moderne. L’application de ces concepts basés sur l’expérience donne des résultats ne dépendant pas seulement du patient ou du thérapeute mais de l’interface, émergeant d’un système complexe intriqué.
Afin d’aller plus avant sur le chemin de l’ostéopathie, il est nécessaire d’apprendre de nouveaux chemins de perceptions, associant matière et conscience dans le même paradigme phénoménologique. Ce paradigme ne peut être appris dans des livres mais partagé dans des groupes de recherche comme le GETM ou la FROP [6, 7].

Un système complexe

Dans la relation thérapeutique classique, on trouve le thérapeute, le patient et la relation thérapeutique. Pour des raisons pédagogiques, séparons les différents protagonistes de ce système complexe pour analyser cette relation. On trouve l’espace avec ses trois dimensions connues, le temps et sa relation quantique à l’espace, la vie manifestée dans un champ vital, les cinq sens connus du patient et du thérapeute, les quatre forces primordiales connues présentes dans la nature (gravitation électromagnétisme, force nucléaire forte et faible), la force mentale et l’intuition des êtres humains, leur environnement épigénétique, les conditions psychosociales [8], le sens corporel, l’influence cosmique... et la chemin laisse dé-couvrir chaque jour de nouveaux territoires de jeu !
Tous ces éléments fonctionnent de concert : la gravitation et l’électromagnétisme rendant la matière solide grâce à la force nucléaire forte ; dans ces liens, la matière est transformée en photons lumineux, transportant une information sous forme d’énergie capable de se déplacer dans l’espace-temps. En sus de la force nucléaire faible, une super force ou super corde envoie des vibrations vitales dans toutes les dimensions sans doute à des vitesses supra lumineuses, incluant les dimensions que nous n’avons pas encore rencontrées, spiritualisant la matière [9]. Ces assertions ont maintenant à être vérifiées à travers le prisme de l’ostéopathie vitaliste.

La vie
Dans le chapitre Biogène [10], Still présente les effets de la vie, écrivant qu’il n’y a pas de définition de la vie à proprement parlé. La vie est une force invisible habitant la machine humaine, faisant tourner le moteur de la santé avec l’aide du mouvement. Le mouvement est la première et seule évidence de la vie [11]. Cette vie peut néanmoins être perçue dans l’environnement du corps physique, corps que Arny Mindell appelle le ‘dreambody” [12].
Notre hébergement physique permet l’union de la matière et de l’esprit grâce à la conscience. « J’aime mes camarades humains, car je peux percevoir Dieu dans leur visage et dans leurs formes » [13]. En allant plus loin, Still pensait que la vie humaine est éternelle. La vie n’a pas de commencement ni de fin ; elle peut être perçue par des champs vibratoires : Unified Life Field.
Cette idée était déjà présente dès 1714 chez Swedenborg [14] : la force vitale est perçue à travers des vibrations de différentes natures ; Il existe des millions de vibrations différentes perceptibles ; nous n’en percevons que quelques unes.
Pour W.G. Sutherland, il est possible de trouver quantité d’informations sur la vie dans des livres et en suivant des cours, mais la connaissance vient seulement par l’expérience. Une approche réflexive de l’expérience est une source de connaissance.
“Le travail ne consiste pas à construire un endroit, un livre, un système, un dogme, une tradition. Le travail consiste en quelque chose qui vit au cœur des hommes et des femmes... s’ils savent le trouver !” [15].
L’être humain est une passerelle entre terre et ciel, entre la force créative et sa création ; nous sommes “enceints” de cette invisible manifestation de la vie ; nous la connaissions avant la naissance et nous l’avons oublié [16] ; nous avons à réapprendre la langue natale présente dans nos pensées et notre corps physique. Dans un traitement ostéopathique, la vie est également présente dans l’interface partagée. Là, dans l’espace entre, se trouve le centre qui peut être perçu par le ressenti dans le neutre.
Nous sommes nos pensées accompagnées d’impulsions, consciences, sentiments, émotions, désirs et rêves ; à partir de là le corps physique s’est manifesté ; ce que nous appelons notre corps physique étant peut être juste un endroit que notre mémoire appelle “chez nous” pour le temps actuel ! [17].
Tout d’abord, cherchons ce centre et ses manifestations vibratoires.

Le centre de gravité : dynamic stillness
Le centre de gravité de ce système est le calme atteint dans l’interaction, la surface d’un lac calme ; l’interface dans ce centre de gravité ; une nouvelle information peut changer la matière si les vibrations suivent un certain rythme commun et sont transmises à travers un média –le tissu conjonctif- en relation avec le centre de gravité. En tant qu’observateur, le thérapeute perçoit les effets et les changements chez le patient, en utilisant certaines qualités : réactions du système nerveux neurovégétatif, pulsations du système circulatoire, RAC [18], changements dans le système respiratoire afin de s’adapter au système neuro végétatif ; REM [19], borborygmes, changements dans l’environnement : lumière, sensations de temps et d’espaces différents dans la pièce et l’environnement ; décrochages, sérénité ;toutes ces manifestations se faisant en relation avec les sens.

