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Ces Animaux et Hommes qui te donnent des leçons...

4 pattes, 2 pieds et 2 mains...
 
Créé le : jeudi 4 février 2016 par Véronique Sure

Dernière modificaton le : jeudi 24 août 2023

Photo Alexandre Rousselle : http://www.alexandrerousselle.com

 Je ne rentre pas d’Inde avec un henné sur le bras,
 mais le souvenir d’Aboul, de sa main et de son bras...
 Je ne rentre pas de cette Inde avec un tatouage sur le corps,
 mais le souvenir de ces 4 pattes autour de moi, offrant leurs squelettes et leurs corps...
 Entre vies et morts, entre vivants et passants,
 entre ma vie et ces morts, entre ma vivance et ce qui appelle mes mains...
 Entre ce qui s’échappe de mes mains et que je connecte sans un mot...
 Mes impérieux besoins de poser mes mains sur leurs dos,
 reliance de vivant à vivant, soulager nos maux...

 Des matinées entières, hors du temps,
 pour vivre des partages avec ces vivants...
 Entre ciel et terre, je suis là pour peu de temps,
 c’est une éternité qui m’a croisé au soleil levant...

 Mes mains et mon visage savent quelles peuvent encore travailler dans d’autres dimensions...
 Comment va ton pied ??? m’écrivent ceux qui savent que ce voyage ici,
 comme par hasard, ici a choisi de se figer !
 Me dicter surement : comment aller avec mes mains vivre et exister …
 Qui sait en France un jour, peut être, vivre et exister en soignant autrement ?

 A défaut de pouvoir marcher, chaque matin, me suis posée sur les ghats de Bénarès d’en bas !
 Le brouillard, matinal de janvier,
 chape blanche au milieu de linceuls et draps innombrables,
 la poésie de la blancheur inégalable...

 Au seuil de mes inattendus rendez vous sans agenda...
 A cette heure, point de peau blanche à l’horizon,
 les hôtels ici aussi, protègent bien là, de ces petits et si subtils frissons...
 Mon cœur allait pour méditer, assise à terre, dos calé sur les pierres...

 Chaque matin, le soleil s’est levé,
 et les 4 pattes sont venus au rendez vous de mes mains.
 Pas un jour, sans lendemain.
 Chaque matin, ce rituel est venu me bouleverser...

 Les chèvres, errantes des ghats venaient offrir leurs dos et leurs pattes abîmés,
 à mes mains naturellement posées...
 De la chaleur, des sons, des larmes parfoi(s),
 des gestes semblent ils immobiles,
 d’infinies sensations de mes mains à mon cœur,

 j’ai réclamé au détour et comme à chacun de mes jours,
 là haut je vous en prie : « envoyez : lumières et Amour »...
 Entre silences, mots et gestes très doux, aux creux de leurs oreilles et de leurs corps,
 j’ai « entendu » les frêlements de leurs gorges,
 perçu la lumière de leurs yeux, le son de leurs os, le crissement d’un muscle,
 j’espère aussi la juste mesure du temps pour chacune...

 Patientes et aussi belles qu’aimantes,
 votre lait ces matins là, donneront il plus de richesse, à tous ces pauvres,
 qui posent leurs mains sur vos si tendres « mam’elles » ?
 Même que sans maux, nous nous sommes rencontrés
 même que c’est trop beau, quant l’on s’AIME...
 Etre là, sans téléphone, connections « supr’aime »,
 au rendez vous de la vie, sans requête, ni demande,
 garde dans ton corps cette offrande,
 juste pour aujourd’hui, ne te fais pas de souci,
 la vie est belle quant dans tes mains, elles « sourient »...

 Un matin, une de ces chèvres, s’est assise à mes pieds,
 avant qu’un vieil homme ne vienne s’asseoir contre elle.

 Je n’oublierai le bleu de ses yeux, mouillés de larmes,
 sa seule main mobile me montrant les mamelles de sa chèvre ,
 prendre discrètement son foulard, pour essuyer ses larmes...
 Point de langage entre nous, sa seule richesse à nos pieds étaient là paisiblement assises...

 Il m’a fallu des jours pour vous l’écrire, je ne sais juste aujourd’hui que son nom était : Aboul !
 Aboul, ne dira rien, larmes et silence entre nous,
 Homme et Femme,
 peau brune et blanche,
 pourquoi la terre nous a posé ici ?

 Même que sans maux, nous nous sommes rencontrés
 même que c’est trop beau, quant l’on s’AIME...
 Etre là, sans téléphone, connections « supr’aime »,
 au rendez vous de la vie, sans requête, ni demande,

 garde dans ton corps cette offrande,
 juste pour aujourd’hui, ne te fais pas de souci,
 la vie est belle quant dans tes mains, elles « sourient »...

 De longues minutes pour commencer en moi,
 à sentir que cette chèvre m’avait en fait ,
 amené ABOUL à soigner et tant d’autres Êtres s’en sont suivis...
 Laisser mes bols, pour faire "chanter" autrement la vie sensible, inoubliable séjour,
 que cette nouvelle année a comme par hasard écourté à 21 jours infiniment émouvants et puissants...

 Meilleurs vœux à vous tous,
 que nos mains guident nos cœurs et retrouvailles, ici et ailleurs...

Je dédie ces quelques lignes à Patrick et Stéphane, à mes amis Ostéo et Soignants, et à ceux qui discrètement ont partagé ce Carnet de voyage en Inde.



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