Sens
À partir des sens humains les vibrations sont transformées en signaux électriques et chimiques pour le cerveau. Les systèmes vestibulaires, auditifs, visuels et somato sensoriels du patient changent. Apprendre les manifestations de la vie avec les sens est un challenge pour les perceptions [20]. Le sens corporel est un outil bien utile à développer et apprivoiser.

Le sens corporel

« Alice ouvrit la porte et trouva qu’elle ouvrait sur un petit passage ; elle se mit à genoux et regarda à travers le passage le plus joli petit jardin qu’il vous fut amené à voir » [21].
« La vérité d’une chose est dans le ressenti de cette chose non dans la façon de penser cette chose » [22].
Eugen Gendlin(Chicago, 1953) appris, dans un contexte de psychothérapie que les patients qui avaient de bons résultats se centraient intuitivement dans une conscience corporelle interne assez vague et subtile que Gendlin a appelé le « felt sense » ou sens corporel [23]. Puis, il nota qu’en se centrant, se manifestait un changement radical assez gentil et doux, un enracinement rempli de puissance. Le patient peut bouger d’un endroit coincé vers de nouveaux horizons personnels.
"Chaque sensation désagréable peut devenir une énergie potentielle vers une façon plus adaptée d’être, à condition de lui donner l’espace de se déplacer vers sa rectitude” [24].
"Nous savons tous que nous avons des sensations. Ce que la plupart d’entre nous ne réalise pas, c’est que 50% de la connaissance humaine vient de la capacité de notre propre corps à connaitre plutôt que de la capacité de notre esprit à penser." [25].
Le sens corporel est présent au delà des cinq sens et des mots ; c’est un lien entre les sens, les émotions, le mental, les intuitions, la généalogie, la culture dans un environnement holistique. C’est quelque chose expérimenté dans le corps qui dépasse toujours les expressions que nous pouvons utiliser pour le décrire.
Le thérapeute fait attention à son propre sens corporel comme source d’information et d’inspiration pendant le processus thérapeutique et trouve le point d’entrée pour sa connaissance corporelle » [26].
Le sens corporel, bien que difficile à décrire, peut “ouvrir” la porte d’un champ global de détails intriqués, à partir desquels de surprenantes étapes de changement peuvent émerger [27]. Le corps, plutôt qu’une machine, est une merveilleuse interface intriqué avec tout son environnement ; ce qui explique pourquoi il “connait” autant juste dans la présence. Pendant le traitement, la façon d’être avec soi même et les autres tend vers l’expansion et non la contraction de la sensation même de soi [28]. C’est une ouverture vers des ”possibilités émergentes” en référence avec nos expériences passées, même si ce sont des expériences symboliques.
Wittgenstein, Dilthey, and Heidegger ont montré de façon puissante que nos expériences subjectives ne sont pas seulement des réactions personnelles ; elles représentent nos interactions avec la vie et diverses situations rencontrées. Elles représentent des significations immédiates des interactions. ” [29]. Ceci ouvre un vaste champ aux perceptions manuelles ostéopathiques. L’ancien modèle des cinq sens et de leur interprétation doit être revu.
À cette fin, le modèle du fulcrum vibratoire permet de discerner les changements perceptuels ; un exemple en est donné avec les cristallisations de gouttes d’eau, entre état liquide et état solide, réalisées par Masuro Emotto [30] ; les moments essentiels du traitement ostéopathique sont les transitions [31]. Gendlin a nommé cette conscience dans le corps se centrer dans un sens de connaissance interne [32]. En ostéopathie, nous parlons de fulcrum.

Fulcrum

Un fulcrum objectif, mécanique est un axe ou un point à partir duquel un levier peut tourner ou pousser quand une force est appliquée ; dans un système vivant, tout peut potentiellement bouger. La roue est un bon exemple : le centre de la roue est l’axe, le fulcrum, le lieu de la force.
Appliqué au traitement ostéopathique, le fulcrum subjectif est le support et le lieu de puissance d’action [33] maximale. Corrélé avec l’immobilité du point neutre, le fulcrum peut être une source de puissance d’action. À ce moment, les sensations deviennent différentes en relation avec ce centre. L’immobilité est le lien avec la perception du sens corporel. Un nouvel équilibre peut se manifester dans le corps et participe à la restauration de l’homéostasie.

Vibrations

À la suite de Swedenborg, disons que les vibrations sont présentes partout dans la nature même dans ce qui parait solide et dur, comme le bois, la pierre ou le métal. Il est seulement nécessaire d’utiliser un moyen de transmission de ces vibrations : une membrane dilatée.
La vibration d’une corde va entrainer une réponse vibratoire dans une autre corde ; de la même façon une membrane va influencer une autre membrane ; à condition qu’elles soient toutes les accordées dans la même tonalité. De même des vibrations dans l’air vont produire des cercles qui peuvent être entendus de tous cotés à partir du centre du mouvement, à condition que la masse entière ne soit pas mobilisée. Les vibrations ont des millions de variations différentes. Ces lois vibratoires font parties de la perception humaine. Notre expérience ne suit pas seulement les lois newtoniennes mais des lois vibratoires à découvrir, à partir de ce fulcrum vibratoire.

Fulcrum vibratoire

C’est un lieu géométrique où est expérimenté différentes sensations : cela peut inclure, vibrations, chaleur, froid, démangeaisons, pulsations, différentes qualités de vitesse des tissus, tensions et densité, sons, couleurs ; ce n’est pas un endroit mécanique qui amène à un point d’équilibre ; il ouvre de nouvelles portes de perception. C’est un point de réceptivité optimale, un lieu de transformation.
Un fulcrum est en relation au moins avec les trois dimensions de l’espace. C’est le centre du mouvement d’expansion/rétraction [34] quand relié au temps. Le neutre est le lieu de vibrations maximales en lien avec le temps pas seulement linéaire.

Le neutre

Le neutre est un point d’équilibre. Il n’y a pas de tension. C’est une perception très spécifique, différente d’un still point qui peut être ressenti partout à l’intérieur ou à l’extérieur du corps ; c’est le goulot d’un sablier. Le point neutre est une perception en tant que telle, ce n’est pas un modèle précis. C’est un point de réceptivité optimal [35]. C’est comme être au bord de quelque chose, une limite qui amène à l’horizon, lui-même n’ayant de limites [36].
L’art de l’ostéopathie commence avec le neutre, la page blanche, le silence entre les notes qui précède l’harmonie de la mélodie amenant au calme dynamique [37]. A partir de l’immobilité, les espaces deviennent des couleurs, le silence devient une harmonie, le silence entre les mots parle, l’ostéopathie développe la présence [38].
De l’immobilité de la présence, l’intention du thérapeute est de laisser la perception du mouvement, du rythme, et de la dualité se manifester.
Pour Sutherland, le neutre est l’endroit où le mécanisme vital est perçu en mode mineur ; c’est le lieu d’échange maximal [39]. Cela peut également être vu comme un passage symbolique de transformation (changement de forme), de sublimation, de transmutation (changement de son essence même), une forme de passage de la mort à la vie.
Le point neutre peut être une réappropriation [40] qui aide à percevoir le sens corporel comme sensation corporelle spécifique. A ce moment, l’intuition, et non seulement l’intelligence, est le véritable guide pour le traitement, au-delà de l’égo ; c’est une pratique de transformation dans une approche existentielle de la santé. La santé étant le principe vivant dans un corps vivant [41].
Dans une autre dimension, c’est le début du véritable traitement [42].

La cinquième dimension de l’ostéopathie [43]

L’étude des êtres humains commence par une introspection qui ouvre ensuite de nouvelles portes : les éléments connus de l’ostéopathie peuvent s’inscrire dans un cercle partant de chacun de nous et limitant ce qui reste à découvrir. Cette limite est l’« espace entre », l’horizon de la recherche ; toutefois soyons prêts à de nouveaux défis car les limites d’aujourd’hui sont factices : « l’horizon pénètre toutes choses »[44].
Partant du toucher, de la palpation, il est nécessaire de rechercher d’abord un fulcrum vibratoire puis un point d’équilibre- point neutre- comme outil diagnostic ; par exemple, si une unité vertébrale apparaît en ERS, le point neutre est la clé de tout traitement biomécanique ; à partir de ce neutre, point d’équilibre de l’univers physique tridimensionnel, diagnostic nécessaire, le thérapeute peut trouver alors une forme de calme ou d’immobilité propice au traitement ; c’est le lien avec le temps linéaire, la quatrième dimension : le goulot d’un sablier : un calme dynamique [45], un équilibre au sein d’un système vibratoire.
On doit alors abandonner le connu, tout ce que l’on cherche à retenir avec notre cerveau et que l’on tient entre les mains. Quand cela se produit, le libre arbitre amène une puissance invisible à se manifester derrière le calme dynamique ; le détachement casse les chaînes qui nous conditionnent : environnement social, bagage scolaire, culture, médias, frontières religieuses, croyances et peurs. L’ostéopathie devient alors un accomplissement personnel de libération du moi, une confiance, une ouverture à l’intuition, au don de soi [46]. Cette quête existentielle place l’égo, la personnalité, à sa juste place et met en avant l’identité et le salut.
Le bonheur peut être défini à ce moment comme un état d’être, un silence vibratoire dans le moment présent source d’énergie. Il ne peut pas être trouvé par la concentration, ou dans des livres ; il est une expérience liée à une attention libre de résistances physiques ou émotionnelles ; il nécessite de se laisser « toucher » par l’univers dans cet espace/temps à 5 dimensions de la même façon que nous « touchons » le patient. Il ne peut être exigé comme un dû. Il ne dépend pas des conditions extérieures ou de personnes mais de la façon dont nous percevons, interprétons nos relations aux autres au sein de la nature. Marcher sur ce chemin ouvre de nouvelles perspectives d’espace et de temps. L’ostéopathe expérimente dans le calme dynamique la cinquième dimension de l’ostéopathie  : Quand j’ai demandé à Rollin Becker, qu’est-ce que cette immobilité (stillness) à l’intérieur de la marée dont tout le monde parle ? J’ai dit, je ne peux pas le sentir, je ne peux pas le percevoir, à moins que je le reconnaisse comme provenant d’une autre dimension. Et il a dit, oui, c’est d’une autre dimension. Ce n’est pas dans cette dimension. C’est d’une autre dimension [47].
La dimension du temps présent n’est pas une théorie, un savoir. C’est une expérience subjective et individuelle, une connexion avec la connaissance et l’être. Nous ne pouvons pas la chercher, elle se laisse trouver grâce à la synchronicité perçue dans les forces physiques connues régissant le monde matériel : la gravité issue de l’électromagnétisme, les forces nucléaires fortes et faibles ; leur point de convergence s’explique aujourd’hui par la théorie des cordes permettant d’unifier ces forces à travers leur caractère vibratoire. Nous appelons le point d’équilibre, de silence entre les mouvements, le StillPoint ; ce peut être une nouvelle dimension du temps « chiros », du temps présent non linéaire, non dual et non causal mais chaotique ; dans cette dimension du temps :
-  Un espace entre, une interface permet d’unifier ce qui apparaît séparé à nos cinq sens par le mental. Un signal mécanique sensoriel entraine une réaction physiologique, la mécanotransduction [48] dans un champ de cohérence en forme de torus
-  La transformation n’a ni début, ni fin ; la loi naturelle implique que rien ne se crée, rien ne disparaît, tout change [49]. Seul le changement ne s’arrête pas.
-  Le calme dynamique obéit à ses propres lois informationnelles ; une expérience non duale.
-  Un fulcrum pour un troisième système respiratoire [50] de type vibratoire avec ses propres rythmes et amplitudes dont le générateur est le système cardiaque.
-  Un lieu de Santé ; un espace/temps où s’exprime la puissance d’agir relié au Souffle de Vie
-  Cette dimension est présente partout dans la nature, dans les membranes et le cœur de chaque particule vivante.
-  C’est une nouvelle identité qui ressemble au bonheur : « Le bonheur est un état qui a besoin d’être préparé, cultivé et protégé par chacun. Les gens qui apprennent à être maîtres de leur expérience intérieure peuvent déterminer la qualité de leurs vies et approcher aussi prés que possible de ce que nous appelons le bonheur. [51].
Comment faire de chaque moment où nous posons les mains sur une personne et de chaque événement « le meilleur moment de notre vie » et comment expérimenter la qualité de cet instant avec les « patients » pour favoriser son évolution vers le meilleur ? La neuroception peut être un début d’explication neurologique à l’aide des neurones miroirs.

La théorie polyvagale et la nociception [52, 53]

Le système nerveux autonome SNA est classiquement décrit comme un système permettant de réguler différentes fonctions automatiques de l’organisme (digestion, respiration, circulation artérielle et veineuse, pression artérielle, sécrétion et excrétion) avec deux parties : ortho et para sympathique. Longtemps, il a été négligé car les humains le partage avec les animaux et il est moins noble que le cortex et le système nerveux central. Il joue un rôle essentiel dans l’adaptation au stress [54].
La théorie polyvagale est une théorie phylogénétique des réactions adaptatives au défi ; elle concerne au premier chef la vision dynamique de l’ostéopathie.
Dans ce contexte historique, la théorie polyvagale a été présentée (Porges, 1995) comme un modèle émergent de régulation neurale du système nerveux autonome. Le nom polyvagal est utilisé pour souligner les diverses caractéristiques du nerf vague qui comprennent des efférences provenant principalement de deux noyaux sources dans le tronc cérébral et la prévalence des afférences. Les trois principales réponses adaptatives du système polyvagal sont :
- l’immobilité : réponse reptilienne de survie correspondant à la partie non myélinisé du nerf vague ; elle entraine des troubles digestifs, une diminution de l’activité métabolique, un visage figé.
- le mouvement : fight/flight : chez les mammifères, la partie myélinisée du nerf vague venant du noyau dorsal moteur ; sécrétion de cortisol, le nerf vague est inhibé et l’orthosympathique déclenche le mouvement, le combat ou la fuite.
- la bonne adaptation et la communication sociale. C’est la partie myélinisée ventrale du nerf vague venant du noyau ambigu ; elle entraine une régulation cardiaque, une expression faciale de communication avec l’entourage, des babillements et vocalises ; une bonne relation affective par le toucher apportant sécurité, confiance. Au niveau endocrinien, sécrétion d’ocytocine, de vasopressine. Si l’enfant se sent en sécurité, la croissance est bonne, le cœur en équilibre permet de lutter contre les inflammations et le noyau central régule les nerfs crâniens en lien avec l’expression du visage et de la face.
La régulation nerveuse suit la variabilité cardiaque, amenant santé physique, émotionnelle et mentale. La maladie est alors un langage et chacun peut être acteur de sa guérison. Les études sur la variabilité cardiaque ont été développées par la société Heartmath [55]. Les signaux envoyés par le cœur peuvent être utilisés pour ramener le calme dans l’ensemble du corps ; ils impactent fortement le cerveau qui réagit en permanence aux informations venant du cœur. La courbe du rythme cardiaque est naturellement irrégulière, c’est la variabilité cardiaque VRC qui est dû au SNA ; la synchronisation du système polyvagal et du système nerveux intrinsèque cardiaque est la cohérence cardiaque. Elle entraine un relâchement d’ocytocine et permet d’expérimenter du bien être, de l’empathie et améliore les fonctions cognitives. Le travail de facilitateur de la VRC de l’ostéopathe contribue également à équilibrer la nociception.
La neuroception est l’adaptation humaine en lien avec la communication sociale. Les émotions vont entrainer des changements d’expression de la face et de la voix (Darwin), des changements de tension artérielle en lien avec le noyau ambigu. Le coté droit du cerveau est dominant pour contrôler les émotions primaires. Le langage dépend de la partie gauche corticale.
La neuroception décrit comment les circuits neurologiques font la distinction entre les situations de sécurité, les dangers et les risques pour la vie. La neuroception explique pourquoi un bébé sourit à celui ou celle qui lui prodigue des soins et vit l’approche d’un étranger comme une agression. Les pathologies de la neuroception entrainent des troubles de l’attachement, comportementaux et une désadaptation vis à vis de la société.
Avec la théorie polyvagale, l’adaptation à la société se détecte chez les nourrissons par leur interactivité ; les deux éléments clés sont : sensation de protection, de sécurité (system vagal dorsal) et bonne connexion avec l’entourage (system vagal ventral). Un bébé en danger va se replier sur lui et ne va pas communiquer (troubles autistiques). Le bébé va voir le monde à travers ces expériences initiales et l’ostéopathe peut intervenir par rapport à ce système polyvagal.
L’adaptation chez les patients et au niveau social permet d’envisager un avenir et de la créativité pour notre société. La physiologie neuronale colore la vision du monde extérieur. Pour Stephen Porges, la compassion a une origine neuronale et se manifeste par un code affectif neural (contact visage contre visage ; câlins), un besoin biologique de relations avec autrui apportant sécurité et joie [56] ; ceci étant relayé par les neurones miroirs.

Neurones miroirs

Les neurones miroirs [57] sont une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité aussi bien lorsqu’un individu (humain ou animal) exécute une action que lorsqu’il observe un autre individu (en particulier de son espèce) exécuter la même action, ou même lorsqu’il imagine une telle action, d’où le terme miroir. Ils sont connus pour être à l’origine du bâillement. Il existe également des neurones échos.
En neurosciences cognitives, les neurones miroirs joueraient un rôle dans la cognition sociale, notamment dans l’apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l’empathie. Vilayanur Ramachandran les appelle neurones empathiques.
Les neurones miroirs sont considérés comme une découverte majeure en neurosciences ; ils constituent un élément central de la cognition sociale, depuis le langage jusqu’à l’art, en passant par les émotions et la compréhension d’autrui.
Ils permettent d’expliquer la subjectivité des techniques employées en ostéopathie et la qualité des apprentissages à partir d’échecs personnels, qui deviennent autant de jalons sur le chemin de la connaissance de Soi au sein d’une intelligence biologique, émotionnelle et existentielle qui laisse émerger de nouvelles qualités dans la recherche de la santé.
Cette évolution va entrainer une modification en profondeur personnelle : "Les neurones qui s’expriment ensemble forment un câble, les états mentaux deviennent des traits neuronaux, jour après jour, votre mental construit votre cerveau." Rick Hanson, PhD.

L’Epigénétique

L’Epigénétique explique que la société elle même peut être modifiée en profondeur : c’est la discipline de la biologie qui étudie la nature et les mécanismes des modifications réversibles et transmissibles lors des divisions cellulaires permettant de moduler l’expression des gènes sans en changer la séquence nucléotidique. « Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’Epigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule ou… ne pas l’être »
« C’est un concept qui dément en partie la « fatalité » des gènes. »
Dans l’histoire de ce sujet d’étude, l’Epigénétique est d’abord mise en évidence par la différenciation cellulaire puisque toutes les cellules d’un organisme multicellulaire ont le même patrimoine génétique, mais l’expriment de façon très différente selon le tissu auquel elles appartiennent. Puis ce sont les possibilités d’évolution d’un même œuf en mâle ou femelle chez les tortues, en reine ou ouvrière chez les abeilles, qui prouvent que des mécanismes peuvent lier des facteurs environnementaux et l’expression du patrimoine génétique.
En matière d’évolution, l’Epigénétique permet d’expliquer comment des traits peuvent être acquis, éventuellement transmis d’une génération à l’autre ou encore perdus après avoir été hérités. La mise en lumière récente de ces moyens épigénétiques d’adaptation d’une espèce à son environnement est selon Joël de Rosnay « la grande révolution de la biologie de ces 5 dernières années »car elle montre que dans certains cas, notre comportement agit sur l’expression de nos gènes ;, c’est la grande révolution de la biologie actuelle [58].

La quête de la Santé

« La santé est le principe vivant dans un corps vivant » [59].
« Find it, fix it and let it alone » [60].
Il faut donc chercher, “fixer” et laisser être libre [61].
Si « fix » peut être lié à l’attention et non forcément à une action physique, pour rechercher la santé, nous pouvons laisser l’attention la trouver. Le Still Point permet alors de focaliser dans l’éternel moment présent au delà du temps linéaire.
La santé ne peut être définie ni circonscrite ; nous percevons seulement ses conséquences : joie, équilibre, bonheur, rayonnement, bien être. La santé est présente partout dans la Nature, bien que l’homme l’ait parsemé de traces artificielles [62].
La santé est présente aux différentes étapes de la vie, suivant des lois non newtoniennes que nous ne pouvons pas percevoir avec nos cinq sens et dans un univers à quatre dimensions 4D.
Comment se manifeste la santé :
-  L’embryologie de Eric Blechschmidt enseigne que la santé est présente dans les champs morphologiques qui précédent le développement des formes et structures anatomiques. Ce temps embryologique peut être perçu par l’ostéopathe.
-  La santé ne peut pas être mesurée physiquement ; la loi de cause à effet est modifiée car d’autres causalités sont effectives
-  Elle ne dépend pas de nous, mais se manifeste dans le vide de la relation entre le patient, le thérapeute et l’univers
-  L’intuition et les synchronicités [63] en sont une manifestation dans le monde
-  La relation thérapeutique nécessite un sixième sens, écrit Steve Paulus DO [64].
-  Dans son Autobiographie, Still parle de cinq cents sens en plus des cinq sens connus
-  « Les doigts qui pensent : cela signifie être aussi loin que possible des sens physiques » W.G.Sutherland [65].
-  L’ostéopathie non newtonienne a été explorée par Nicholas Handoll DO [66].
Depuis Einstein, la science a le vertige ; elle offre des illuminations et des vibrations surprenantes depuis la plus petite particule connue jusqu’à l’infini des mondes imaginables ; la théorie des cordes en est un des derniers avatars, donnant des caractéristiques originales à l’univers visible. Les ondes gravitationnelles enregistrées par les télescopes humains valident les calculs centenaires de la physique quantique. L’être humain évolue au cœur d’une symphonie cosmique dont les silences sont les ouvertures vers d’autres dimensions. Ce que nos sens perçoivent actuellement de l’univers est parcellaire : nous voyons seulement une fine tranche du gâteau…et sur une seule face ; nous sommes loin de percevoir l’ensemble du cake [67].
La connaissance de soi, la méditation ou la prière permettent d’expérimenter ces autres lois de Santé. Le calme dynamique est le point de départ fondamental de cet univers multi dimensionnel [68]. Les résultats ne dépendent ni du thérapeute, ni de sa volonté de guérir ; c’est la loi fondamentale d’auto guérison de l’ostéopathie.
ne cherchons pas de l’information, mais dé-couvrir une connaissance déjà présente en nous, dans les autres et partout dans la nature [69].
L’effet est alors une transformation profonde de l’Etre, un lien entre l’esprit et la matière appelé conscience [70] dont nous ne percevons pas les limites.
« La vie humaine est éternelle » A.T. Still [71].

Libre perspective sur un monde sensible [72]

Ces nouvelles découvertes scientifiques valident nos expériences sensorielles. Pour Goethe, les sens permettent l’accès partiel à un monde sans limites. Frédéric Lenoir rajoute que la connaissance de l’union de l’esprit/Mind/ et de la nature amène à un souverain bien [73].
Deux ostéopathies se manifestent ainsi : une statique, morte, dogmatique et normative, fondée sur un savoir répété par des perroquets intelligents et une dynamique basée sur les lois immuables de la Nature [74], acculturant Henri Bergson dans « Les deux sources de la morale et de la religion » ; il décrit une religion statique, dogmatique et normative fondée sur la crainte et une religion ouverte, dynamique à travers l’expérience mystique fondée sur les émotions et particulièrement l’amour. Pour Bergson, les émotions sont créatives et Antonio Damasio [75] reprendra la notion de « marqueur somatique » : une personne reconnaît les émotions déjà rencontrées et les utilise pour ses actions futures. L’ostéopathe puise dans sa banque de données émotionnelles pour décrire les expériences vécues par le patient qui se confie à lui. Forcément, les réponses seront différentes pour chaque thérapeute et chaque patient. Le cerveau émotionnel réagissant 600 fois plus vite que le cortex, chaque expérience va modifier la réponse émotionnelle qui va influencer le cerveau cortical et sa banque de données fronto pariètale mais non locale également. C’est une libération individuelle que le monde de la nature propose à travers des lois immuables. Nous construisons des lois humaines car chacun n’est pas suffisamment éveillé pour trouver seul le chemin de la connaissance, de la joie de la noosphère [76].
Parmi les lois rencontrées, certaines paraissent innées à l’âme humaine ; elles ne sont pas édictées par crainte d’un châtiment mais elles ouvrent le champ de conscience ; elles constituent « la fin ultime et le but de toutes les actions humaines » [77].
Sur mon chemin d’ostéopathie, ce sont les lois chrétiennes que j’ai rencontrées ; elles semblent immuables et venir du fond du cœur : « Quiconque aime est enfant de Dieu et connaît Dieu, mais celui qui n’aime pas son prochain ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour » [78].
« Le Christ a transmis des vérités éternelles, et, par là, il les libéra de la servitude de la loi et néanmoins la confirma et l’écrivit à jamais au fond des « cœurs » » [79].
Comme A.T. Still, Frédéric Lenoir inscrit le Christ dans une lignée de philosophes proposant l’union avec un Dieu immanent par la raison et l’intuition : « En réalité, le Christ a surtout initié une nouvelle voie spirituelle fondée sur la rencontre avec sa propre personne. Mais il a aussi transmis un enseignement éthique à portée universelle : non-violence, égale dignité de tous les êtres humains, justice et partage, primat de l’individu sur le groupe et importance de sa liberté de choix, séparation du politique et du religieux, amour du prochain allant jusqu’au pardon et à l’amour des ennemis.
Cet enseignement est fondé sur la révélation d’un Dieu amour et s’inscrit donc dans une perspective transcendante. Il n’en demeure pas moins qu’il s’inscrit aussi dans une profonde rationalité. Ce message éthique est une véritable sagesse, au sens où l’entendaient les philosophes grecs. À telle enseigne que les philosophes des Lumières sont parvenus à émanciper les sociétés européennes de l’emprise des Églises en prenant appui sur cet enseignement, leur projet rationnel d’une morale laïque et des droits de l’homme apparaissant finalement comme une éthique chrétienne sans Dieu et décléricalisée. Pour bien faire apparaître dans le titre de cet ouvrage le fait que j’entendais présenter au lecteur le message le plus universel du Christ, une sagesse qui dépasse largement le cercle des croyants et le catéchisme des Églises, il m’est apparu opportun de présenter le Christ sous les trait du philosophe. Car n’est-il pas tout à la fois un prophète juif, un thaumaturge et un grand sage dans la ligné du Bouddha et de Socrate ? Les croyants ajouteront : Fils de Dieu ».
«  Je crois que Jésus entendait moins fonder une nouvelle religion que libérer l’être humain du poids des traditions religieuses, quelles qu’elles soient, en mettant l’accent sur la liberté individuelle et l’intériorité de la vie spirituelle  » [80].
Le lien entre la maladie, comme langage, épreuve de sens et la « guérison, un impensé de la médecine » a été étudié par Jean Marie Gueulette en l’amenant à dresser un parallèle entre « santé » et « salut » : Dans le domaine religieux, la notion de salut désigne une forme de libération plus radicale, qui ne dispense pas l’être humain de passer par la frontière de la mort, mais qui lui donne accès à un mode de vie, à un mode de liberté qui lui seraient inaccessible par ses propres efforts [81].
Que fait un ostéopathe en posant ses mains sur un patient était la question posée : Reprenant l’analogie bien connue de l’attelage, l’ostéopathe prend soin de la carriole mécanique, mue par deux chevaux émotionnels avec leur système nerveux autonome, guidé par un cocher non conscient qui rate souvent l’objectif (notion de péché catholique) mais qui est censé obéir aux ordres du passager bien corticalisé ; il est soumis aux apparences et aux modes, bien à l’abri mais ressentant tous les aléas du trajet et suivant, par désir mimétique [82] la dynamic stillness venant du propriétaire. Celui ci ne peut être défini mais approché. Il est une conscience moniste non locale, immanent et transcendante que je reconnais en Christ qui est UN. Sans Lui, je suis nu, comme Adam. La carriole sera abandonnée par le propriétaire quand elle sera usée ou détériorée, utile pour un nouveau cycle dans la Nature.
Ainsi quand je pose les mains sur un être vivant, laissant la puissance d’action se manifester dans la Joie et el Bonheur, je suis le modèle proposé par le Christ « Je vous donne ma Joie pour que votre Joie soit parfaite » [83].

 Notes

1. Tricot P. Disciples de Colomb, www.approche-tissulaire.fr
2. Tricot P . Approche tissulaire de l’ostéopathie Sully 2002
3."The Discursive Formation of the Body in the History of Medicine" by David Michael Levin and George F. Solomon, in The Journal of Medicine and Philosophy, Vol. 15, pp. 515-537, 1990.
4.Upledger John
5. Still A.T
6. www.frop.fr Formation Recherche Ostéopathie Prévention
7. www.osteo-asethema.com
8. Wolf Fred The new Alchemy
9. Teillard de Chardin Pierre Place de l’homme dans le nature 1949 Albin Michel
10. Still AT Philosophy and mechanical principles 1892 p.248 ou voir le site de P.Tricot
11. Still A T in Ruddy, 1961
12. http://www.aamindell.net/dreambody-morin.htm
13. Extrait de Biogen déjà cité
14. Swedenborg E On tremulations 1714
15. Maurice Nicoll MD http://en.wikipedia.org/wiki/Maurice_Nicoll
16. Mettre au monde Van Eersel Patrice Albin Michel 2008 p. 421
17. Deepak Chopra Timeless Mind, Ageless Body From : “Consciousness and Healing ; Integral Approaches to Mind/Body Medicine” Timeless Mind, Ageless Body
18. Reflexe auriculo cardiaque de Nogier
19. Mouvements rapides des yeux
20. Jealous Jim
21. Caroll Lewis in Alice in wonderful land
22. Stanley Kubric
23. http://en.wikipedia.org/wiki/Focusing
24. Gendlin Eugin www.focusing.org
25. http://www.innerwisdoms.com/ www.biospiritual.org
26. Gendlin E
27. http://www.focusing.org/
28. DAMASIO A.
29. Gendlin
30. http://www.hado.net/
31. http://www.focusing.org/ecmpreface.html
32. Focusing in a sens of inner knowing
33. Potency
34. http://www.blogg.org/blog-54533-glossaire-4966.html
35. James Jealous ; cours d’ostéopathie biodynamique ; 1997
36. Heller Michael Science et quête de sens Presses de la Renaissance 2005
37. Dynamic stillness
38. Tricot P Approche tissulaire de l’ostéopathie Sully 2002
39. W.G.Sutherland Contributions of thought SCTF 1998 p. 218
40. Sueur Gérard
41. Becker R Life in motion p.63 ed. stillness press
42. Becker Rollin http://www.stillnesspress.com/books/life_motion.htm
43. Présentation au congrès du College Osteopathie de Montreal 2006
44. Michael Heller dans Science et quête de sens » ; Presses de la Renaissance ;2005 ; p. 319
45. dynamic stillness
46. Guillemant Ph La physique de la conscience, ed Tredaniel 2016
47. Sue Turner
48. jm.stephan chez acupuncture-medicale.org
49. Lavoisier
50. Renzo Molinari DO
51. Vivre de Mihaly Csikszentmihalyi ; 2005 ; ed Robert Laffont ; ISBN 2-221-10038-7, ; p.16
52. http://stephenporges.com
53. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1868418/
54. Voir Hans Selye, Walter Cannon
55. www.coherence-cœur.com
56. http://stephenporges.com
57. https://fr.wikipedia.org/wiki/Neurone_miroir
58. de Rosnay J La symphonie du vivant 2018 ed Les liens qui libérent
59. Life in motion Rollin Becker DO ; page 63
60. A.T.Still
61. Le mot « fix » pose problème en anglais dans la tradition ostéopathique ; ce n’est pas forcément « ajuster » ou manipuler. D’après le dictionnaire Webster, fix vient du latin figere ; il signifie rendre stable ou stationnaire, immobiliser, transformer en unité stable, tenir ou maintenir fermement, capturer l’attention, ajuster, focaliser, enraciner. « a fix » est la position d’un navire en fonction des relevés effectués ; c’est la détermination de sa position. En mathématique, « a fixed point » est comparé à un point repère flottant.
62. Les pensées de Montaigne, d’après Cicéron ; livre III chap 13 ; de l’expérience ; p.850 ;ed Arlea ;1992
63. CG Jung
64. Health and the therapeutic process visible sur le site Internet de Steve Paulus DO :Interlinea
65. Contributions of thought, p.163
66. Anatomy of potency
67. Voir les physiciens de la théorie des cordes
68. Voir Cours de James Jealous DO
69. D’après Be still and know, conférence de Rollin Becker ; 1965
70. Voir Pierre Tricot, Approche tissulaire de l’ostéopathie. Tome 2, 2005 ; éditions Sully
71. Biogenese dans Philosophie et principes mécaniques ; A.T.Still ; 1897 ; Human life is eternal.We have no proof otherwise. The Philosophy an Mechanichal Principles of Osteopathy p. 258.
72. Goethe
73. LENOIR F. 2016 Le miracle Spinoza p.61
74. BERGSON H d’après « Les deux sources de la morale et de la religion » https://www.les-philosophes.fr/bergson/les-deux-sources/vente-livre-philosophie.html
75. DAMASIO A. 1995 L’erreur de Descartes
76. P.Teillard de Chardin ou Mind de A.T.Still
77. LENOIR 2016 p.69
78.I Jean IV 7-8
79. LENOIR 2016 p.89
80. LENOIR F. Extrait de « Le Christ philosophe « 2007 Le Seuil
81. Denizeau, Gueulette 2015 Guérir, une quête contemporaine Le Seuil p.33
82. GIRARD R. 1983 Des choses cachées depuis la fondation du monde
83. Jean 15 9-11



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